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Création d’univers

Articles de fond présentant en détail la création de mes histoires, ou bien abordant le Grand Projet. Peut contenir des spoilers (qui seront toujours indiqués).

La chronologie du Grand Projet

Dans un premier temps : j’ai mis à jour la page du Grand Projet. Il y a, entre autres, un nouveau schéma présentant les liens entre les romans, et une liste actualisée vous permettant de découvrir à la fois l’ordre de lecture suggéré de mes livres, ainsi que l’ordre d’importance.

Voir le Grand Projet

 

Ensuite : comme le titre de ce billet l’indique, je vous propose aujourd’hui de découvrir une chronologie du Grand Projet. Je vous conseille de lire ce qui suit avant de la découvrir car

Cette chronologie contient des spoilers !

À quoi ça sert ?

Mes histoires sont toutes reliées (c’est le principe du Grand Projet), ce qui signifie que toutes mes histoires fantastiques, c’est-à-dire qui se passe dans notre monde, se déroulent plus ou moins au même moment. Par exemple, pendant les mésaventures d’Oxyde au pays des sorciers (dans le roman Oracles), Saraï fait ses petites affaires dans son coin (dans Elisabeta). Comme je sais que ce n’est pas évident d’avoir une vue d’ensemble, j’ai décidé de vous proposer cette chronologie !

Fun fact : tous mes romans fantastiques se passent forcément avant 2016, puisque le 18 janvier 2016, c’est le début de la fin du monde.

« Une » chronologie ?

En réalité, il ne s’agit que d’une chronologie partielle, réalisée à partir de ma chronologie à moi. Cette dernière est faite grâce au programme Aeon Timeline et elle me sert de base de données globale pour mes histoires, du moins celles qui se passent dans notre monde : tout y est consigné au fur et à mesure, absolument tout. Les dates de naissance et âge des personnages, leurs moindres faits et gestes… Parfois, j’ai le déroulé des événements à l’heure près, ce qui est utile lorsque je dois élaborer le plan de mes romans. Je ne peux donc pas vous montrer cette chronologie car elle spoilerait beaucoup trop de choses. À la place, j’en ai créé une nouvelle qui réunit les événements les plus importants des romans déjà parus.

Et il y a des spoilers ?

Il y a forcément des spoilers puisque j’y indique tous les événements importants de mes romans, même leur fin. Cette chronologie est un document factuel destiné à celles & ceux qui auront lu mes livres et qui voudront mieux se situer dans le temps ; ces lectrices & lecteurs n’apprendront rien de plus par rapport à ce qu’ils savent déjà. Mais j’ai tenté de concevoir le truc pour celles & ceux qui n’auront pas tout lu !

Comment ça marche, alors ?

Les événements de la chronologie sont identifiés par une couleur, qui représente chacune un roman. Vous avez le choix entre deux présentations de la chronologie :

Si vous n’avez pas tout lu

Chaque roman apparaît les uns après les autres, un à chaque étage. Ainsi, vous pouvez choisir celui que vous voulez voir (grâce à l’ascenseur à droite). Attention : on ne peut pas masquer les étages donc si vous faites défiler la chronologie, tous les romans sont affichés. Vous rendre sur cette chronologie se fait à vos risques et périls !

Voir la chronologie

Si vous avez tout lu

Cette chronologie ne différencie pas les romans, c’est-à-dire que tous les événements sont affichés les uns à la suite des autres (mais vous pouvez les différencier grâce aux couleurs qui leur sont attribuées). L’autre chronologie peut aussi vous intéresser si vous voulez revoir individuellement les événements de chaque roman.

Voir la chronologie

Tout sera mis à jour à chaque parution, et il manque encore quelques événements (ceux qui apparaissent dans des nouvelles et dans les textes courts du blog).

 

J’espère que vous trouverez cette chronologie intéressante et instructive ! Comme toujours, si vous avez des questions, n’hésitez pas : je peux répondre à vos interrogations, vos demandes d’éclaircissement, et même vos demandes de spoiler si vous voulez 🙂

La genèse d’Onirophrénie

Comme souvent quand un nouveau bouquin va paraître, je me fends d’un billet pour vous en parler, et vous raconter les origines de cette histoire, de son personnage principal, Lili, ainsi que quelques anecdotes. Et ici, il y a beaucoup à dire sur Onirophrénie… Accrochez-vous, c’est une tartine.

La fiche du livre Lire les 1eres pages sur Wattpad

Aux origines… le Prunellier

Impossible de vous parler de Lili sans évoquer l’origine des marcheurs de rêves… que certain·es d’entre vous connaissent déjà, puisque la toute première marcheuse de rêves de mes histoires s’appelle Layelis. Elle apparaît dans le recueil Le Rêve du Prunellier, dans la nouvelle D’hiver et d’ombres plus exactement. Ma magicienne des glaces, qui a beaucoup évolué ces dernières années, passe de son monde au nôtre par le biais de ses rêves, pour demander de l’aide afin de sauver son monde en ruines. Plus tard, j’ai imaginé d’autres marcheurs de rêves, comme Filius ou Goran, pour le beau livre Les Chroniques de l’Épine Noire (reprenant mes illustrations et les textes du Rêve du Prunellier + des nouvelles bonus), formant ainsi une sorte de confrérie de Voyageurs qui visitent d’autres mondes dans leurs rêves. Les marcheurs de rêves étaient nés.

Ce que je voulais, c’était faire en sorte que ces marcheurs de rêves soient présents dans tous les mondes possibles, dont le nôtre. Et la première, c’était Lili.

L’attrape-rêves cassé

Petit interlude : j’ai toujours voulu utiliser le format ‘blog‘ pour raconter des histoires, poster des articles qui paraissent écrits de la main d’une vraie personne pour relater un truc, un événement surnaturel ou je ne sais quoi. J’ai eu trois projets de ce genre, jamais menés à bien parce que trop bancals. Et l’un de ces projets, c’était le blog d’une jeune femme possédant le pouvoir des rêves, voyageant de monde en monde, dans les esprits des gens, découvrant le passé et l’avenir. Bref, la première marcheuse de rêves de notre monde, tout du moins la première que j’ai créée. Je l’ai appelée Lili car j’écoutais beaucoup U-Turn d’AaRON à l’époque, et ce prénom entrait dans une suite de prénoms particuliers, basés sur la même étymologie (Lilith, Layelis, Lili, Layla, Leïla, qui sont des personnages de mon Grand Projet). Finalement, si le blog a été installé, il n’a jamais vraiment été utilisé, et le projet est tombé aux oubliettes. Mais pas Lili : j’ai écrit une nouvelle en reprenant des bouts de textes çà et là, ce qui a donné L’attrape-rêves. Puis Lili est apparue dans L’Épine Noire, ce fameux roman dont je vous bassine depuis longtemps et qui reprend l’histoire du Rêve du Prunellier, ce qui a suffi pour que je décide d’en faire un de mes personnages récurrents. À partir de là, d’autres nouvelles ont été écrites : Pluie & Rouille (qui est la réécriture d’un très vieux texte, paru dans sa 1ere version dans Le Rêve du Prunellier), La Boussole, et enfin La balade des marcheurs de rêves.

La Boussole, en particulier, est un texte très personnel, parce qu’il prend place dans un lieu que j’ai bien connu (le lycée Lapérouse à Nouméa) et raconte de façon romancée une journée particulière de mon adolescence : une bête heure de libre durant laquelle toute ma classe s’est réunie pour faire des exercices de je ne sais plus quoi. Ça s’est passé pendant ma dernière semaine en Nouvelle Calédonie, juste avant que nous déménagions pour retourner en métropole, ma famille et moi. J’ai voulu raconter ce moment particulier, entre joie de se retrouver ensemble et peine de partir, et j’ai esquissé le passé de Lili en me calquant sur mes propres souvenirs. C’est pour cette raison que j’ai tendance à dire que Lili est mon souffre-douleur : si tous mes personnages représentent un bout de moi, elle, elle est carrément mon alter ego, et le biais par lequel je raconte certaines choses qui m’ont blessée. Je ne sais pas si je fais bien de procéder ainsi, mais en fin de compte, je n’ai pas écrit mes autres histoires différemment ; il y a juste que, pour celle de Lili, j’ai puisé dans des événements que j’ai vécu, les racontant au premier degré.

Pour la petite histoire, c’est aussi ce jour que l’on m’a offert mon collier en forme de pentacle, que l’on retrouve sur mes photos et dans mes autres histoires.

(suite…)

La genèse d’Oracles

Attaquons un gros morceau : aujourd’hui, j’ai l’intention de parler d’Oracles. Je ne considère pas forcément ce roman comme mon meilleur mais en tout cas, je crois qu’il s’agit de mon préféré, et je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être à cause de son protagoniste, mon Oxyde d’amour à moi, principal héros de ma grande histoire (pour en savoir plus, lisez ce précédent billet). Dans le même temps, on parlera aussi de deux autres personnages qui ont contribué à la création de ce roman, à savoir Francesca et Verne.

Oracles a mis très peu de temps à émerger, plus ou moins six mois (plan, rédaction et corrections compris pour sa première version), un record à l’époque alors que j’avais passé plus de dix ans à écrire Tueurs d’anges. Surtout, de base, ce roman n’était pas prévu du tout. Il ne devait ni être relié à Tueurs d’anges, ni même exister !

Attention : il n’y a pas de spoiler dans ce billet, mais quelques éléments qui pourraient vous gâcher un peu le plaisir de la découverte si vous êtes du genre à ne rien vouloir savoir avant de commencer un livre.

Le diable & la magicienne

J’ai toujours voulu écrire un truc sur le diable – sur le diable uniquement, pas Lucifer, notez. Ma vision initiale était celle d’un être immortel et immatériel qui prend diverses apparences au fil de l’Histoire, apparaissant aux yeux des gens comme il le veut, et se jouant d’eux comme le connard qu’il est. Dans l’histoire que j’avais imaginée, il se pose à notre époque et prend l’apparence d’un patron de boîte de nuit noir et richissime (un peu avec le look de Papa Midnite). La boîte de nuit en question s’appelait l’Oxyde (il n’y a aucune explication quant au choix de ce mot dont j’aime simplement la sonorité, à part peut-être cette bague de la créatrice Joanna Szkiela) (que je veux, cela va sans dire). Le gars s’amuse à rouler tous ceux avec qui il fait affaire : il conclut des deals et trouve toujours le moyen d’arnaquer son prochain sans en avoir grand-chose à foutre.

Tricky

Tricky

Dans cet embryon d’histoire, il avait pourtant besoin de quelqu’un, pour une fois (ce qui se produit rarement). Je ne me rappelle plus trop la raison mais en tout cas, il embauchait une jeune femme tissant des sortilèges dans des bijoux. J’ai eu l’idée de ce personnage à l’époque où je tenais mon ancienne boutique Unseelie, en travaillant un bracelet avec des perles et du cuir. Je me disais : « C’est drôle, ça ressemble à un rosaire : une prière à chaque perle. Ou un sortilège, tiens » .

C’était plus ou moins à l’époque où je travaillais sur une des versions les plus récentes de Tueurs d’anges, quand j’écoutais Tricky, que j’écoute souvent quand j’écris. La musique de Tricky s’accorde bien avec tout ça, l’album False Idols surtout. J’adorais (et j’adore toujours) Bonnie and Clyde et We don’t die (cette dernière est un peu l’hymne d’Oracles si vous voulez). J’aimais surtout la superposition des deux voix, que j’imaginais être celles de mes personnages : à un moment dans l’histoire, le diable et la magicienne deviennent partenaires dans le cadre d’un plan organisé par le premier (sais pas quoi, par contre, puisque je n’y ai jamais réfléchi).

Et il devint Oxyde…

Un ancien projet de couverture pour le livre

Un ancien projet de couverture pour le livre

Dans le même temps, j’allais faire mon troisième tatouage. J’ai eu cette réflexion : « à toi qui as passé du temps à tatouer ce symbole, à toi dont je n’oublierai ni le visage ni le nom, qu’est-ce que je peux te donner pour que tu te souviennes de moi ? » Si ça vous sonne familier, c’est normal, c’est ce que j’ai raconté dans Souvenirs d’encre. L’histoire s’est esquissée dans ma tête sur le chemin du retour et j’ai écrit cette nouvelle en une journée le lendemain. J’ai recyclé mon diable pour le transformer en tatoueur du nom d’Oxyde, un sorcier qui aurait conclu un pacte non pas avec le diable mais avec quelqu’un d’au moins aussi peu recommandable.

Puis j’ai songé à ma magicienne et sans que je m’en rende compte, j’avais peu à peu l’esquisse d’une histoire plus vaste qui se dessinait. Et si Oxyde devenait l’égal d’Élias, le héros de Tueurs d’anges ? Et s’il travaillait avec une magicienne renfermant ses sortilèges dans ses bijoux ? Et si on racontait ce qui se passait avant l’Apocalypse de Tueurs d’anges ? Bref, à ce moment-là, je faisais un peu moins la maligne, parce qu’il fallait inventer tout un pan de l’histoire en parallèle à celle d’Élias, et faire en sorte que toute la chronologie se déroule sans accroc. Ce fut d’ailleurs la première fois que je parlais de ma grande histoire, à l’époque…

 

De nouveaux personnages

J’ai appelé ma magicienne Francesca parce que j’écoutais toujours False Idols (la chanteuse qui accompagne Tricky s’appelle Francesca Belmonte). Son personnage a grandement évolué à l’écoute de A thousand suns de Linkin Park, avec son ambiance pré-apocalyptique, et surtout The Requiem.

J’ai pas mal travaillé sur Oxyde, réfléchissant à ses points communs et ses différences avec Élias, m’inspirant de la musique de Tricky (si pendant longtemps j’ai imaginé Oxyde à l’image de Tricky, ça a beaucoup changé aujourd’hui). Il a fallu lui trouver deux identités : son vrai nom, qu’il vend avec sa mémoire au début d’Oracles (ne rêvez pas, je ne vais pas vous le révéler maintenant !), et l’identité d’emprunt qu’il est obligé de prendre parce que c’est utile d’avoir un nom dans la vraie vie, à savoir Joseph Carat (Et là, les lectrices & lecteurs d’Elisabeta se lèvent de leur chaise en disant ‘QUOI ?‘).

J’ai aussi ajouté le patron plein aux as de la boîte de nuit, Côme, qui devait au début être l’antagoniste et que j’ai fini par kiffer d’amour. Si vous lisez mes nouvelles, d’ailleurs, vous connaissez déjà Côme et Francesca.

Et enfin, Verne, l’associé d’Oxyde, un jeune gars avec qui il travaille dans leur boutique de tatouage, et aussi un sorcier possédant un don de double vue. En gros, Verne est carrément inspiré par celui qui s’est occupé de mon troisième tatouage. C’est une sorte d’hommage parce qu’il m’a inspiré le personnage d’Oxyde, le roman entier et peut-être même les trois-quarts de ma grande histoire…

Oxyde

 

Un visage, enfin

Oxyde par Xavier Collette

Le truc bizarre qui s’est passé, c’est que j’ai été incapable d’avoir une image précise d’Oxyde. D’ordinaire, mes personnages ont souvent un alter ego réel, une célébrité par exemple, qui pourraient les incarner physiquement (c’est ce que vous pouvez voir dans mes différents tableaux sur Pinterest), mais ça n’a pas été le cas pour Oxyde pendant longtemps. J’ai bien fait un portrait mais ça n’était concluant non plus… Et puis j’ai regardé la saison 2 de Sense8, et il y avait ce personnage secondaire, le garde du corps improvisé de Capheus joué par Lwanda Jawar, un acteur kényan. Certes, ça ne correspond pas tout à fait car Oxyde est franco-béninois, mais on se rapproche de ce que j’avais en tête. Et grâce à mon chéri, il a pris vie ! Le portrait ci-contre le représente au moment où Oracles se termine.

 

La date de la fin du monde

J’ai commencé à faire des plans, des fiches de personnages, des calendriers, j’ai rentré tout ça dans Scrivener, et en a résulté ce roman, Oracles, préquelle de Tueurs d’anges (que j’espérais indépendante, mais ça n’a pas pu fonctionner). J’ai passé des heures à définir au jour près certains événements pour que tout colle. La chronologie fut assez épique à mettre en place, d’ailleurs, puisque je travaillais à la main sur des calendriers que j’imprimais. Ça donnait souvent des résultats hasardeux, mal foutus, avec de nombreuses incohérences (parce qu’il y avait trop de chiffres, et quand il y a trop de chiffres, mon cerveau explose). Par chance, plus tard, j’ai découvert le logiciel Aeon Timeline qui est devenu ma base de données personnelle : j’y entre, à chaque roman, toutes les dates importantes et le déroulé de l’intrigue (pour le moment, on va de 1087 à plus de 2032, et ce n’est fini).

C’est comme ça que j’ai défini cette fameuse date du 18 janvier 2016, la date du début de l’Apocalypse (le jour de la fin du monde étant fixé 600 jours plus tard, soit le 9 septembre 2017). Je l’ai choisi… totalement au hasard. Je voulais que la fin du monde se déroule au moment où j’écrivais et ça s’est donc goupillé comme ça.

C’est à partir de là que tout a commencé à s’enchaîner : après Oracles, j’ai eu l’idée d’écrire une suite à Tueurs d’anges et tout le reste s’est greffé autour. À présent, les enjeux principaux de ma grande histoire se tournent tous ou presque vers Oxyde, ce qui n’était pas du tout prévu. D’un personnage créé un peu par hasard, j’en ai fait le héros de mon histoire, de cette fresque que j’ai à peine commencé à écrire et qui me prendra des années. Je sais déjà où je vais : il reste maintenant à vous raconter comment on s’y rend 🙂

 

Avant de lire Oracles :
– Retrouvez Francesca et Côme dans les nouvelles Burn the WitchDialogue avec les ombres et La Boîte Noire
– Retrouvez Oxyde dans la nouvelle Souvenirs d’encre et La Boîte Noire, aussi
(pas de spoilers dans ces nouvelles !)

J’espère que cela vous aura donné envie d’en apprendre plus, et de lire le livre ! Et si vous avez des questions, encore une fois, n’hésitez pas 🙂

Photo de la bannière : Toa Heftiba
(le titre de cette photo est « don’t let life become a graveyard of buried hopes » et je trouve que ça correspond à merveille à Oxyde)

Le jeu des questions-réponses (2e partie)

Voici la suite des questions-réponses ! La première partie se trouvait ici, pour rappel. Pas de spoiler pour cette fois, puisque l’on parle de mon rapport à l’écriture de façon générale 🙂

Sur l’écriture

* Que ressens-tu lorsque tu achèves un roman ? Quelle impression cela te laisse-t-il ?
Avant, j’étais complètement effondrée, j’avais l’impression de faire une dépression post-partum. On s’immerge pendant des semaines dans un texte et quand tout finit, on atterrit et on ne sait plus où on est. Il me fallait deux ou trois jours pour m’en remettre.
Maintenant, je ne sais pas trop pourquoi, c’est différent. Sans doute parce que je reverrai plus tard un certain nombre de mes personnages dans des histoires que je n’ai pas écrites. Mais c’est différent selon les romans : certains hantent plus longtemps que les autres, parce que ça dépend des raisons pour lesquelles je les écris.

* tu as été illustratrice avant d’être autrice, comment considères-tu la possible ou non communication de ces deux média aujourd’hui ?
Il y a quelques années, j’avais dans mes cartons pas mal de projets de livres illustrés, où le texte et l’image se côtoient pour raconter une histoire (une BD, mais sans les bulles). Aujourd’hui, ce serait bien trop compliqué et j’ai beaucoup trop de lacunes pour tenter ça, et puis je préfère me consacrer entièrement aux mots.
Je ne ferme pourtant pas la porte à quoi que ce soit : il est possible que je réalise moi-même des illustrations pour les couvertures de me romans, et j’ai récemment (et bien malgré moi) imaginé un projet dans lequel je ferai quelques dessins… Comme quoi, ne jamais dire jamais 🙂

* As-tu remarqué des thématiques particulières qui reviennent régulièrement dans tes écrits, volontairement ou non ?
Il y a plusieurs thématiques qui reviennent, en effet : le deuil et la séparation, la gémellité (et je ne sais pas pourquoi. Un jour je vais apprendre que j’avais un jumeau mort à la naissance, ou un truc du genre). La peur de la mort, aussi : j’ai plusieurs personnages qui vivent des ‘expériences de mort pas si imminentes mais qui viendront quand même‘, et qui en sont terrorisées (comme Ana ou Lili), mais je l’aborde aussi avec la vie éternelle (les vampires avec Elisabeta) et la réincarnation (euh… dans mon histoire globale, en fait). Et ce n’est pas toujours volontaire !

(suite…)

Le jeu des questions-réponses (1ere partie)

Ces dernières semaines, je vous proposais de répondre à des questions sur tous les thèmes que vous souhaitiez : mes histoires, mes projets, mes personnages, ma façon de travailler… Voici donc la première partie des réponses ! Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas, je pourrais très bien refaire un autre billet de ce genre plus tard 🙂

À noter : certaines questions amenaient à spoiler. J’ai donc décidé de procéder ainsi : si le spoiler concerne une histoire qui n’a pas été publiée, je n’y réponds pas en détails, et s’il concerne une histoire déjà publiée, j’y réponds en floutant le texte. Il vous suffit de passer votre curseur dessus pour lire la réponse. Veuillez toutefois bien vous rendre compte que certaines réponses peuvent non pas vous spoiler mais peut-être vous retirer le plaisir de la découverte.

À propos de mon histoire globale

* Si toutes tes histoires sont liées entre elles, par où commencer ?
Pour l’heure, mes histoires sont indépendantes les unes des autres, ou du moins les différents ensembles narratifs : la série TOWN est indépendante du roman Elisabeta, qui est indépendant de mes nouvelles. On peut donc tout lire dans l’ordre que l’on veut, et on n’est pas obligé de tout lire si on ne veut pas non plus (au bout d’un moment, si vous voulez lire les romans qui se placent à la toute fin de cette histoire globale, il le faudra quand même !).
Si vous voulez tout lire, je vous conseille de lire les livres dans leur ordre de parution, soit Fêlures, puis 18.01.16, puis Elisabeta, puis Tueurs d’anges, puis Oracles, puis Onirophrénie, puis Passeurs, et ainsi de suite. Mais ce n’est qu’une suggestion. A mon sens, les seuls que l’on doit lire dans l’ordre, c’est Fêlures et 18.01.16, mais uniquement parce que Fêlures est bien plus ancien et que le style s’en ressent un peu.
(et bien entendu, il vaut mieux lire dans l’ordre les séries XD Que ce soit les romans comme TOWN ou Le Cercle, mais aussi les nouvelles (comme la trilogie de L’attrape-rêves ou les Nouvelles de Town) (mais tout est précisé sur la fiche de chaque nouvelle, dans le menu ‘Lecture en ligne‘ ci-dessus).

Pour en savoir plus :

À propos de mes personnages

* Comment s’est passée ta rencontre avec Oxyde, qui semble un personnage éminemment central pour toi ?
Ce sujet fera l’objet d’un billet plus tard, puisque je comptais raconter la genèse d’Oracles, comme je l’ai fait pour Tueurs d’anges et Elisabeta (je m’en occuperai un peu avant la parution du livre). Mais on peut résumer ainsi : au départ, Oxyde était une incarnation du Diable (rien que ça) que je voulais mettre en scène dans une nouvelle, et en fin de compte, il est devenu totalement autre chose, se changeant en tatoueur magicien comme on le voit dans la nouvelle Souvenirs d’encre. Mais forcément, les choses m’ont un peu échappée et Oxyde a très vite pris toute la place (et j’ai encore du mal à comprendre comment ça a pu se produire). Comme je travaillais sur Tueurs d’anges à l’époque, j’ai eu l’idée assez saugrenue de l’y inclure, ce qui a donné Oracles (qui devait être un livre indépendant).

Spoiler Tueurs d’anges : c’est à ce moment-là que j’ai décidé de lier Oxyde à Élias (vous verrez comment dans Oracles), et c’est ce qui m’a permis d’imaginer toute son histoire.

(suite…)