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Abra

En savoir plus : Les bijoux de l’Onirographe

 

— Abuelita, on va continuer longtemps comme ça ?
Diego soupire de lassitude. Perché sur son cheval depuis des heures, il peine à suivre la cadence imposée par Abra, sa grand-mère, qui s’obstine à regarder devant elle comme si elle ne l’avait pas entendu, assise à l’avant d’une calèche. Enfin, « regarder »… c’est vite dit. La vieille gitane ne voit plus rien depuis bien longtemps. Après quelques secondes de silence buté, elle hausse les épaules.
Le convoi s’étire sur la route poussiéreuse. Constitué de caravanes fatiguées – la plupart sont tirées par des chevaux, seules deux d’entre elles avancent grâce à leur moteur. Mais pour combien de temps ? –, de trois roulottes en bois et de plusieurs carrioles, le groupe a parcouru une cinquantaine de kilomètres à la vitesse d’un escargot et peine à comprendre pourquoi la vieille Abra s’entête à prendre ce chemin. D’ordinaire, on évite cette route qui mène à Paris : située en dehors des zones protégées, vulnérables, ceux qui l’empruntent sont la cible des pillards. La majeure partie du temps, les gitans ne sont pas attaqués en raison de leur neutralité, mais Diego refuse de parier sur sa prétendue immunité. Depuis l’Apocalypse qui leur est tombée dessus sans crier gare des années plus tôt, il ne veut plus compter que sur lui-même et sa famille.
— Nous ne sommes plus très loin, maintenant, avertit Abra.
La vieille femme, cheffe du cortège, s’est réveillée ce matin avec une étrange conviction : ils devront venir en aide à quelqu’un. Si d’ordinaire elle ne voit que des esprits errants, il lui arrive parfois d’être traversée par des fulgurances, des certitudes, des intuitions auxquelles elle ne peut se soustraire. Il leur fallait emprunter cette route vers Paris, voilà tout. Et le convoi, composé de gitans et des survivants à l’Apocalypse, n’a pas eu d’autre choix que de la suivre.
Abra tire sur sa pipe avec nervosité, dans un mouvement faisant cliqueter ses bracelets et ses boucles d’oreilles en perles vertes. Au loin, la silhouette étrange et effrayante de la capitale, réduite à quelques arrondissements entourés d’un énorme mur d’enceinte, se découpe au milieu de champs desséchés ; vision cauchemardesque du fief de l’ennemi. Un véritable trou à rats où se sont réfugiés les pillards et les tarés en tout genre, en particulier ceux qui ont assisté les anges lors de leur tentative d’annihiler l’humanité. En général, on évite la région comme la peste.
Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, il y a quelqu’un à sauver. Et le convoi ne peut se soustraire à sa mission, puisqu’il s’agit là de sa raison d’être : venir en aide à tous ceux qui en ont besoin sur la route.
Soudain, Abra se redresse sur sa calèche, et adresse un signe à celui qui conduit le cheval qui les tracte ; ce dernier ralentit.
— C’est ici… murmure-t-elle.
Elle tend l’oreille, cherche des yeux – ses yeux morts ne lui permettent pas de voir, mais sa double vue, elle, lui accorde un autre sens. Diego aussi cherche autour de lui.
Le paysage ressemble à celui qu’il arpente chaque jour : une route au goudron cabossé sinuant entre les terres, couverte de cendre, où apparaissent parfois les ruines d’une maison ou la carcasse d’une voiture. Tout est tranquille depuis que les anges sont partis, mais le calme reste trompeur.
C’est Diego qui la repère en premier ; une silhouette solitaire court vers eux sur le bitume, surgie de nulle part. Une jeune femme aux longs cheveux noirs, vêtue de sombre, tout à fait déplacée dans le décor. Un esprit.
Il peut la voir parce que lui aussi possède la double vue, héritée de sa grand-mère.
— S’il vous plaît, aidez-moi ! s’exclame la jeune femme fantomatique. Mon ami a besoin d’aide…
Le convoi se remet en branle sous l’ordre d’Abra, un ordre que personne ne discute. Diego et deux de ses compagnons s’élancent avec leurs chevaux afin de suivre au plus près l’esprit de la jeune femme, qui apparaît et disparaît par intermittence, les guide sans un regard pour eux.
Une demi-heure plus tard, alors qu’ils se sont dangereusement approchés de Paris, ils le voit. Un homme étendu sur la route, seul, blessé, épuisé. Lorsque le convoi s’immobilise près de lui, Diego et les autres le hissent dans une roulotte afin de lui permettre de récupérer. Sans le présage d’Abra, il serait mort là, abandonné et loin de tout.

 

Le rêve de Cornélius

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Une de la gazette de Mahéra, édition du 3e jour des Écydes, 1446

Disparition de Maître Cornélius, le plus grand explorateur de notre époque

C’est un jour empli de tristesse : notre gouverneur, premier des Onze, vient d’annoncer la disparition officielle de Maître Cornélius, après un an sans nouvelles de sa part. Le célèbre explorateur était parti l’année dernière, le 2e jour des Écydes, à la découverte de la fameuse forêt d’Adria dont personne n’a jamais pu dire la situation exacte. La proclamation de la mort, survenant après une période légale d’un an, a eu lieu hier. A-t-il réalisé son rêve, celui de voir les mystérieux bois de ses propres yeux ?
Maître Cornélius, dont le véritable nom était Corneille Marade, était sans doute l’aventurier le plus connu de ces dernières décennies. Entré à quinze dans notre prestigieuse Académie, il s’est vite spécialisé dans la géologie et la géographie, avant de partir pour le désert rouge en compagnie de son père, Maître Asadus. Un voyage funeste : chacun se souvient du retour du fils, épuisé et blessé, et apportant la nouvelle de la mort d’Asadus. Cet incident malheureux n’a pas étouffé ses rêves d’explorations, bien au contraire.
Cornélius a passé plus d’années dans sa vie dans les territoires hostiles et inconnus de notre monde que dans notre bien-aimé royaume de Mahéra, en compagnie de son épouse Ysabeth, elle-même décédée il y a quelques années. Le voyageur aura mis au jour des contrées oubliées ou jamais découvertes, des vestiges de villes disparues, et l’incroyable lac souterrain de Portelune. Mais ce n’était rien face au mystère de la forêt d’Adria, sous-bois que l’on dit, tour à tour, magiques, hantés, se déplaçant seuls, ou n’existant tout simplement pas.
Maître Isarius a ouvert la voie il y a de cela vingt ans. Mais contrairement à Cornélius, il en est revenu, muet et décidé à ne jamais dévoiler ni l’emplacement de la forêt ni ce qu’elle recelait. Lorsque son estimé collègue a annoncé son départ, Isarius lui a laconiquement souhaité bonne chance, du moins en public. Qui sait ce que les deux scientifiques se sont dit ? Quoi qu’il en soit, Cornélius quittait Mahéra avec une certitude : s’il rentrait de son voyage, il ne révélerait pas la localisation d’Adria, il l’avait juré devant les Onze. Son serment est tenu, d’une certaine manière, puisqu’il semblerait qu’il n’en reviendra pas. S’agissait-il là d’une autre certitude, d’une volonté ? D’un rêve, peut-être ? Cornélius espérait-il entrer dans les bois et ne pas en ressortir, lui qui n’avait pas vraiment fait le deuil de sa femme ? Nous ne le saurons jamais. Reste à prier pour que son vœu se soit réalisé, et qu’Adria l’ait accueilli.
Le premier des Onze a annoncé, suite à la proclamation du décès de Maître Cornélius, que ce 3e jour des Écydes lui serait consacré.

 

Besoin de votre avis : les pistes d’amélioration du site

Dès que j’ai terminé ma novella en cours d’écriture, je vais essayer de revoir la structure de mon site pour faire en sorte que l’on ne s’y perde pas, et j’hésite encore sur les modifications à apporter. C’est pourquoi je lance ce petit appel à contribution :

J’ai quelques questions pour mes lectrices & lecteurs, en particulier pour celles & ceux qui s’intéressent à mon Grand Projet !

Si vous pouviez juste y répondre, peu importe que vous lisiez le machin depuis ses tous débuts, que vous l’ayez pris en cours de route ou que vous l’ayez découvert la semaine dernière, ce serait vraiment chouette : tous les avis comptent (et ces pages sont surtout faites pour vous).

Voilà l’idée : j’essaie de simplifier le plus possible les pages de mon site consacrées au Grand Projet.

Voir le Grand Projet

 

J’aimerais savoir si :

  • vous vous y référez ou non (pour découvrir mon univers et choisir vos lectures, par exemple)
  • vous trouvez ces pages assez claires (que ce soit la page qui explique ce qu’est le Grand Projet ou bien celles qui détaillent les ‘cycles’ qui le constituent (Town, l’Épine Noire, etc))
  • vous pensez que je devrais les améliorer (les développer ou au contraire les simplifier)
  • vous avez d’autres remarques à me faire à ce sujet.

Concernant le site en lui-même, je voulais aussi savoir si vous trouviez son organisation suffisamment claire, pour le blog et la boutique en particulier (est-ce que c’est facile de naviguer, de passer commande, etc).

 

Dans l’idée, je comptais simplifier les informations sur la page du Grand Projet et pourquoi pas aller dans le détail dans une Foire aux Questions à part (pour éviter de faire peur aux nouveaux-venu·es !), supprimer purement et simplement les pages consacrées aux ‘cycles’ car je me dis que c’est peut-être de la popote interne (du coup, si vous pensez qu’elles sont utiles, faites-moi signe !), revoir la liste des bouquins par ordre de parution et en faire une version imprimable (idée inspirée par Miss HD). Mais rien n’est fixé pour l’instant, c’est pour cela que je sollicite votre avis car ces pages sont là pour vous !

Bref, si vous avez des remarques et des suggestions, n’hésitez pas à me raconter tout ça en commentaire ci-dessous ou par email 🙂 (et si personne ne répond, je considérerai que ces pages n’ont pas besoin d’être améliorées !)

Au bout de la route, encore une nouvelle pour 600 jour d’apocalypse !

Le recueil 600 jours d’apocalypse se complète petit à petit, avec cette fois une nouvelle dans laquelle on retrouve Chester et une invitée ! J’aime beaucoup ce texte qui m’est venu tout seul, et j’aimerais beaucoup poursuivre ce petit dialogue entre ces deux personnages, mais… (selon mes plans, cela ne se peut) (je ne dis rien pour ne pas spoiler la suite).

Bref, comme d’habitude, voici les informations et avertissements d’usage :

  • Le recueil 600 jours d’apocalypse est un cadeau offert aux lectrices & lecteurs de la série TOWN. De ce fait…
  • …pour lire cette nouvelle, il faudra avoir au moins lu Tueurs d’anges et/ou Onirophrénie, le mieux étant d’avoir lu les deux. Ce qui veut dire que si vous n’avez lu que Tueurs d’anges, il y aura des spoilers d’Onirophrénie, et si vous n’avez lu qu’Onirophrénie, il y aura des spoilers de Tueurs d’anges.
  • Vous pouvez la lire ici même, sur mon blog, ou bien sur Wattpad (n’oubliez pas d’ajouter votre petite étoile !).
  • Vous pouvez aussi la lire dans l’ebook disponible ici. Comme d’habitude, l’ebook gratuit a été mis à jour, vous devez donc le télécharger de nouveau si vous l’avez déjà (format .epub, .mobi et .pdf disponibles).

 

En ce moment, je suis en train de rédiger une novella qui figurera au sommaire de ce recueil : il s’agit de Mille chutes, qui se concentre sur la longue histoire de Lucifer. Cette novella ne sera pas disponible sur Internet : vous pourrez la lire dans l’édition papier que je vais faire de ce recueil, publiée au plus tard fin avril. Il y aura sans doute quelques très courts textes dedans également. Je vous en reparlerai d’ici là !

 

La fiche du recueil Lire sur WattpadTélécharger l’ebook

En attendant, une bonne lecture à vous, et n’hésitez pas à partager et à me donner votre avis !

 

(2) Bilan de février

Ce ne sera pas original comme intro mais le mois de février a filé à une vitesse folle, et j’ai l’impression que c’est de pire en pire chaque année. Le temps qui passe m’angoisse un peu, je l’avoue, surtout quand je me rends compte de tout ce que j’ai fait comme boulot ces dernières semaines — et tout ce que je n’ai pas réussi à faire.

Quoi de neuf en février ?

Midnight City

Comme prévu, Midnight City a pris son envol. Après être passé chez Tiphs (qui en a parlé sur Instagram), l’Exemplaire Unique se trouve à présent chez Ottoromanzi qui a annoncé le transmettre à l’occasion de Livre Paris mi-mars. Le voilà donc véritablement parti, ce sacré livre ! Je suis toujours à l’affut des nouvelles et les partage en temps réel sur Twitter et sur Instagram (sinon, ici, mais avec un temps de décalage), et vous pouvez vous-même vous tenir au courant avec le hashtag #MidnightCityLeLivre sur les réseaux sociaux.

Grand Projet, prises de notes & co

En attente des corrections éditoriales du Phare, j’ai commencé à travailler sur le plan de mon prochain roman, Sinteval, avant de devoir mettre ça de côté parce que je devais démêler un truc avec ma chronologie. Et ça a fini en prise de notes générale pour mettre à plat le Grand Projet : achat de nouveaux carnets, report des notes d’un carnet précédent vers ces dits nouveaux carnets, chronologie générale complétée, divers plans et révélations importantes, etc. Mon beau carnet contenant le Plan de l’Onirographe, c’est-à-dire l’ossature et les éléments les plus importants de mon Grand Projet, est quasiment plein et il sera sans doute accompagné d’un nouveau carnet pour développer tout ça. Bref, ça fait beaucoup de carnets, je suis d’accord. J’ai prévu d’écrire un billet pour tous vous les montrer (ce sera une mise à jour de ce billet qui existe déjà, et dont les protagonistes ont beaucoup évolué — et ont été rejoints par d’autres).

Le Phare

Comme dit plus haut, j’attends les corrections éditoriales du Phare histoire de m’y consacrer avant de plonger dans Sinteval (roman qui va être exigeant, je le sens déjà). Pour l’heure, on avance : on a enfin le titre définitif, et j’ai vu un début de couverture ! 💙

Et le reste

Comme j’avais le temps, j’en ai profité pour écrire des textes courts et d’avancer sur le recueil 600 jours d’apocalypse ; 2 nouvelles ont d’ailleurs déjà été publiées sur le blog. En ce moment, j’écris la novella consacrée à l’histoire de Lucifer, un énorme morceau, ce qui m’a permis d’apprendre beaucoup de choses sur ce personnage, et de le ‘boucler’ (c’est-à-dire de clore tout ce qu’il y a à dire sur lui). Ensuite, il y aura sans doute une dernière nouvelle, peut-être quelques très courts textes, et je pourrai préparer la publication du recueil en édition papier. Si tout va bien, ce sera pour avril !

(suite…)