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Texte court : Le souvenir de Nahe

En savoir plus : Les bijoux de l’Onirographe

 

— Il y avait… il y avait une forêt. J’habitais à la lisière. De la fenêtre de ma chambre, je voyais les arbres, la frontière entre notre monde et le leur. La nuit, je les entendais chanter.
La voix de l’adolescent tremble un peu. Il trébuche sur les mots, les cherche longtemps, hésite avant de les prononcer. Parfois, Enys a le sentiment qu’il les regrette dès lors qu’ils franchissent ses lèvres, comme s’il lui confiait un secret trop lourd. C’est souvent le cas lorsque l’on vient la trouver pour lui offrir leurs souvenirs.
— Je ressens comme une… une crainte, une peur instinctive à l’encontre de cette forêt, poursuit Nahe. Mais je ne l’explique pas. En fait, je ne ressens que ça  : la peur, le respect, et ce vert irréel, la lumière dans les feuilles des arbres.
— Et rien en ce qui concerne ton village  ? Ta maison, ou ta famille  ?
Nahe sursaute, comme s’il ne s’attendait pas à ce qu’Enys lui réponde. La voix un peu rauque de la jeune femme s’élève dans l’échoppe déserte, dont elle a fermé la porte et les fenêtres pour permettre à son visiteur de s’exprimer sans se soucier d’être interrompu. Les étals, les étagères, les boîtes anciennes les entourent, témoins silencieux de ces fragments d’histoires qu’on vient lui narrer. Enys les recueille comme autant de précieux trésors et les enferme dans des pierres, transformées en bijoux étincelants à la lueur des lampes. Ainsi, elle collectionne ces rêves et ces souvenirs afin de les distribuer à qui de droit ensuite, pour que chacun et chacune puisse retrouver ces éclats enfuis de ce qu’ils étaient autrefois.
Un monde sans mémoire. Un monde morcelé, et avec lui, l’esprit de ses habitants. La mission d’Enys – et celle de ses compagnons – consiste à leur rendre cette mémoire perdue. Une tâche sans fin qu’elle ne pensait pas, au début, pouvoir accomplir avant sa mort, mais puisque le temps n’a plus cours, ici…
— Je ne me souviens que de la forêt, répond Nahe après un long silence. J’ai beau me creuser la tête, je ne vois que les arbres… tout juste une fenêtre, et une présence près de moi. Ma mère, sans doute, mais je n’en suis pas certain.
Enys lui sourit afin de le rassurer. Ce n’est pas si rare, bien au contraire… Les souvenirs recueillis sont toujours très parcellaires et ténus, fragiles tel du papier ancien  ; cela n’empêche pas leurs propriétaires de les regagner et de reconstruire, ainsi, l’édifice vacillant de leur vie d’autrefois.
Mais ce qui intéresse surtout la jeune femme… c’est la forêt dont Nahe fait mention. Une forêt mystérieuse et dangereuse, de laquelle on ne s’approche pas, même ceux qui vivaient à sa lisière. Elle les cherche, ces souvenirs, elle les cherche plus que tout, et les rassemble dans une boîte, dizaines de bijoux aux pierres vertes comme les feuilles.
— Et cette forêt, alors… demande-t-elle, le cœur battant. Te rappelles-tu son nom  ?
Pas d’hésitation, cette fois. Nahe secoue la tête.
— Non, je l’ai oublié.

 

Découvrez les Contes du Démiurge !

La semaine dernière, je blablatais un peu sur ma démarche et mon envie de raconter des histoires un peu différemment. Hasard, roman vagabond, mais aussi histoires à vivre et Cité de Minuit… C’est l’heure de vous dévoiler les Contes du Démiurge !

Les Contes du Démiurge ?

J’ai voulu écrire des histoires qui se baladeraient, apparaîtraient, disparaîtraient, et surtout se vivraient. Pas forcément des jeux, car je ne suis pas joueuse et je n’y entends rien à la conception de jeux et d’énigmes, mais des expériences narratives augmentées qui raconteraient des histoires différemment, avec un peu d’implication et un peu de fun. Je voulais aussi ne pas seulement m’appuyer sur le numérique (c’est-à-dire que je ne voulais pas que tout soit en ligne, j’espérais conserver un peu de matérialité), et c’est ainsi que j’ai commencé à imaginer des objets tangibles, des éléments que l’on pourrait avoir en main afin de vivre ces histoires. Je fais ça depuis longtemps : avec mes bijoux, mes poupées et mes étranges objets, je prolonge mes histoires et les fais apparaître dans le monde réel (les colliers faits de pierres noires d’Atlacoaya par exemple, ou Faustina, la poupée qui apparaît dans Elisabeta, ou des tas d’autres créations inspirées de et inspirant mes histoires).

Il y aura donc des histoires. Il y en a déjà beaucoup sur ce site, il y en a déjà ailleurs, et il y en aura d’autres encore. Des histoires sous la forme d’énigmes, d’histoires dont vous êtes le héros/l’héroïne, des histoires cachées, sur Internet ou sur papier, à élucider ou à se laisser porter. Pour l’heure, elles se concentrent sur la Cité de Minuit mais ça changera plus tard, on en trouvera dans tous les univers que j’ai créés ; certaines seront gratuites (quand elles seront disponibles en ligne), d’autres payantes (quand elles seront plus conséquentes, ou bien si elles nécessitent un support papier à vous expédier), certaines seront accessibles à tout le monde et d’autres seront envoyées à des gens privilégié·es, et d’autres encore seront cachées. Elles pourront apparaître et disparaître sans crier gare, vagabonder, être transmises de main en main, de mail en mail. Tout sera centralisé sur MidnightCity.fr, un site que j’ai ouvert pour l’occasion : on y trouvera l’intégralité des histoires (même s’il faudra en chercher certaines), la solution des énigmes, quelques informations sur l’univers de la Cité de Minuit, des indices… Des indices, il y en aura aussi chez Samuel, qui possède son propre compte Twitter. Parce que le Démiurge des contes, c’est à la fois lui et moi, et nous nous partageons le boulot : lui rêve ce monde, et moi je l’écris (ou l’inverse, je ne sais toujours pas).

Les premières histoires

Pour l’heure, deux histoires sont déjà disponibles : Un voyage sur l’Atlas et Le Jardin Secret . Un voyage sur l’Atlas est la toute première, et celle qui m’a donné envie de développer ce concept. J’ai passé beaucoup de temps à imaginer et fabriquer les documents qui la composent : il s’agit d’une énigme à résoudre grâce à la lettre que vous recevrez, ce qui vous permettra de découvrir la suite et la fin de l’histoire. Tous les documents sont faits-main avec du papier de récupération (à la maison, nous avons accumulé beaucoup de sortes de papiers différents au fil des années, j’ai voulu les utiliser au lieu de les laisser dormir dans leurs tiroirs), conçus avec soin pour qu’on les conserve, comme si on avait chez soi un petit peu de la magie de la Cité de Minuit. Le Jardin Secret, lui, est caché ; un indice est donné dans le premier billet du Journal de MidnightCity.fr.

(j’avais prévu une troisième histoire, mais je me suis rendu compte qu’il était délicat d’écrire sur la Cité de Minuit alors que vous ne la connaissez pas encore. J’ai beaucoup travaillé sur l’aspect découverte de cette Cité onirique et poétique, et il serait dommage de trop en révéler maintenant. Je garde donc cette troisième histoire pour l’année prochaine, lorsque Midnight City sera publié !)

 

Une note sur l’inclusivité : si la plupart de ces histoires mettent en scène des personnages à moi, identifiés et caractérisés, certaines d’entre elles se veulent votre histoire. C’est le cas par exemple d’Un voyage sur l’Atlas, qui a été écrite de façon à ce que le héros ou l’héroïne, ce soit vous. Ainsi, dans la partie du texte qui se trouve en ligne, l’histoire est racontée à la deuxième personne (donc vous), et il n’y a pas de mention au genre du lecteur ou de la lectrice. Il en va de même pour la lettre que vous recevrez : vous pourrez choisir le genre, soit masculin ou féminin (si vous ne précisez pas votre choix, vous recevrez la lettre au hasard). J’espère aussi pouvoir proposer un genre neutre dans la lettre (c’est-à-dire pas de mention au genre), ce qui est un peu plus compliqué pour moi : sur mon site ou sur les réseaux sociaux, je n’ai aucun problème à user de néologismes ou de points médians, mais dans ces histoires, j’essaie de conserver un style littéraire et néanmoins naturel, ce qui n’est clairement pas aisé). Si jamais vous souhaitez m’aider, n’hésitez pas à me contacter !

 

Les histoires suivantes viendront au fur et à mesure, trois à quatre fois par an selon mon inspiration et mon emploi du temps. Comme j’aimerais développer ce concept, il y aura sans doute pas mal de surprises, d’indices, de bouts d’histoire et de secrets, des objets à fabriquer, des énigmes à imaginer. Sans compter les histoires vagabondes qui seront libérées bientôt. Voilà pour la présentation de ce projet un peu dingo ! C’est aussi une manière pour moi de vous présenter l’univers de Midnight City en attendant que le roman soit disponible pour tout le monde. Vous pourrez ainsi patienter et découvrir les Nocturnes :)

 

Pour finir, j’aimerais remercier les cobayes qui ont testé Un voyage sur l’Atlas dans sa version prototype : Sophie, Anne-Charlotte, Marie et Xavier ; un deuxième merci à Xavier pour le dessin du Nocturne 🖤

N’hésitez pas comme toujours à me dire ce que vous en pensez, et si vous comptez vous lancer dans l’aventure !

  • Pour avoir toutes les informations concernant les histoires et les jeux, rendez-vous sur MidnightCity.fr
  • Pour acheter Un voyage sur l’Atlas, rendez-vous sur la Boutique

Texte court : Lame d’Immortelle

En savoir plus : Les bijoux de l’Onirographe

 

1585

Elle se savait recherchée depuis des années par les Chasseurs. Ces moines soldats, une congrégation secrète de l’Église, consacraient leur vie à la traque des Immortels  ; après une décennie d’entraînement et d’enseignements, ils partaient en chasse afin de repérer les vampires, qu’ils pistaient sans vergogne jusqu’à leur mettre la main dessus. Ce qui suivait dépendait des ordres donnés par le Saint-Père lui-même.
Enlèvement, ou exécution.
De ce fait, Éléonore Sinteval savait que son statut de Reine ne lui accorderait aucune clémence et qu’elle était condamnée à mort si les Chasseurs venaient à la capturer. Elle prenait alors toutes les précautions possibles afin d’éviter ce sort peu enviable, allant jusqu’à s’empêcher de voir son mari, le Roi Zéphirin, ou sa fille Jéromine. Elle refusait de les mettre en danger tous les deux.
Les Monarques immortels s’étaient presque tous éteints, et ceux qui subsistaient ne resteraient pas en vie longtemps. Dire que la lente disparition des Rois et des Reines était le fait de leurs semblables  ! Éléonore enrageait quand elle y songeait. Leurs propres ministres, inspirés – ou manipulés  ? – par l’Église, s’étaient attaqués à ceux qui dirigeaient la société du Cercle. Le peuple vampirique n’en sortirait pas grandi, si toutefois il parvenait à s’extirper de cette terrible situation… Depuis qu’elle savait que son nom était apposé sur la liste des Immortels à éliminer, Éléonore se cachait, trouvant refuge parmi les dissidents et les Archivistes qui, eux aussi, subissaient la débâcle initiée par l’Église.
Ce soir-là, elle avait rendez-vous dans une échoppe à Paris, un bouge sinistre perdu au fond d’une ruelle puante et humide qui n’effrayait pas la Reine. Elle espérait rencontrer un orfèvre qui lui avait promis de lui venir en aide.
Lorsqu’elle entra dans l’auberge, personne ne leva les yeux vers elle, chacun gardait la tête baissée sur son repas comme si la fatigue ou le poids du monde s’étaient écroulés sur leurs épaules. Éléonore se força à ne pas prendre garde à l’odeur de sang qui en émanait, elle faisait tout pour se tenir éloignée des mortels et éviter de s’en prendre à eux. Elle ne pouvait se permettre de laisser des cadavres exsangues derrière elle… mais une taverne comme celle-ci, pleine à craquer d’hommes et de femmes dans la force de l’âge pour la plupart, cela représentait une terrible tentation, au même prix qu’un grand danger.
L’artisan qu’elle venait rencontrer était attablé au fond de la salle  ; il était mortel lui aussi, mais habitué des Immortels. Petit, bien nourri et bien habillé, loin des ouvriers et des travailleurs épuisés et sales qui les entouraient tous les deux, il faisait plus déplacé dans le décor qu’Éléonore, dissimulée sous une ample capuche. Si elle l’avait retirée, son visage jeune et parfait, aussi beau que celui d’un ange, aurait alors attiré toute l’attention sur elle, ce qu’elle voulait éviter.
— Avez-vous ce que je vous ai commandé  ? demanda-t-elle à l’artisan sans préambule.
— Oui, Madame.
L’homme joignit le geste à la parole et déposa sur la table, devant lui, un petit paquet fait de tissu sombre qu’il déballa.
À l’intérieur se trouvait un collier, merveille de laiton et de cuivre. Le pendentif, lui, était réalisé autour d’une pierre en forme de marquise, dont le bout tranchant promettait une coupure nette et précise à quiconque s’en verrait frapper.
C’était ce qu’Éléonore était venue chercher  : un couteau dissimulé dans un bijou, indétectable, et surtout inoffensif pour elle. En tant que vampire, elle ne pouvait se permettre de choisir une arme avec trop de légèreté. L’argent consacré lui était nocif  ; les autres métaux tels que la fonte, l’étain ou le fer étaient trop facilement remplacés par de l’argent afin de piéger les Immortels.
La Reine s’empara du bijou, et l’observa quelques secondes à la lueur de la bougie. Il était magnifique, parfait tant dans son exécution que dans sa dangerosité. Il ne la sauvera sans doute pas du trépas promis par les Chasseurs, ceci dit. Elle en avait conscience… mais peut-être pourra-t-elle leur échapper quelques années de plus, le temps de revoir au moins une fois Zéphirin et Jéromine.
— Mon époux vous paiera le prix demandé, indiqua-t-elle en accrochant le collier autour de son cou.
— Je n’en doute pas. Faites attention à vous, Madame.
Elle le remercia puis écourta la rencontre, sachant que le temps passé dans cette taverne lui serait préjudiciable. Impossible d’écarter l’idée qu’un envoyé de l’Église ou du Cercle pourrait se dissimuler parmi les clients attablés. Alors, elle salua l’artisan, et quitta l’établissement au plus vite pour se cacher dans les ombres de la nuit.

 

Une lettre de la Cité de Minuit (en guise de teasing)

Il est bientôt l’heure pour moi de présenter mon #ProjetFifou, après de longues semaines/mois à travailler dessus dans mon coin, m’arracher les cheveux et m’amuser en même temps. Pour une fois, j’ai voulu prendre mon temps et c’est pour cette raison que je n’en parle qu’une fois ce projet achevé, contrairement à mes autres projets. Le gros avantage d’être autrice indé, c’est justement cette indépendance qui n’a pas de prix : je reste maîtresse de mon calendrier et des informations que je divulgue. J’ai tendance à ne pas (trop) prendre de recul lorsque j’écris, tout simplement parce sinon, que je passerais trop de temps sur un même texte et je ne m’en détacherai jamais ; il me faut le couperet de la publication pour passer à autre chose. Ici, pour une fois, j’ai voulu passer du temps à peaufiner mon concept, le lire et le relire, l’améliorer, le faire tester, surtout qu’il est à la fois numérique et matériel.

Ce billet servira de teaser car je ne vous présenterai pas le #ProjetFifou tout de suite. La seule chose que vous apprendrez, ce sera le nom, déjà visible dans le menu du site : les Contes du Démiurge. Pour le moment, je parlerai un peu de ma démarche et de mes envies… en attendant la grande révélation.

Attention, blabla !

À l’origine… la Cité de Minuit

Le #ProjetFifou

Lorsque j’ai pris la décision de ne plus aborder mon travail comme de l’auto-édition mais comme un simple partage d’histoires avec celles & ceux qui aiment les lire (je sais, c’est pareil, chut), j’ai commencé à envisager mon boulot comme une sorte de grande œuvre artistique globale. Après tout, j’ai un cursus d’artiste plasticienne et j’ai toujours voulu mélanger ça avec l’écriture, qui est mon vrai super-pouvoir. À l’époque, ce n’était qu’une graine que j’avais mise en terre pour lui laisser le temps de naître, de croître, de mûrir, sans réellement savoir vers quoi j’allais mais en ayant quand même une petite idée de ce que je voulais tenter. Et ce que je voulais tenter, c’était ça : le hasard, la sérendipité, le vagabondage.

C’était une première étape : ‘libérer‘ des histoires vagabondes. (Faire) imprimer des nouvelles et les abandonner quelque part, ou les donner à quelqu’un au hasard, ou les transmettre de main en main. Puis l’idée du roman vagabond est venue, qui serait écrit dans ce but précis et qu’on ne pourrait lire que grâce à la chance ou au hasard. Je ne vais pas refaire l’histoire : j’ai expliqué tout ça dans le billet consacré à Midnight City, dans lequel je raconte que j’ai toujours adoré l’histoire du manuscrit de La Maison dans laquelle, unique roman de Mariam Petrosyan, qui a voyagé durant quinze ans avant d’être publié. Ce n’est pas ma seule source d’inspiration puisqu’il y a bien des années de ça, en 2004, j’avais visité une exposition à la Criée de Rennes consacrée à l’artiste Jota Castro, dont le Drop in the ocean m’avait particulièrement plu : il s’agissait d’une sculpture de papier, une palette de journaux consacrés à la guerre au Soudan, dont on pouvait prendre un exemplaire (j’ai gardé le mien pendant très longtemps et je suis incapable de dire si je l’ai toujours ou pas).

Forcément, je n’ai pas envie de m’arrêter en si bon chemin après Midnight City, j’ai déjà pas mal de projets à mettre en route à plus ou moins long terme (on ne peut pas être au four et au moulin, et il y a des tas d’autres textes qui doivent passer avant), mais les Contes du Démiurge me sont un peu tombés dessus sans que je fasse trop gaffe. Ces Contes, c’est la deuxième étape de ce projet, ce que j’appelle les histoires à vivre. Et ces histoires, je les vis, moi aussi.

Comme des personnalités multiples

Avec le temps, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas choisir un seul de mes personnages pour me représenter. Chacun·e représente une facette de ce que je suis, de ce que j’aime ou non, de ce que je veux ou pas, si bien qu’il est impossible d’en désigner un·e pour jouer les représentant·es (ou les délégué·es de classe). En vrai, il y en a trois : Samuel, Lili et Oxyde, respectivement protagonistes de Midnight City, d’Onirophrénie et de TOWN. Chacun·e entre dans la lumière à tour de rôle selon mon humeur, mes envies et mon état d’esprit, avec le schéma suivant : Samuel crée, Lili détruit, Oxyde répare. Et en ce moment, c’est Sam qui me tire par la manche. J’ai conscience de beaucoup parler de Midnight City, que ce soit ici ou sur les réseaux sociaux, mais c’est pour une raison toute simple. Je n’arrive tout simplement pas à m’en échapper.

Quelque chose se prépare…

Je suis coincée dans la Cité de Minuit, piégée avec Sam, qui me souffle des tas d’histoires que je n’ai pas le temps d’écrire. Bien entendu, je sais pourquoi cela se passe comme ça puisque j’ai été dans une période d’entre-deux projets (ce qui, en général, me permet de faire du ménage dans mes histoires, mon site et mon chez-moi), en attente des corrections du Phare avant de pouvoir me lancer dans la rédaction de Sinteval. J’ai donc bouclé ce qui est en attente, comme 600 jours d’apocalypse, mais d’autres projets se rajoutent, des petites choses pas prévues qui m’enthousiasment beaucoup mais qui m’encombrent un peu l’esprit. Pendant ce temps, Sam insiste. Et moi je cède.

Des histoires à vivre

Missive de la Cité de Minuit

Entre temps, il y a eu aussi ce fil de Alt236, cet incroyable échange de cartes postales racontant une histoire envoyées par un inconnu (allez voir, c’est génial). J’ai adoré et j’avais très envie de proposer quelque chose de cette veine, avec mes propres idées et supports. Il faut savoir qu’il y a un petit jeu dans Midnight City : en contactant Murdoch, le lecteur ou la lectrice peut recevoir une lettre de la Cité de Minuit. Seulement, je voulais que tout le monde puisse profiter de ce jeu, alors j’ai développé ce concept que je n’ai pas pu nommer autrement que histoire à vivre. Il s’agira d’histoires, oui, mais pas de livres. Des supports différents, matériels et numériques, en impliquant les lecteur·ices. J’ai fait tester le premier prototype à quelques personnes, les retours sont très positifs, alors j’ai hâte de vous montrer ça !

Il faudra patienter un peu avant de découvrir ces Contes, le temps pour moi de terminer ce qui doit être terminé, de tout imprimer, relire et vérifier, et de faire des photos. Je vous donne donc rendez-vous d’ici quelques jours, une semaine ou deux peut-être, pour connaître la fin de l’histoire :)

(4) Bilan d’avril

Bonjour les loulous, c’est l’heure du bilan du mois d’avril ! Je profite de ce jour férié dédié aux droits des travailleur·ses (lol) pour rédiger ce billet car je n’en ai pas eu le temps jusqu’ici, entre deux salves de corrections du Phare. On balance Reanimation dans le casque, et c’est parti !

T’as fait quoi en avril ?

Le Phare

Je n’ai pas fait grand-chose de varié en avril car j’ai repoussé mes projets en attente pour laisser toute la place aux corrections éditoriales du Phare. Ce qui ne fut pas une mince affaire, mais pour une première, j’ai trouvé ça sympa. Rigolo. Instructif. Stressant, aussi, beaucoup. Là, ça change des relectures qu’on fait pour soi avant de balancer un bouquin chez Lulu : tout passe au crible et on remet en question chaque putain de phrase de son roman. Au moins. La chasse aux tics de langage a permis de supprimer des tas de vraiment, finalement, histoire de, j’ai pu vérifier ma chronologie (limite heure par heure) pour voir si ça collait, j’ai cru mourir de honte au moins une cinquantaine de fois en me rendant compte d’incohérences et d’invraisemblances un peu débiles. Bref, ce n’était pas triste. Étrangement, ça m’a réconciliée avec ce roman, que j’avais trouvé moyen et maladroit après l’avoir relu il y a deux ou trois mois sans que je sache pourquoi. Jean-Mi le syndrome de l’imposteur, sans doute, qui n’arrêtait pas de me dire que c’était de la merde. Maintenant, j’attends la deuxième passe de corrections.

En tout cas, j’ai vraiment hâte de vous faire découvrir tout ça : mon vieux phare, ces personnages que vous ne connaissez pas, et la couverture 💙 Je ne sais pas quand Critic commencera à en parler sur le net, je pense que ça ne tardera pas.

 

Des nouvelles de Midnight City

Il n’y a pas grand-chose de nouveau à propos du roman vagabond, qui se trouve toujours entre les mains de l’Agence Sélène.

Et le reste

J’ai un peu avancé sur le #ProjetFifou, mais pas beaucoup. Je compte d’ailleurs m’y remettre dès que le Phare est terminé : je dois écrire deux textes, mettre tout ça en page, et ce sera l’heure de la révélation. J’espère que ce projet un peu particulier vous plaira !

Il y a eu aussi une bonne semaine de papouillage de résine et de vinyle puisque j’ai revampé BJD et Monster High en début du mois. Si vous voulez voir le résultat, il y a la galerie des poupées sur le présent site, ainsi qu’un long billet sur le blog qui vous explique pourquoi je pense que le support de la poupée peut être féministe, illustré par pas mal de photos.

Et sinon, les textes courts du mois :

Sans compter que 600 jours d’apocalypse est paru en édition papier, et que vous pouvez le commander sur ma boutique. Le recueil comprend tout plein de nouvelles déjà publiées sur ce blog ou sur Wattpad, ainsi qu’un court roman inédit qui se concentre sur la vie de mon Lucifer. Pour en savoir plus, c’est ici.

Et en mai ?

En mai, après avoir terminé le Phare (c’est en bonne voie), j’escompte bien finir le #ProjetFifou, et vous le révéler. Ce sera ma priorité numéro 1. En parallèle, je dois encore reporter tout plein de notes pour de futurs projets, et reprendre dès le début la préparation de Sinteval (reprendre le flocon & élaborer le plan détaillé du roman) pour pouvoir commencer à l’écrire en juin ou juillet. J’avais prévu, d’ailleurs, de le publier en juin mais j’ai dû décaler pour pouvoir m’occuper du Phare qui est arrivé un peu en retard. Du coup, Sinteval sera dispo en septembre. C’est ma priorité numéro 2, ce qui m’occupera tout l’été.

 

Bref, le mois a été dense sur la fin avec les corrections du Phare. Je suis assez stressée et angoissée pour un tas de choses et j’ai hâte de me plonger dans la rédaction de Sinteval pour pouvoir évacuer tout ça. Écrire est devenu depuis deux ans une façon de tenir mes angoisses à distance, et j’ai un peu de mal à tenir le cap quand je me tiens éloignée de mes univers trop longtemps. Je pense aussi que la parution prochaine du Phare, qui se rapproche de plus en plus, me stresse en même temps qu’elle me ravit. J’ai un peu de mal à imaginer dans quel état je serai quand le moment sera venu XD

 

Pour finir, la photo du Chat :

À bientôt pour de nouvelles aventures !