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Onirography

Et les livres, alors ?

Voilà quelques mois, j’ai décidé de ne plus faire d’auto-édition.

Bon, en vrai, j’ai surtout d’arrêter de croire que je vends des livres. Ça m’a permis de retrouver beaucoup de tranquillité d’esprit. Vous n’imaginez pas à quel point.

J’ai été très déçue par cette expérience, pour être honnête. Peut-être que j’en ferai un bilan plus tard, histoire de faire tomber l’amertume (je me dis souvent que je ne dois pas être faite comme tout le monde puisque ça avait l’air si génial et si facile… De mémoire, je ne connais qu’une seule personne qui a laissé tomber). Bref, ça m’a gavée. Et moi, les trucs qui me gavent, je les vire. La vie est trop courte pour se prendre la tête.

(il va sans dire que cette ligne de conduite m’a sans doute fermé des portes – et en fermera d’autres à l’avenir. C’est comme ça, et je me suis fait une raison)

Bref. Depuis que j’ai décidé d’arrêter l’auto-édition et de reprendre la fabrication de bijoux (ils sont là, il en reste encore pleeeeein dans la boutique !), je n’ai pas arrêté d’écrire, loin de là. Je n’en ai pas l’intention, d’ailleurs. J’ai écrit depuis tout plein de petites histoires, ainsi qu’un roman ; dans les prochaines semaines, je m’attellerai à la correction de Clairvoyants, le tome 3 de TOWN.

Au départ

Je n’ai pas l’intention d’arrêter d’écrire, mais je me demande toujours quoi faire de ces textes. Parce que si je compte bien vous proposer de lire Clairvoyants, ainsi que Sinteval, la suite d’Elisabeta, je ne suis toujours pas décidée pour tous les autres livres que j’ai prévu d’écrire, ceux qui doivent poursuivre mon Grand Projet… Je vous avoue que j’envie celles & ceux qui écrivent pour eux-mêmes, sans intention de publier, parce que je n’en ai jamais été vraiment capable. Il a toujours fallu que je partage (mon rêve était d’être une écrivaine reconnue, si vous vous rappelez bien), je n’ai jamais écrit dans l’optique de garder ça pour moi. Encore plus aujourd’hui, puisque je vous ai montré mon histoire intérieure, mon multivers, mon journal intime romancée. Je vous en ai montré une partie, le premier tiers peut-être, et ce serait vraiment dommage que vous ne sachiez rien des deux tiers restants, que vous ne découvriez pas le fin mot de l’histoire. Surtout, il y a quelques personnes, peut-être une dizaine, qui lisent mes histoires depuis le début et je m’en voudrais de les empêcher de découvrir la suite (je vous aime, gens-qui-êtes-là-depuis-le-début). Alors, quitte à écrire pour soi, autant en faire profiter celles & ceux qui aiment vraiment mes histoires.

Mais ça n’a pas été évident de trouver comment.

(suite…)

Venah

En savoir plus : les bijoux de l’Onirographe

 

Venah était une sorcière, disait-on. Belle et sombre comme la nuit, elle vivait dans le désert du Centre, cette vaste région que tous les habitants de Kalir pensaient sèche et stérile. Ce n’était pas le cas, bien entendu, et personne ne connaissait l’origine de ces rumeurs ni les responsables de cette sinistre réputation qui arrangeait tout le monde.

Venah était une sorcière. Fille du peuple du Centre, elle marchait pieds nus sur le sable brûlant, dansait près des feux de camp, disait la bonne aventure aux explorateurs qui arpentaient le désert avec pour seule carte celle qu’offraient les étoiles. Les voyageurs tombaient amoureux de Venah, tous, car il suffisait de poser son regard sur elle pour que son image se grave à jamais dans les esprits.

Venah était une sorcière du Centre, reine en son palais de sable et de ténèbres. Celles qui possédaient son pouvoir étaient vénérées par leur peuple, et tuées lorsqu’elles se risquaient à entrer dans les cités de Kalir. L’on ne pouvait ignorer qui elles étaient : les habitants du désert, reconnaissables à leur peau sombre et à leurs cheveux noirs, n’étaient pas toujours les bienvenus mais les bourgmestres des villes les toléraient car on appréciait les marchandises qu’ils vendaient sur les marchés – épices, parfums, étoffes et métal, celui qu’ils utilisaient pour forger leurs armes. Mais les sorciers… Les sorciers étaient pourchassés, emprisonnés, exécutés. Sans la moindre pitié. On les identifiait grâce à leurs yeux rouges.

Et Venah était une sorcière aux yeux rouges, aux iris à la couleur exacte des perles de grenat qu’elle portait aux poignets, incarnat presque noir qui ne se révèle qu’au soleil. De fait, elle ne quittait jamais le refuge du désert, sa maison, car elle risquait sa vie au-dehors. Surtout, elle ne voulait pas s’éloigner du sable. La terre de ses ancêtres, le foyer de sa famille et de son peuple depuis des siècles.

— Ils me parlent, dit-elle. Ils me parlent et je les entends. Sais-tu que chaque grain de sable est un esprit ?

Elle est une vieille femme aujourd’hui, et elle s’adresse à Jacob. Son petit-fils acquiesce d’un air grave, avec tout le sérieux et la solennité qu’un enfant de cinq ans peut revêtir.

Tous deux se tiennent près du feu, sous les étoiles. Tous deux écoutent le chant serein du désert autour d’eux.

— Tu les entends, toi aussi, sourit Venah. Moi, je ne les perçois plus qu’à voix basse. Mais toi, bientôt… tu pourras converser avec eux.

Une cataracte avancée voile les yeux rubis de la vieille femme. Cela ne l’empêche pas de voir, dans la lueur des flammes, le regard étrange de Jacob. Son œil noir comme le ciel entre les étoiles, son œil rouge comme les siens.

 

(merci à Karine !)

La feuille volée d’Adria

En savoir plus : Les bijoux de l’Onirographe

 

De mémoire d’homme à Mahéra, seuls deux explorateurs revinrent de leur périple vers la mystérieuse forêt d’Adria : les maîtres Isarius et Cornélius. Tous deux partirent avec dans le cœur une volonté farouche de découvrir le monde qui les entourait, tous les deux entrèrent dans ces bois sans la moindre peur, et tous les deux gardèrent le secret de leur emplacement.

Tous les deux moururent du même mal étrange, qui remplaça leur sang par de la sève. Un pollen, disaient les médecins, les spores d’une plante dont ils ignoraient tout. Adria ne laissait pas s’échapper les imprudents qui pensaient l’avoir trompée…

Ce que l’histoire ne dit pas, c’est qu’un troisième homme avait réussi à s’évader de la verte prison et, comble de l’audace – ou de l’inconscience –, qu’il parvint à en rapporter un trésor, une preuve de son passage entre les arbres.

Une feuille de frêne.

Le vert le plus pur qui soit, la délicatesse même. Une feuille immortelle, qui ne se flétrirait jamais. L’homme dont on oublia le nom fit fabriquer un bijou autour de ce joyau vivant ; l’on coula la feuille dans l’or le plus fin pour le monter en collier. Un véritable chef-d’œuvre, qui avait sans doute plus de valeur que la couronne des rois de Mahéra.

L’impudent offrit ce présent digne d’une impératrice à sa femme, qui n’avait jamais vu pareille splendeur. Elle le porta durant des mois, avec la grâce d’une danseuse et la fierté d’un paon, comme si la magie d’Adria s’était infusée en elle. Elle rayonnait, disait-on.

Mais la grâce ne dura qu’un temps : son mari tomba gravement malade, frappé du même mal que les maîtres avant lui, et il mourut très vite. Le collier, lui, fut abandonné dans la boîte à bijoux de la veuve, oublié parmi les bracelets et les boucles d’oreilles qui paraissaient bien ternes à ses côtés, et personne n’en reparla.

Les années passèrent et avec elles, les membres de la famille : les trois fils du couple de malheureux disparurent les uns après les autres dans des accidents de carriole, et la fille fut emportée par une fièvre tropicale. La veuve mourut de chagrin. Les cousins et les cousines trépassèrent aussi, les oncles et les tantes, les adultes, les vieillards, les enfants… Bientôt, il ne resta plus personne et la famille s’éteignit, son nom s’évanouit dans les airs.

Ce n’est que bien longtemps après, lorsque l’on vint visiter la maison afin de la revendre avec ses biens, que l’on trouva le collier dans la boîte à bijoux. Le pendentif n’était plus qu’une carcasse en or dépourvue de pierre : la feuille s’était fanée, desséchée, et il n’en restait plus que de la poussière. Elle avait subi, à des centaines de kilomètres de là, le destin funeste de la forêt d’Adria qui, elle aussi, s’était endormie sans un bruit.

 

De nouveaux bijoux sont en ligne !

Et voilà, comme prévu dans un billet précédent, la deuxième partie des bijoux est en ligne et disponible à la vente ! Pour rappel, je n’avais pas eu le temps de tout préparer, j’ai préféré couper en deux. D’ailleurs, il en reste encore que j’ai choisi de garder pour plus tard (parce qu’ils ne sont pas totalement terminés, parce que je n’ai pas trouvé l’inspiration pour les histoires les accompagnant, parce que j’ai zappé de les prendre en photo…). La prochaine fournée de bijoux se fera sans doute après la rentrée, lorsque j’aurai terminé la correction du Phare.

En attendant, voici les nouvelles petites choses qui vous attendent dans la boutique !

Vous pouvez voir d’un coup tous les bijoux sur la page créée à cet effet (qu’ils soient vendus ou non), ou bien voir seulement ceux qui sont encore disponibles en allant directement dans la boutique. Les prochaines expéditions se feront lundi, alors n’hésitez pas à en profiter !

J’ai également terminé de revamper/ranger/trier le site, et de mettre à jour les pages d’informations. Je ne peux que vous recommander de les lire si vous voulez découvrir ma démarche, ou bien commander :

Maintenant que tout ça est terminé, je vais à présent pouvoir me consacrer à la correction du Phare… et lui trouver un titre digne de ce nom. À bientôt pour des news !

Quoi de neuf, Docteur ? (7) – Juillet

Punaise (des mots plus grossiers me sont venus en premier lieu), mais où est donc passé ce mois de juillet ? L’année dernière déjà, il a filé à toute vitesse (mais j’étais malade et préoccupée). J’ai l’impression de n’avoir eu le temps de rien ce mois-ci, alors qu’en fait, je n’ai pas arrêté. Par chance, il fait bon, presque frais, et les nuages sont de retour ces derniers jours.

Quoi de neuf en juillet ?

1 — Comme prévu, j’ai terminé le projet Lighthouse, alias le Phare breton, alias le Far breton. Un beau bébé de presque 650 000 signes (mon deuxième plus gros roman après Elisabeta) dans lequel il me tarde de replonger. J’ai eu du mal à le commencer, avouons-le : ce roman a été totalement improvisé, pas prévu, et écrit pour « des gens ». J’ai du faire connaissance avec deux nouveaux protagonistes (ainsi qu’un certain nombre de personnages gravitant autour), la rencontre n’a pas été évidente. De plus, j’ai été prise d’une envie de bijouter terrible impossible à me débarrasser, qui a précipité le retour des bijoux sur mon site, du coup la rédaction de ce roman a été chaotique. Mais j’ai vaincu. Et je suis contente de moi : le plan initial s’est considérablement développé, tout un tas de choses s’est greffé au texte, ce qui fait que je suis assez satisfaite.

2 — Comme prévu aussi, les bijoux sont enfin disponibles dans la boutique ! Enfin, une première moitié (la seconde arrive ce weekend) puisque je n’ai pas eu le temps de tout faire. L’idée de proposer des petites histoires avec les bijoux était chouette mais extrêmement chronophage… Pourtant, c’est un très chouette exercice pour 1) se connecter à la source même quand on n’est pas en période d’écriture et 2) pour développer et creuser des aspects inattendus de ses histoires. Bref, il me reste encore une dizaine de textes à écrire et de bijoux à entrer dans la boutique, rendez-vous ce weekend !

3 — Comme pas prévu, j’ai changé un peu le design du site (en fait, j’ai changé de thème car l’ancien devenait chiant à mettre à jour). Tout n’est pas parfait, il reste encore des trucs à régler, mais au moins, l’essentiel est là. J’ai déjà prévu d’écrire quelques billets (certains brouillons dorment depuis des lustres dans le blog) : sur la politique, mon refus de morceler les différents aspects de mon boulot (et par conséquent de ma propre vie), le test de la tablette reMarkable (ouiiiiii, je saiiiiiiiis)… mais ça risque de ne pas être pour le mois d’août. On verra si l’envie est au rendez-vous. En attendant, j’ai corrigé et augmenté pas mal de pages (mais ce n’est pas encore terminé) : À propos, l’autrice, le Grand Projet, le nom d’Onirography, les bijoux, Informations sur les bijoux, la FAQ, et la boutique, aussi.

4 — Je n’ai pas eu le temps de me plonger dans la correction de Clairvoyants, comme je le souhaitais le mois dernier. Les bijoux devaient être mis en vente à la rentrée, pas ce mois-ci, ce qui a provoqué un décalage de mon planning, et ce n’est pas terminé… Pourtant, j’étais motivée (je le suis toujours), j’ai reçu toute une liste de réajustements intéressants et indispensables de la part de coupine Sophie qui a encore bien voulu me donner son avis sur le premier jet du roman (encore une fois, grâce lui soit rendue), donc ça devrait bien se mettre (en retard).

 

Et sinon, en juillet, il a eu aussi : l’anniversaire de la disparition de Chester et un autre anniversaire un rien amer, le jour où j’ai réalisé que j’en faisais trop, le retour de ma passion pour le #DirectAN avec l’affaire Benalla (qui retombe, je suis déçue), un kouign-amann raté, un groupe sur FB, cette photo de la Coupe du monde

(suite…)