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L’attrape-rêves

Texte court : Océan

En savoir plus : Les bijoux de l’Onirographe

 

Je ne sais plus quel jour on est. Mais je ne crois pas qu’une quelconque date revête la moindre importance dans mes rêves. Où je me situe sur la ligne du temps, si ce n’est sur une ligne trop droite  ?
La seule ligne que je veux voir, c’est celle de l’horizon. Là où le bleu du ciel se confond avec celui de l’océan. Le bleu dans les yeux de Fañch, qui rit près de moi à une vanne que je ne me souviens pas avoir faite. Tant pis.

Nous sommes tous les deux assis face aux vagues, les pieds nus plongés dans le sable chaud, et le goût du sel piquant la langue. Fañch garde le sourire, le regard perdu dans le lointain. Chaque fois que je le vois dans mes rêves, il est habillé comme lorsque nous nous sommes croisés dans cet immeuble désert juste après le début de la fin du monde  : son treillis kaki, son t-shirt avec le logo d’Archive, ses vieilles baskets délavées. Mais ici, il me paraît infiniment plus heureux, bien plus que dans le vrai monde.
Nous sommes comme deux naufragés de l’Apocalypse, réfugiés dans nos songes. Le ciel est si bleu, l’air est si doux, la musique des vagues est si apaisante… pourtant, nous restons fidèles à nous-mêmes, amaigris et sales, les ongles noircis par la cendre.
La tête pleine de cauchemars. Le tic tac de l’horloge, qui résonne sans fin dans nos esprits.
Non, Lili. Le temps n’a pas cours dans tes rêves.
Seuls comptent le sable, et la quiétude de l’océan, et la présence de Fañch.

 

600 jours d’apocalypse

  • Non classé
  • Déc 23, 2018

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Lulu – Amazon


RECUEIL DE NOUVELLES / TOWN HS 1
Date :
2019
Edition :
OniroProds
Genre :
fantastique, post-apo
Pages :
294 pages
ISBN :
978-2-490040-07-0
Prix :
19 €
  Univers : Town

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Résumé

Les anges ont parlé, et le Ciel s’est ouvert.
La Terre n’a pas résisté à la terrible lumière qui a traversé les nuages  ; l’Apocalypse a tout dévasté sur son passage, réduisant en cendre les villes et les êtres vivants.
Les survivants, eux, doivent se frayer un chemin dans les ruines et la poussière, entre les balles des anges et les hordes de fantômes qui ne parviennent plus à quitter notre monde. L’espoir chevillé au corps mais conscients de la fin qui vient, ils avancent à marche forcée à la recherche d’un abri ou d’un miracle qu’ils ne trouveront jamais.
Car il ne reste plus que six cents jours, et pas un de plus. Six cents jours avant la fin du monde, la destruction de la réalité, le bout de la route.

600 jours d’apocalypse est un recueil de récits qui complètent les romans de la série TOWN. Le livre comprend le court roman inédit intitulé Mille chutes.

Infos

600 jours d’apocalypse est un recueil de plusieurs nouvelles & un court roman qui complètent la série TOWN et qui se concentrent sur certains personnages pendant l’Apocalypse. Ces récits sont tous indépendants et ne se suivent pas, ils peuvent donc être lus dans l’ordre que l’on veut ; ils ne sont pas non plus indispensables, mais permettent de découvrir plus de détails et de développement autour de la série. La lecture de ce recueil est recommandé avant la lecture du tome 3 (Passeurs) ou après le tome 4 (Clairvoyants). Dans tous les cas, il vaut mieux avoir lu au moins le tome 1 (Tueurs d’anges).

Ces nouvelles sont disponibles sur Wattpad, sur le blog (voir liste ci-dessous) et dans un ebook gratuit, à l’exception de Mille chutes. L’ebook à télécharger se présente sous la forme d’un .zip dans lequel se trouve le texte en trois fichiers : .epub, .mobi et .pdf. L’ebook est en libre accès : vous pouvez le télécharger et le diffuser, mais ne pas en revendiquer la paternité ni les commercialiser.

 

Les nouvelles :

  • Photo de couverture : Nastya Kvokka (Unsplash)

Les bijoux de l’Onirographe

  • Non classé
  • Août 5, 2018

VERSION NON CORRIGÉE
Genre : fantastique / fantasy
Date : 2018
Recueil en ligne de très courtes nouvelles

Lire sur le blog

 

Résumé

Au cœur d’une très grande ville aux tours de pierre crevant les nuages se cache l’atelier singulier d’une créatrice non moins singulière. On l’appelle l’Onirographe. À l’aide de métal, de pierres et d’encre, elle tisse ses rêves pour en faire des histoires et des mondes…

Infos

Les bijoux de l’Onirographe sont un recueil de tous petits textes inspirés par les bijoux que je crée dans ma boutique. Chaque bijou est accompagné d’une histoire très courte développant des personnages, des lieux ou des situations qui apparaissent dans mes livres. Les textes ne se suivent pas et peuvent être lus indépendamment, et sont publiés au rythme d’un par semaine.

 

Sommaire

 

Les égrégores de Victoria St. John

  • Non classé
  • Août 5, 2018

Genre : fantastique / fantasy
Date : 2018
Recueil en ligne de très courtes nouvelles

Résumé

Dans son monde onirique, Victoria St. John collecte souvenirs et rêves, des égrégores oubliés qu’elle entrepose dans sa tour.

 

Lire sur le blog

Infos

Les égrégores de Victoria St. John sont un recueil de tous petits textes réunis autour du personnage de Victoria, mentionnée dans le roman Il neige sur Érèbe. Les textes ne se suivent pas et peuvent être lus indépendamment, mais il faut toutefois lire le premier pour aborder les autres. Pour en savoir plus : les histoires courtes sur le blog, un billet explicatif.

 

Sommaire

1 – Les égrégores de Victoria St. John
2 – L’horloge d’Abraham
3 – Les pages amères
4 – Ihato
5 – Reanimation
6 – Vaisseau de verre
7 – Un bracelet de turquoise
8 –

Texte court : Reanimation

En savoir plus : Les égrégores de Victoria St. John Lire le 1er épisode

 

[TW : suicide]

Saul a la particularité de voir plusieurs futurs probables au présent qu’il est en train de vivre.

Mais en rêve, seulement en rêve.

Réveillé, il lui est impossible d’entrevoir ce qui pourrait bien se passer – là, par exemple, dans combien d’avenirs se planterait-il en voiture, alors qu’il roule à près de 150 km/h, de nuit, sur cette autoroute déserte  ? C’est le genre de question qu’il se pose quand son esprit hyperactif n’est pas occupé. À cet instant, il aurait donné n’importe quoi pour se trouver ailleurs. Pas dans cette bagnole, pas sur cette route, pas ce jour, ni cette année, ni même ce monde.

Ailleurs. Dans un monde parallèle, dans lequel Olivia aurait répondu à son coup de fil au lieu de ne pas décrocher et de laisser son téléphone sonner dans le vide à n’en plus finir.

Dans son rêve cette nuit, c’était elle qui l’appelait. Voix lointaine et hachée qui ne parvient plus à articuler les mots. Les syllabes qui s’érodent, s’essoufflent et se perdent.

Saul, j’ai fait une connerie.

En se réveillant, il a attendu en vain le coup de téléphone. Et comme elle-même ne répondait pas lorsqu’il a tenté de la joindre, il a compris que le futur en cours était peut-être celui qu’il redoutait le plus. Il a alors sauté dans sa voiture et a roulé sans regarder le compteur, craignant à chaque instant d’arriver trop tard.

Il existe des dizaines de futurs possibles pour Olivia, et pour lui-même, et chaque personne présente sur cette Terre. En général, Saul ne se risque pas à y jeter un coup d’œil  ; il refuse de se laisser porter par le courant de ses rêves, parce que ce sont toujours les vagues menant à la mort des autres – ou à la sienne – qui s’avèrent les plus faciles à emprunter.

Tu as fait quoi  ? a-t-il demandé à Olivia.

Elle n’a pas répondu, mais il a deviné qu’elle avait, encore une fois, avalé trop de médicaments.

Appelle le SAMU, a ordonné Saul. Raccroche et appelle-les.

Elle a raccroché, mais il ignore si elle lui a obéi. Ce qui n’a pas d’importance, puisqu’il s’agissait d’un rêve, d’un futur qui ne se produira pas.

Et si elle était partie bosser et avait oublié son téléphone ? songe Saul.

Dans le pire des cas, il se serait planté et elle pourra se foutre de lui. Saul l’espère, d’ailleurs. Il espère se faire du souci pour rien, et qu’elle n’essaiera pas de mettre fin à ses jours comme il l’a vue si souvent dans ses rêves – mais aussi dans le vrai monde. Elle l’a déjà fait plusieurs fois, elle l’a déjà tenté. Malheureusement, Saul connaît trop bien la portée de ses songes pour imaginer se tromper…

Il ne parviendra pas à arriver avant qu’elle ne prenne ces médicaments, il vit bien trop loin.

Personne n’est jamais là quand je réalise que je me suis loupée, lui a-t-elle confié un jour. Personne n’est là quand je me réveille.

Si quelqu’un est présent pour une fois, cessera-t-elle de croire qu’elle n’a aucune place dans ce monde  ?

Au moment où Saul formule cette pensée, P5hng Me A*wy démarre dans sa playlist aléatoire, son titre favori de Reanimation. Foutu coup du hasard. Qui sait que son chanteur se suicidera dans quelques années  ? C’est l’une de ses nombreuses prédictions, un futur possible qui se répète à l’infini, de ceux qu’il aimerait effacer de son esprit. Certaines personnes n’ont pas d’autre destin, semblerait-il, que de s’ôter la vie. Et beaucoup d’entre eux en ont parfaitement conscience, ce qui les conduit toujours à cette extrémité, comme une prophétie auto-réalisatrice.

Et Olivia en fait partie.

Les avenirs dans lesquels elle s’en sort s’avèrent bien trop rares  ; dans tous les autres, elle disparaît. Saul espère que ce futur qui s’annonce ne sera pas de ceux-là.

Il se raccroche à un autre avenir possible, celui dans lequel il patiente dans la sinistre et froide salle de réanimation, attendant qu’Olivia ouvre les yeux pour lui montrer que quelqu’un est là, présent pour elle lorsqu’elle émergera de ce coma provoqué par les médocs. Un monde dans lequel elle s’en tirera, l’esprit encore endormi, la mémoire en lambeaux, mais pas seule, pas cette fois.

Changement de piste.

Une étrange image passe par la tête de Saul, qui ne peut s’empêcher de sourire malgré son angoisse. La vision de Victoria déposant le CD sur l’une des innombrables étagères de sa tour, disque argenté brillant de mille couleurs dont la jeune femme ne peut comprendre l’usage.

La tour. Le visage pâle de son aïeule. Les centaines d’égrégores poussiéreux, oubliés depuis des années.

La tour dans son rêve.

Ce rêve.

Saul ouvre les yeux. Dehors, l’orage gronde – voilà quelque chose qu’il n’avait pas vu dans le songe dont il vient de se réveiller. Mais tant pis  ; cette fois, il n’attendra pas le coup de téléphone d’Olivia.

À peine une demi-heure plus tard, il démarre sa voiture et s’élance sur la route pour tenter d’arriver à temps.

 

 

(bannière : photo par Brittany Gaiser, modifiée par l’autrice)