
L’une des choses qui m’énervent le plus, et ça concerne les autres en plus de me concerner moi, c’est lorsque l’on dit qu’on va faire quelque chose et qu’on ne le fait pas. Je ne compte plus le nombre de personnes que je suis sur les RS depuis des années qui annoncent des projets de ouf et dont on ne voit jamais la couleur. Peut-être parce que j’ai comme règle n°1 de toujours terminer ce que j’ai commencé… mais en même temps, je ne suis pas infaillible non plus.
Ces dernières semaines, j’avais décidé de faire plein de choses, avec l’espoir de réussir enfin à trouver un équilibre dans ma tête chaotique (voir mes deux articles de blog précédents). Travailler de nouveau sur un projet de roman, écrire plus souvent sur mon blog pour en faire le lieu central de ma communication, lancer enfin mon Bluesky… Enfin de compte, seule ma boutique a occupé la majeure partie de mes pensées — peut-être parce que je relançais tout de A à Z et que j’avais des collections à mettre en vente.
J’ai bien aimé cette période : me concentrer uniquement sur quelque chose qui fonctionne à peu près, fabriquer des trucs de mes mains, ne pas avoir à réfléchir. Le problème, c’est que je ne reconnaissais pas mes pensées.
Voilà un mois et demi maintenant que j’ai commencé le fameux antidépresseur mentionné dans mon billet précédent. Ce fut miraculeux, sans exagérer : j’ai ressenti un mieux être presque tout de suite, en dépit des effets secondaires, et j’ai eu l’impression de revivre. Mon anxiété et mon irritabilité ont presque disparu, à l’exception de quelques jours un peu moins bien ; les effets secondaires, les insomnies en premier lieu, sont en train de s’améliorer. Cerise sur le gâteau, cela m’aide pour poursuivre la thérapie cognitive & comportementale que je suis pour travailler sur mon anxiété et ma phobie des insectes (en revanche, je me serais bien passée d’apprendre qu’un antidépresseur qui fait effet aussi vite n’est pas bon signe — je vais devoir creuser le sujet avec un psychiatre, et on s’aventure vers les troubles de l’humeur et de la personnalité, mais ça, c’est une autre histoire).
Bref, ce serait presque parfait si j’arrivais effectivement à rediriger le flot de mes pensées vers des sujets qui m’intéressent, plutôt que de jouer de la musique en permanence et résonner dans le vide.
Malgré cette amélioration de mon moral, j’ai eu toutes les peines du monde à retrouver l’énergie créative dont je bénéficie d’ordinaire. Impossible de me concentrer sur mon projet de roman, par exemple : je n’arrivais pas à rester focus dessus, je ne trouvais pas encore l’énergie ni l’envie, et il m’a fallu plusieurs semaines avant de réussir à m’y remettre. Même chose pour le blog, pour Bluesky, et même pour l’Insta de Rue de Minuit, alors que je dois être présente en story. En fait, tout ce qui sortait de la fabrication des bijoux n’existait pas.
Ça m’a ennuyée au début, car je redoute depuis très longtemps de perdre mon mojo. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai mis si longtemps à accepter de demander de l’aide (médicamenteuse), puisque je sais que ma source créative est liée à mon mental : je ne crée jamais mieux et jamais plus que lorsque mon état est « hight« , ce qui signifie aussi que je peux être speed, irritable, et que cela m’épuise (tout en épuisant les autres). Mes fluctuations d’humeur et mon hypersensibilité font que je suis capable de déplacer des montagnes mais le revers de la médaille, c’est que je ne suis pas stable.
Or, la stabilité, j’en ai plus que besoin. Et ça fait deux ans que je suis prête à sacrifier ma si précieuse créativité pour éviter de me perdre dans mes tempêtes. J’ai eu peur, le mois qui vient de s’écouler, que le moment soit venu.
Finalement, les choses s’arrangent. La fatigue en journée s’est estompée en premier, les insomnies suivent, donc. Tout n’est pas rose puisque certains effets secondaires ne disparaîtront pas, mais c’est un prix acceptable à payer pour le moment. Il a juste fallu attendre un peu pour que mes pensées se remettent en place. Et forcer le destin.
Avec les années, je sais que l’imagination et l’inspiration sont des muscles et qu’il faut les exercer. Je ne suis jamais autant inspirée pour mes romans que lorsque je travaille sur l’un d’eux (le plus drôle étant que j’ai des tonnes d’idées qui me viennent pendant ce temps-là, mais pour d’autres projets), et donc je me suis dit : « trust the process« .
Il fallait juste relancer la machine. Et cette machine, c’est comme un diesel, elle a besoin de tourner un peu pour rien au début avant de trouver sa vitesse de croisière.
J’ai changé l’organisation de mes journées pour sanctuariser de nouveau une heure consacrée à l’écriture et je me suis forcée à plonger dans ce projet, à savoir Loiseau (toujours un nom de code — j’ai peut-être trouvé le titre définitif, d’ailleurs). Il fallait repartir de zéro : reprendre toutes les notes préliminaires, la structure, les personnages. C’était un poil décourageant, et très motivant aussi, et peut-être que ça m’a aidée à m’élancer. J’avais pas mal de soucis lorsque j’ai travaillé la première fois sur ce roman, il y a quelques mois (j’avais d’ailleurs laissé tomber pour aller sur un autre projet, lui aussi abandonné en cours de route), et cette remise à plat m’a permis de mieux appréhender mes personnages (surtout l’héroïne) et de mieux comprendre ce qui s’y passe.
Et ensuite, la machine s’est effectivement remise en route : tout est devenu plus facile.
Bien sûr, tout reste encore à faire puisque préparer un roman prend beaucoup de temps (chez moi en tout cas), en particulier lorsqu’on a seulement une heure par jour pour ça. L’écriture, n’en parlons pas. Mais j’apprends encore à travailler sur le long terme, alors je ne me fais pas trop de soucis. J’ai réussi à gérer ça tout en m’occupant de ma boutique (avec deux nouvelles collections à fabriquer, mettre en vente et promouvoir) et en terminant la grosse formation commencée il y a des mois sur l’entreprenariat artisanal, ainsi qu’en préparant 2027. Tout s’arrange, quand on est patient !
Maintenant que la formation et le planning de 2027 sont finis, je vais pouvoir reprendre mon blog en main, ainsi que mon Bluesky… et mon compte Instagram d’autrice. Pas comme avant : je n’ai plus le temps de maintenir cette présence sur les RS alors que je dois me consacrer à fond sur la boutique. Mais je tiens quand même à relancer ça, même à rythme réduit, parce qu’une grosse actu se profile et que je veux pouvoir partager ça avec vous. J’en reparlerai !
