Et puis un jour, tu lâches

J’ai pris la décision d’éteindre mon compte Insta, et apparemment, c’est assez important pour que j’en fasse un billet sur ce blog.

Ça l’est, en vrai. Je traîne ce compte depuis plus de dix ans, il a porté mes différentes transformations en passant de « compte personnel pour le fun parce que je venais d’avoir une tablette et que je pouvais enfin me créer un compte sur Insta » à « compte pro pour vendre mes livres » et de retour à « compte perso dont je ne sais plus vraiment quoi faire ». Il a vu toutes mes lubies, mes envies, mes différentes activités, l’arrêt complet du dessin et le début de la professionnalisation ratée de mon métier d’autrice. C’est un vrai album photo, avec les légendes qui l’accompagnent et les sensations qui vont avec.

Et maintenant, il m’encombre.

C’est une constante depuis toujours, je n’arrive pas à tenir deux comptes sur un même réseau social. Du coup, comme je priorise le compte de Rue de Minuit (pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de ma source de revenus principale), je délaisse celui d’Oniro. Pire, chaque lundi, alors que je prépare mes posts de la semaine suivante, je galère comme pas possible à trouver quoi dire sur Oniro.

Je pourrais bien sûr décider de ne rien poster quand je ne suis pas inspirée, mais justement, le problème est là : je ne suis vraiment inspirée que lorsque 1) j’y suis obligée par mon planning et 2) je suis totalement impliquée. Et le souci, c’est que je ne suis plus impliquée.

Je n’ai plus envie de parler que de mes livres, puisque je ne cherche plus vraiment à les vendre. Et en dehors, je ne sais pas quoi raconter de plus. Le format d’Instagram est contraignant, avec ses images à remplir et sa légende trop courte ; comme j’ai décidé de rouvrir mon blog, ça fait souvent doublon avec ce que j’ai envie de raconter sur ledit blog (tout en ayant peu de place, donc). Et puisqu’il est très difficile de se détacher de l’algorithme et des statistiques, même en postant en mode YOLO, la pression des chiffres et de la visibilité est toujours là. Quant à la spontanéité des stories, n’en parlons pas : je mets déjà toute mon énergie pour être à peu près présente sur Rue de Minuit, ne me demandez pas de le faire en plus sur Oniro.

Bref, ça m’ennuie depuis des mois. Et depuis des mois, je pense ni plus ni moins qu’à fermer ce compte. Donc acte. C’est pour moi carrément la fin d’une époque. Les réseaux sociaux me lassent depuis des années et j’arrive enfin à lâcher prise.

Et la suite ?

Je ne vais pas vraiment le fermer, à dire vrai, mais seulement l’éteindre : ne plus y poster, le mettre en privé, ne plus me connecter dessus. Ce serait dommage de le supprimer alors qu’il y a toute cette archive perso/pro dedans (archive qu’il faut que je récupère mais je n’ai pas encore regardé comment). Comme ça, je pourrai me concentrer sur Rue de Minuit qui, lui, continue sa route pépouze.

Le souci là-dedans, c’est que sans réseau social, je n’ai plus de canal afin de vous tenir au courant de mes actus. Il y a certes le blog (que je n’alimente vraiment pas assez, mais sans Insta à penser, ça devrait être un peu plus facile) et la newsletter (très rudimentaire, ce n’est plus qu’un relais), mais niveau découvrabilité, ça se pose là, sans compter qu’il y a des réfractaires au flux RSS ET aux mails (sérieux, vous, vous êtes chiants).

Et bizarrement, oui, j’ai toujours envie de vous tenir au courant de ce que je fabrique. Parce que je publie toujours, même si le rythme est plus lent, et je n’ai pas encore décidé d’écrire mes bouquins rien que pour moi (dans ce cas-là, c’est simple, je ne les écris même pas, en vrai). Le Grand Projet n’est pas terminé, ce serait dommage de vous laisser en plan sans la fin de l’histoire, non ?

Donc j’ai décidé de rouvrir un Bluesky pour remplacer Insta.

Alors oui, j’ai fait ça il y a quelques mois et ça m’avait saoulée, exactement pour les mêmes raisons que ça me saoule de tenir deux comptes Insta en même temps : Bluesky faisait doublon avec Insta (plus précisément, les stories faisaient doublon). Là, comme il s’agit de deux réseaux différents, avec des fonctionnements très différents, une cible différente… Ça devrait le faire, non ? Et puis, je ne compte rien planifier sur Bluesky, seulement balancer des trucs plus ou moins sans intérêt, comme ça me chante (dont, oui, parler de mes bouquins et de mes avancées).

Je n’ai pas la moindre idée de si ça va marcher ou pas. Si ça se trouve, vous me reverrez bientôt rallumer Insta et dire « hey coucou, en fait ça ne fonctionne pas, on recommence ? » mais je ne crois pas.

Enfin voilà, je vais tester ça. Dans le cas où il n’y aura vraiment plus rien à faire, je resterai sur mon blog et ma newsletter… et tant pis pour la découvrabilité ? Pour être honnête, j’ai un peu perdu l’envie de trouver de nouveaux lecteurs pour mes livres. C’est déjà assez compliqué avec les bijoux, alors des romans auto-édités un peu chelous, totalement en dehors des tendances et qui en plus forment une seule et même longue histoire, comment dire… C’est mission impossible ?

C’est mieux comme ça, je pense. Peut-être qu’il s’agit de résignation, mais je suis soulagée de ne plus avoir à me battre pour faire exister mes livres. Les ventes du tome 3 de Marcheurs de rêves sont catastrophiques et ça ne me dérange pas plus que ça, et oui, je sais bien que j’ai lâché, que j’ai abandonné mon rêve, mais ça fait déjà longtemps que je savais qu’il ne se réaliserait pas, alors maintenant, je n’ai plus qu’à aller au bout de mon histoire. Ce sera ma plus grande réussite.

Si vous voulez me suivre sur Bluesky, c’est par ici !

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