Un petit post en guide de journal de bord, ça vous dit ?
Dans le sable du désert
En ce moment, je travaille toujours sur Brume. Chapitre 10, 266 000 signes, ça avance à son rythme, mais ça avance.
La question du rythme me préoccupe, ceci dit. Je sens que je suis moins impliquée dans ce texte : n’y passer qu’une heure par jour, c’est vraiment trop peu pour m’y immerger totalement, comme je le faisais avant, et ça se perçoit à la relecture. Ce n’est pas vraiment gênant puisque tout ça sera amené à être révisé et corrigé, mais j’aime bien avoir un premier jet correct. Je suppose que je dois m’y faire.
Ce qui est sûr, c’est que j’ai quand même décidé de m’accorder une petite pause afin de relire ce qui a été rédigé jusqu’ici, et le réviser. Je ne fais jamais ça, d’ordinaire : je préfère terminer le texte d’un jet, et le découvrir une fois qu’il est fini. Et surtout, ne pas chercher à l’améliorer alors qu’il n’est achevé. Mais là, j’ai senti nécessaire de prendre du recul. Je bosse dessus depuis début juin, je n’en suis encore qu’au chapitre 10 alors qu’avant, je l’aurais déjà fini… Oui, j’ai besoin de prendre une pause.
Du coup, je relis ces 10 premiers chapitres et j’y vois déjà quelques pistes de correction, ce que je vais faire tout de suite. Amélioration du comportement des personnages, meilleures explications sur l’univers, changements dans certains concepts… Comme ça, hop, une fois ce travail fini, je pourrai repartir sur de bonnes bases. Et je ferai une autre pause au chapitre 20.
Ce n’est qu’une rustine, de toute façon. J’ai vraiment du mal à rester motivée sur ces projets qui prennent trois à quatre fois plus de temps qu’avant, et ça m’ennuie vraiment. Depuis 15 ans que j’écris, j’ai tenté plusieurs fois de changer ma façon de faire, et ça n’a jamais fonctionné… et j’ai peur que là aussi, ça ne fonctionne pas.
Mais est-ce que je peux pour autant décider de prendre un mois pour écrire mon roman, au détriment du reste ? Je ne peux pas mettre ma boutique en pause ; et même si je me l’accordais, je devrais quand même continuer à gérer ma communication, ce qui prend un temps considérable dans mon emploi du temps. Sans compter tout le reste, les douleurs dans les mains et les épaules dès que j’écris plus d’une heure, la phase de correction qui prendra elle aussi plus de temps qu’avant, le stress que l’écriture m’occasionne malgré tout…
Bref, c’est pénible de ne pas réussir à bosser comme avant.
Quoi qu’il en soit, j’aime bien mon texte pour le moment, même s’il n’est pas aussi inspiré que les autres. J’aime énormément mon univers : j’ai imaginé la cité d’Atlacoaya il y a si longtemps qu’elle m’est maintenant très familière, et peu à la fois, puisque je découvre ses recoins avec curiosité. Mes personnages aussi me plaisent beaucoup, en particulier Brume, mon héroïne. Là encore, il y aura énormément de travail à faire, puisque je sens mes personnages un peu bancals — mais bon, c’est de la caractérisation, en général je m’en occupe à fond une fois le texte terminé.
J’ai également pris la décision de rajouter les chapitres retirés du plan au dernier moment. Il s’agissait de chapitres du point de vue des antagonistes, que je trouvais « en trop ». Finalement, je trouve qu’ils manquent, dans ce que j’écris actuellement. Il n’y en aura pas beaucoup mais ils permettront de mieux cerner les motivations de mes « méchants », des motivations très actuelles, vous verrez. Je ne m’en préoccupe pas beaucoup puisque je les écrirai une fois le premier jet terminé.
Dans les archives du Grand Projet
Sinon, en parallèle, je travaille sur le wiki du GP. Je le fais un petit peu le matin, lorsque je suis trop groggy par ma nuit pour faire autre chose : j’ajoute quelques passages, je crée des pages…
J’ai bien avancé sur celle de Virgile, par exemple, en ajoutant plein de détails sur sa biographie (quand il était mortel, ainsi que ses premières années dans le Cercle). Je me suis rendu compte que j’allais devoir relire tous mes livres si je voulais éviter les erreurs, une chose que j’ai déjà commencé puisque je relis déjà Elisabeta en diagonale. Dans un carnet, dès que je trouve une info qui me paraît utile (backstory, motivation, etc), je la note, et je reporterai tout ça ensuite dans ma base de données chronologique, ainsi que dans le wiki.
Cette première « vraie » fiche au sujet de Virgile m’a permis de me rendre compte combien j’étais désinvolte lorsque j’ai écrit mes livres. J’ai une fâcheuse tendance à ajouter des éléments de backstory sortis du chapeau pendant que j’écris mes romans, des trucs que les personnages disent à d’autres, des infos qui permettent de les rendre plus intéressants, plus vivants, mais ensuite, je ne les reporte pas dans mes bases de données. Puis, j’écris un autre livre avec les mêmes personnages, je fais la même chose mais sans vérifier, et je me retrouve avec des incohérences.
Avec Virgile, j’ai passé un temps à me dépatouiller sur ses premières années d’immortel : j’ai dû faire des recherches dans trois romans (Elisabeta, Sinteval, Lettres de sang) avec des mots clefs précis pour trouver les différents éléments de sa vie et essayer ensuite de les démêler, puisque les dates ne correspondaient pas. Résultat, j’ai dû ensuite modifier certaines dates de ma base de données chronologique, des dates qui étaient pourtant verrouillées et qui ne devaient pas changer.
Certes, ça ne change rien pour les lecteurs, puisque vous n’avez pas accès à cette base de données (et que les dates en question n’étaient mentionnées nulle part dans les romans), mais un jour, je vais me retrouver avec des incohérences plus ou moins grosses que je ne pourrai pas corriger puisqu’elles sont dans les textes en eux-mêmes, et là, j’aurais l’air d’un clown.
Enfin voilà, il faut absolument que je sois plus rigoureuse dans la conception de mes histoires, et surtout que j’ajoute tous les éléments déjà parus dans mes bases de données, afin d’en avoir une trace. C’est à ça que le wiki sert, en tout cas pour moi. Le problème étant que le travail est titanesque, et que si je m’en occupe toute seule, ça va me prendre des années.
(du coup, si vous voulez participer, lisez ce billet !)
Mais bon, ça va être fun quand même ! J’ai tout de même bien aimé me plonger dans la vie de Virgile pour rédiger cette fiche. J’ai hâte de commencer celle d’Oxyde !
