Écriture au pays des sables

Voilà qui faisait longtemps que je n’avais pas écrit de billet de blog pour parler de mes projets en cours. Après tout, c’est à ça que ça sert, un blog, non ? Le souci, c’est que j’ai toujours un peu de mal à écrire dans le mien, à cause d’Instagram : comme je dois trouver des idées pour alimenter mon compte perso, et que je n’en ai pas beaucoup, je me concentre plus dessus que sur mon blog alors qu’en fait, je pourrais totalement faire des doublons. Ce post Insta vous intéresse ? Allez lire la version longue sur mon blog !

J’ai sérieusement envisagé de supprimer mon compte Insta perso l’autre jour. Je ne l’ai pas fait pour deux raisons : il n’y a plus aucune découvrabilité en dehors des réseaux sociaux, et j’ai toujours envie que vous soyez au courant de mes petites bidouilles livresques (ou autre). Et puisque plus personne n’utilise les flux RSS… Je le garde, donc. C’est plus un petit boulet qu’autre chose, mais je le garde quand même.

Bref, à l’origine je n’étais pas venue pour parler de ça, mais d’écriture. Qu’est-ce qu’elle fabrique dans son coin, tata Roro, en ce moment ?

Elle écrit. Elle a commencé son projet de fantasy dont le titre de travail est Brume, et elle s’amuse.

j’ai eu du mal, pour tout vous dire. Comme je n’ai pas l’habitude d’écrire de la fantasy, j’ai pas mal galéré sur le worldbuilding, ainsi que mon système de magie (les deux étant liés, bien entendu). Pourquoi ? Il faut se rappeler que ce roman fait partie du Grand Projet, alors il a fallu que je fasse très attention à ce qui le constitue, à respecter les règles fixées dans mes précédents projets, même si ceux-ci se passent dans notre monde.

Du coup, j’ai eu du mal. Mais j’ai vaincu !

Brume est un très vieux projet, en réalité, sur lequel j’avais déjà passé beaucoup de temps sur le worldbuilding. À l’époque, Atlacoaya, la cité au milieu du désert que vous avez peut-être déjà croisé par-ci par-là, n’existait pas encore, je l’ai ajoutée bien après, mais les personnages, eux, étaient déjà là.

J’ai également eu pas mal de difficulté à réussir à commencer la rédaction de ce roman. Le début ne m’inspirait pas du tout ! Je ne savais pas exactement par quoi commencer, ce qui m’a donné l’impression d’une histoire molle et pas intéressante. Je me suis creusé la tête jusqu’à la veille du début de l’écriture pour trouver la scène d’introduction ; et heureusement, j’ai fini par trouver. Mais quel casse-tête !

Il fallait aussi composer avec mon changement de rythme d’écriture. L’idée de n’avancer qu’à coup d’une heure par jour me démotivait particulièrement, puisque le texte prendrait trois à quatre fois plus de temps pour être terminé par rapport à avant, à mon précédent rythme, et ça me déprimait un peu. Le pire, c’est que ça fait un an que c’est comme ça, puisque je commençais le tome 3 de Marcheurs de rêves au même moment l’année dernière. Il faut croire que je ne me suis pas encore habituée.

En fin de compte, j’arrive tout doucement à 150 000 signes, soit au début du chapitre 5 (il y en a une vingtaine). J’ai réussi à me mettre dedans, et, mieux que ça, je surkiffe mon héroïne. Brume est très différente de mes autres héroïnes : elle est plus âgée, plus décidée, plus résistante, et j’adore la voir évoluer à travers son univers. Cet univers qui, lui aussi, change de ce que je propose d’ordinaire : on voyage à travers un royaume qui subit les affres de son climat (aride) et dont une partie de la surface se trouve dans un désert brûlant où on ne peut même pas vivre de jour selon les périodes de l’année. C’est un dépaysement que j’aime beaucoup — alors que je ne suis pas très fan des ambiances désertiques, en tant normal.

Mais cet univers est inspirant. C’est une planète où 95 % de sa surface est devenue inhabitable à cause de ce que l’on nomme l’oxide, une substance inconnue qui ronge l’eau, la végétation, la vie elle-même, et qui provoque des dérèglements climatiques si intenses que la population de ce monde est en train de disparaître. Il ne reste plus que la zone dans laquelle se passe le livre, qu’on appelle l’Ancien Nord. Pour pallier à ces catastrophes en série, le gouvernement théologique en place, la Sphère, envoie des alchimistes itinérants pour donner de l’eau, de la nourriture et des soins aux populations, mais avec le temps, les lois changent, la Sphère devient plus autoritaire, et même les alchimistes ne peuvent plus faire grand-chose.

C’est dans ce contexte que Brume, elle-même alchimiste, décide de déserter, après avoir enfreint les règles pour tenter de sauver des gens en péril. Et pour échapper à la Sphère, elle s’engage dans la procession, une sorte de chemin de croix qui circule à travers Atlacoaya, qui demande de prier, d’affronter des épreuves, de croire et de faire preuve d’une abnégation absolue… ce que Brume ne sait pas faire.

On est dans un univers avec énormément de règles, de rituels, de lois, de codes, de panthéons, de divinités. Tout ce que j’aime ! Je m’étais déjà amusée à créer le Cercle, ma société vampirique, pour faire mumuse avec les rituels et les lois, et là on est au niveau supérieur.

Autre chose que j’aime beaucoup dans ce projet : je retrouve enfin deux petites chéries qui m’accompagnent depuis des années et qui ont enfin droit à leur quart d’heure de gloire : les jumelles Zih et Tih, que vous avez peut-être déjà croisées au détour d’un roman (D’Hiver et d’ombres) ou d’une nouvelle (Les Ombres d’Atlacoaya). Dans Brume, elles ont dix ans, et j’ai hâte de commencer à raconter leur histoire. Elles sont d’une importance capitale dans le Grand Projet… Bientôt, vous découvrirez pourquoi !

Derrière tout ça, pour tout vous dire, je suis contente de pouvoir enfin me remettre à écrire. Les périodes sans écriture sont plus longues qu’avant, ce qui veut dire que le redémarrage est toujours plus difficile, au point parfois de me dire que je devrais arrêter. Ça m’ennuierait beaucoup : j’arrive à la fin du Grand Projet, alors je n’ai pas envie de renoncer si proche de la conclusion. Mais parfois, voilà, l’effort que l’écriture demande me paraît toujours trop élevé, surtout pour si peu de résultat. Je sais que je n’écris plus pour gagner des sous, que j’essaie de ne plus me préoccuper des ventes et des retours, et que je dois le faire pour moi avant tout… Mais c’est difficile. Il y a toujours un peu de pression derrière tout ça, et beaucoup d’espoir, celui qu’un jour, tout ça décolle et que mon travail soit enfin reconnu. C’est l’illusion qu’entretiennent les réseaux sociaux (on y revient toujours) et ça m’emmerde puissance 10 000 de me savoir encore à la merci de ces trucs qui ont réussi à retirer ma confiance en moi et en mon travail.

Mais c’est comme ça. Peut-être que d’ici les prochaines années, j’aurai enfin assimilé que je suis maintenant écrivaine pour le plaisir de l’être, que c’est ma nature et que je dois décoréler tout ça des chiffres et de la fame, et tout ira bien.

En attendant, j’ai deux-trois personnages à malmener. À bientôt pour le prochain compte-rendu !

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