Noël en retard, rituel & glande (journal, semaine 3)

Lundi 12 - je n'arrive pas à prendre des photos

J’avais dit que je prendrais plus de photos, en guise de souvenirs, de documentation, mais je me rends compte que je ne l’ai pas fait du tout lors de ce 2e Noël en famille. Pas le réflexe (reflex ?), pas l’envie peut-être. Ça va à l’encontre de ma résolution, mais il faut croire que ce n’était pas le moment.

Ou alors cette résolution est déjà en train de s’étioler. C’est fou de ne pas arriver à prendre de photos : comme si mon cerveau refusait de déléguer à une machine sa tâche de conserver des souvenirs. Je sais que je fais ça par rejet du téléphone et du tout numérique, et ça en date pas d’hier (il m’a fallu des années avant d’acquérir un smartphone — si je compte bien ça fait moins de 10 ans que j’en ai un). Possible que je ne supporte pas de voir les gens assister à des événements derrière leur écran, et que je ne veux pas leur ressembler.

Il va encore falloir travailler là-dessus, donc. La solution réside sans doute dans l’achat d’un appareil photo numérique, mais azy les prix.

Mardi 13 - rituel

L’un de mes petits rituels, c’est préparer la journée du lendemain avec mon agenda (mais ce n’est pas le seul rituel, il y en a un chaque dimanche pour préparer la semaine suivante). Il s’agit d’un Hobonichi, une sorte de mix entre un agenda hebdomadaire et un bullet journal, pour remplacer mon bujo que je trouvais trop compliqué à maintenir. J’ai adopté le Hobo très vite et c’est un bonheur de l’utiliser.

Chaque soir, donc, je note les petites choses de la journée écoulée : ce que j’ai vu et lu, et deux ou trois petites gratitudes. Il me permet aussi de vérifier les tâches de demain (je le couple avec une appli d’agenda/liste de tâches) et de noter le travail fait dans la journée. C’est un vrai petit moment avec soi-même, sans compter que tourner les pages de ce petit carnet est super agréable (elles sont très fines mais solides, et ont cette texture des papiers maintes fois manipulés).

Franchement, je ne regrette pas du tout d’avoir essayé ce petit carnet (malgré son prix !) pour y intégrer mon organisation. Après avoir cessé d’utiliser Notion, j’avais du mal à m’y retrouver, mais maintenant tout roule, et c’est un plaisir.

Sinon, hors sujet : une nouvelle page de carnet a été ajoutée, sur les érudits.

Mercredi 14 - la frustration

Trouver une réflexion à écrire dans ce petit journal tous les jours n’est pas simple, je m’en rends compte. L’idée était surtout de parler de créativité, de création, peu importe laquelle, mais je réalise qu’en fait, je n’ai jamais de mal à être créative. Ce qui veut dire que je n’ai pas grand-chose à dire là-dessus.

Tout est très intérieur, en fait. Je n’ai jamais eu le besoin de tenir un journal intime parce que je process mes ruminations sous la forme d’histoires, des récits qui n’ont jamais été très difficiles à écrire. Je ne me bats pas contre ce qui m’empêche de créer parce que ça fait partie de mon quotidien depuis plus de dix ans. Je ne me bats pas non plus contre le manque de temps. Ma vie entière est tournée vers ça, vers l’écriture et le bidouillage de trucs divers et variés, sans difficulté, ce qui fait que je n’ai pas besoin non plus de m’épancher dessus.

Pourtant, j’ai toujours voulu parler de l’acte d’écrire, mais je n’ai jamais réussi à trouver l’angle. Soit je parle du métier d’auteur (avec tout ce qui gravite autour, l’organisation, les réseaux sociaux, la publication), soit je parle de l’univers de mes livres, soit je parle de techniques d’écriture, et à chaque fois ça tombe à côté. Peut-être qu’il n’y a rien à en dire, après tout. Je suis toujours partie du principe que si l’on veut découvrir mon travail et mon univers, il suffit d’acheter un de mes bouquins et de le lire, pas de regarder comment je travaille ou comment je vois la vie. Ma vision de la vie se trouve dans mes romans ; mon savoir-faire aussi. Mes histoires se suffisent à elles-mêmes et il n’y a pas besoin d’épiloguer.

Ça reste frustrant, un peu.

Jeudi 15 - abandonner des livres

Commencer l’année par un abandon de lecture, ça ne m’était jamais arrivé (il s’agit du Signal, de Maxime Chattam. Entre l’écriture avec laquelle j’ai beaucoup de mal, la succession d’événements sans fin et sans réponses, et l’agression sexuelle, bon. J’espère que ça n’augure pas une année avec de mauvaises lectures).

Vendredi 16 - sans accroc

J’aime bien quand les projets se déroulent sans accroc.

OK, on me dira qu’en général, on n’apprécie pas trop quand les choses se font dans la difficulté, et c’est vrai, mais vu que j’ai tendance à enchaîner les galères et les échecs, c’est assez rare qu’un projet se déroule bien du début à la fin. Je savoure, du coup.

Aujourd’hui, je devais commencer à fabriquer des petits cadeaux à offrir pour la Saint-Valentin dans les commandes de Rue de Minuit : un petit porte-clef avec un cabochon en forme de cœur, de ma fabrication. Et tout s’est passé : nickel. Le résultat est même plus joli que je l’attendais. Ce n’est pas encore fini mais je suis contente de voir que mon idée fonctionne mieux que prévu. Et que c’est rapide, en plus. Ça fait du bien au moral. 

Samedi 17 - cadeau de Noël en retard

Je peux enfin utiliser mon cadeau de Noël !

J’ai eu avec mon chéri un très beau stylo en alu, divisible en deux (il y a donc deux stylos), avec un réservoir d’encre rechargeable et des mines interchangeables. Sauf que les mines n’étaient pas dans la boîte ! Je ne pouvais donc pas l’utiliser, jusqu’à aujourd’hui, puisqu’ils en ont renvoyées.

Et quel bonheur, ce stylo ! Je voulais en avoir un du genre car j’écris beaucoup à la main, et encore plus depuis que j’écris mes romans comme ça, ce qui faisait que j’en ai jeté un nombre impressionnant. C’est embêtant, tout ce plastique mis à la poubelle. Il y avait la solution du stylo-plume mais les miens me font mal au poignet (pas assez « glissants » sur le papier) et je ne voulais pas en racheter d’autres.

Du coup, j’ai tenté celui-là, le Lumos de Tom’s Studio. Il est archi agréable, ça glisse tout seul sur le papier et l’encre (achetée sur la même boutique) est parfaite puisqu’elle ne transparaît pas sur la plupart des papiers utilisés, et elle sèche très vite. C’était un critère important puisque le papier de mon agenda Hobonichi est très particulier, très fin et lisse, donc ça transparaissait et ça bavait.

J’ai mis deux mines : une qui fait 0,3 mm pour le Hobo et une qui fait 1 mm pour l’écriture, parce que j’adore écrire avec une grosse pointe. Franchement, ce stylo est une merveille, et il est encore mieux que je le pensais. Ça valait le coup d’attendre ! (c’est faux, je suis une horrible impatiente)

Le beau stylo (bleu, évidemment)

Dimanche 18 - la glande

J’ai un peu passé la journée à glander et c’est fou comment la culpabilité peut vite s’imposer. Pourtant, je n’ai pas tant que ça glandé : j’ai écrit la newsletter de mardi, planifié la semaine à venir et préparé des commandes à expédier, donc en plus je ne peux pas dire que je n’ai pas travaillé.

Et puis bon, c’est dimanche.

Ça n’empêche pas que c’est difficile de se donner du temps quand on travaille à son compte, parce qu’on a toujours l’impression de ne pas en faire assez. Je me dis que ma boutique est ouverte depuis peu et que je devrais mettre les bouchées doubles, voire triples, que j’aurais dû enchaîner avec la prochaine collection de bijoux (que je vais commencer mardi, on n’est donc pas à deux jours près), que tout ce temps passé à écrire des trucs dans mes carnets est superflu…

Avec le temps, j’arrive quand même à lâcher prise, mais il reste toujours quelque chose, une petite voix pas encore totalement étouffée qui me râle dessus. On ne se refait pas.

Plus qu'une !

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