• Pas de produit dans le panier

Catégorie

Processus d’écriture

Articles de fond présentant mes processus de travail et mes outils. Ces billets ne se veulent pas des conseils ou des méthodes pour écrivain·es mais bien une présentation de la façon dont je travaille.

NaNoWriMo 2018 : ma méthode pour faire mon plan

Le plan fini

C’est bientôt le NaNoWriMo, on est le 26 octobre, et j’ai terminé mon plan ! En partageant la photo du bidule sur Twitter et sur Instagram, j’ai reçu quelques messages dans lesquels on me demandait comment je faisais. C’est vrai qu’en général, on partage souvent des méthodes pour élaborer des intrigues ou pour écrire des synopsis, mais les plans ? Rien. Que dalle.

J’ai mis longtemps avant de trouver ma propre technique. Il a fallu essayer des trucs un peu hasardeux qui convenaient mais pas à 100 %. Je l’utilise vraiment depuis Onirophrénie, et sont aussi concernés Les fantômes de Ker ar Bran, Érèbe version longue et Remington (le roman que j’écrirai pendant le NaNo). Oui, que des trucs que vous n’avez pas lus (les romans plus anciens sont bien plus brouillons et mal foutus).

Bref, je vais vous montrer tout mon boulot de préparation de A à Z. J’avais déjà un peu parler de ce processus dans ce billet.

Quelques petites précisions :

  • Je suis une control freak absolue, une architecte hardcore qui va jusqu’à dessiner les moulures du plafond sur le plan de sa maison, ou le motif de la tapisserie. Les dites tapisseries ne sont pas définitives, elles peuvent changer pendant la rédaction du roman mais en amont, j’ai besoin de tout contrôler de A à Z. C’est comme ça que je fonctionne et je ne peux pas faire autrement (autrement dit, si vous n’avez pas besoin de tout savoir de votre intrigue ou si vous êtes carrément jardinier·e et que vous vous lancez au talent, ce qui suit risque de vous paraître un chouïa psychorigide).
  • La forme de tout ce bazar change selon les romans : parfois je fais ça sur des feuilles volantes, d’autres fois sur un cahier (c’est le cas ici), parfois même je travaille sur ordinateur (sur LibreOffice ou Scrivener). Ça dépend du moment et de l’envie mais le principe reste le même (j’ai tendance à préférer faire la préparation à la main, sur du papier avec des stylos, parce que mon cerveau imprime mieux) (et ça permet de garder des souvenirs).
  • Le taux de réussite n’est pas de 100 % : une fois le premier jet terminé, il manque souvent des infos, des révélations, ou même carrément des points de vue (si je vous dit que dans le premier jet d’Elisabeta, il n’y avait que le point de vue de Saraï, vous me croyez ?). Pas grave, ce n’est que le brouillon.

Bon. Allez. Je vous préviens, ça risque d’être long parce qu’on part du début.

Pré-requis : connaître la méthode du flocon ; avoir une idée de ce qu’on veut écrire.

(suite…)

Mon p’tit journal d’écriture

Voilà fait plusieurs fois que j’évoque ici mon journal d’écriture, comme dans ce billet (où je vous montre mes carnets), et j’avais promis d’en parler plus en détails lorsque j’aurais un peu de recul. C’est maintenant chose faite ! Petite remarque avant de commencer : je vous montre ici un de mes outils, qui est personnel et qui me convient à moi. Ça peut très bien ne pas vous convenir, tout comme vous pourriez très bien ne pas y voir d’utilité.

Pourquoi un journal d’écriture ?

On parle souvent de ces bêtes-là sur les blogs d’auteur·ices, tout comme le bullet journal (on fusionne souvent les deux). En fait, un journal d’écriture, c’est ce que vous voulez : vous y mettez tous les trucs dont vous avez besoin pour écrire vos histoires (avancée, remarques, humeur, idées, inspirations…) et pour les planifier.

Jusqu’à il y a peu de temps, je n’avais pas de carnets, et puis j’ai changé d’avis à cause de mon Grand Projet. Je ne voyais pas non plus l’utilité de tenir un journal, pour une simple et bonne raison : planifier des trucs à l’avance me gonfle et, de plus, ça ne me sert à rien (je n’utilise pas d’agenda ni de calendrier). En revanche, je note toujours mes avancées quand j’écris, je suis même un peu obsessionnelle avec les chiffres et les statistiques. En partant de ça, je me suis rendu compte que tenir un journal pour y noter des trucs en amont ne me convenait pas ; par contre, pour y consigner des choses en aval, ça pouvait être utile.

Je me suis décidée lorsque j’ai découvert le principe de la boîte à doutes de Marie Caillet. En voilà une idée géniale ! Écrire un roman n’est pas un long fleuve tranquille et l’on rencontre beaucoup de difficultés, de doutes, de questionnements sur son travail. Pas d’un point de vue strictement littéraire, d’ailleurs, puisque l’on peut s’interroger sur son rapport à l’écriture, à l’édition, à son œuvre en général, et pas seulement à propos du texte sur lequel on est en train de travailler. Du coup, j’ai adopté l’idée.

Mon joli journal à moi

Les deux jolis ❤

Je me suis lancée en janvier pour profiter de la nouvelle année, avec ce joli carnet rose avec un attrape-rêves acheté lors de mes vacances en Belgique (à Maisons du monde) (temple de la perdition qui me donne envie d’acheter la moitié des trucs qu’ils vendent). J’attaquais la correction dIl neige sur Érèbe, c’était donc l’occasion rêvée de tester.

Entre-temps, ma copine Marie m’a offert un autre carnet de la même gamme, tout blanc cette fois, et je me le réserve pour quand le premier sera terminé ❤

Dedans, comme vous pouvez le voir, c’est sans fioritures ; par contre, c’est la fête aux fluos et au correcteur (pas le temps de m’amuser à dessiner, à décorer, ou même à écrire proprement, le seul truc que je demande à ce carnet, c’est d’être efficace et utile).

 

(suite…)

Voyage au pays des carnets

Pour fêter l’arrivée d’un nouveau carnet à la maison (c’est important), je me suis dit que ce serait amusant de vous montrer ceux dans lesquels je note mon Plan de Conquête du Monde. Puis je me suis souvenue que j’en avais exhumé un certain nombre lors d’un gros ménage, donc j’ai voulu vous les montrer aussi. Je suis alors partie dans une séance photo qui a duré une heure…

Ndlr : mes carnets contiennent forcément des spoilers. Du coup, j’ai flouté tous les contenus sensibles, vous pouvez lire ce billet sans crainte, mais les photos sont plus moches.

Ndlr 2 : d’habitude, quand je prends des photos, je gomme les taches sur mon bureau. Là, j’ai eu la flemme (mon bureau est taché parce que c’est là que je fabriquais mes bijoux en béton). Déso pas déso.

Le Mamie Violet

(Carnet Paperblanks Cordouan A5)

Celui-là, c’est le tout premier, celui qui m’a longtemps servi à noter toutes les idées qui me venaient à propos de ma grande histoire (j’ai déjà parlé de ce carnet dans un précédent article). Au début, c’était pratique : toutes mes idées de génie y étaient rassemblées en une sorte de bible en fait, un vrai concentré de jus de cervelle. Sauf que j’y notais tout en vrac et qu’au bout d’un moment, il est devenu inutilisable : rien n’y était vraiment organisé, tout était fouillis, raturé, couvert de correcteur, et débordait de feuilles volantes. Voyant qu’il ne restait plus beaucoup de pages, j’ai acheté un nouveau carnet pour y reporter les idées concernant les textes principaux de ma grande histoire, et j’utilise à présent celui-ci pour noter des idées de nouvelles et de romans secondaires.

Le Mamie Blue

(Carnet Paperblanks Midnight Steel A5)

Le Mamie Blue est mon préféré, déjà parce que ce modèle de Paperblanks est le plus beau, mais aussi parce qu’il contient vraiment mon Plan de Conquête du Monde : c’est dans ce carnet que j’ai reporté les notes concernant les romans principaux dont je parlais un peu plus haut. J’ai découpé le carnet en plusieurs chapitres, un pour chacun de mes ‘cycles’ (voir ici pour les cycles en question), + un chapitre pour le Dernier Roman. Dedans, c’est sobre et tout propre (pas de rature, pas de correcteur, contrairement à son collègue le Mamie Violet), et surtout, c’est bien rangé. On y trouve en vrac : la vraie identité d’Oxyde, un début de plan de Sinteval (la suite d’Elisabeta), des idées de dialogues, toutes les réponses aux questions que vous vous posez, et la finalité de ma grande histoire. Entre autre. Je note la moindre idée intéressante et ensuite, lorsque j’attaque les recherches et le plan d’un roman, je reporte tout sur Scrivener pour le développer en fiches de personnages, de lieux et autres (je ne possède qu’un seul fichier Scrivener qui centralise tout, et qui ressemble à ça).

(suite…)

Ceci n’est pas un bullet journal

… ni même un journal d’écriture. Ce n’est qu’une sorte de guide, en fait (comme dit Barbossa) (d’ailleurs, j’en profite pour protester à propos de la fin de Pirates des Caraïbes 5). Ou une bible.

Pour tout vous dire, j’envie beaucoup les autrices et les auteurs qui cumulent des carnets, qui prennent des notes tout le temps, qui les alignent fièrement dans leur bibliothèque. Je prends rarement des notes : mon cerveau est un disque dur qui ne perd quasiment jamais de données. Si j’ai une idée et que je la zappe, c’est qu’elle ne valait pas le coup. Bon, avec le temps, ma grande histoire s’est agrandie et il était devenu compliqué de tout garder en tête, alors je notais sur des post-it qui s’entassaient au pied de mon écran, en parallèle à la constitution de ma base de données dans Aeon Timeline. Ducoup, j’ai pris les devants et j’ai acheté un calepin.

 

Au revoir mon joli calepin, j’t’aimais bien

Ce truc m’a bien servi pendant un temps. Je notais les idées qui me venaient, du genre ‘Machin doit rencontrer Bidule à ce moment-là‘, ‘Truc est en fait un sorcier/un magicien/un immortel/un connard‘, bref, une phrase ou deux pour conserver l’idée de génie qui m’est venue en me brossant les dents (la plupart du temps). Il y avait aussi des extraits de dialogue ou des phrases à réutiliser.

Ah, oui : je ne prends jamais de notes sur des applis parce que… je n’ai pas de téléphone portable. Voilà.

Bon, au bout d’un moment, le calepin s’est vite rempli, et ma grande histoire s’est complexifiée. J’avais atteint la limite de mon carnet riquiqui. Après un séjour de 10 jours à l’hôpital durant lequel j’y ai griffonné tout et n’importe quoi, j’ai décidé de remplacer ce valeureux petit soldat par un Paperblank que j’étais sûre de gâcher. Vous savez, ce truc classique d’acheter un beau carnet, d’utiliser trois pages et de l’abandonner dans un tiroir… Je me suis alors retroussé les manches et j’ai décidé d’être sérieuse, de me demander comment faire en sorte de l’utiliser pleinement. Pour cela, il fallait que ce carnet devienne un objet important, du pur jus de cervelle, la bible de ma grande histoire. Et ça a plutôt pas mal réussi.

 

Voilà la bestiole

 

J’ai repris certains principes du bullet journal : l’index (tellement simple mais tellement magique) et les collections surtout. Il n’y a aucun calendrier dans mon carnet, juste des pages et des pages de listes d’idées, de citations et de dialogues. Il y a des résumés aussi, des pitchs de romans et de nouvelles, et des ébauches de plan, des brouillons de biographies de certains personnages, des arbres généalogiques, des théories (parce que je ne suis pas décidée sur tous les tenants et aboutissants de ma grande histoire). J’y ai ajouté quelques outils (ma liste de mots à traquer lors de la correction, un roue des émotions, des mindmaps) et quelques trucs en rapport avec mon blog (des idées de billets). Enfin, j’ai préparé les publications futures avec un planning général et un par livre, et j’ai glissé entre les pages le synopsis général de tous mes romans, ce truc concentré en 15 pages, illisible et dense, que je dois réécrire pour le compléter.

(suite…)

Au travail : la correction

Voici la deuxième partie de Martine écrit un roman, avec cette fois comme question ‘comment tu corriges et peaufine tes textes ?‘. Je refais le même disclaimer que la première partie : ceci est ma méthode, ma façon de fonctionner. Je ne donne pas de méthode ou de clef pour se dépatouiller, il s’agit juste de ce qui marche pour moi, après des années d’expérimentations et de tâtonnements.

>> Lire la première partie sur l’écriture

La correction et Seigneur Antidote

Dans l’épisode précédent, j’expliquais qu’une fois le premier jet de mon texte terminé, je fais une première relecture qui ne porte que sur le fond. Alors, oui, ça pique les yeux parce que c’est dégueulasse et plein de fautes, mais ça permet aussi de jauger le travail de correction et de remaniement. Je convertis donc mon texte en epub, je le transfère dans ma liseuse, puis je m’installe dans le canapé avec Lilith (en général, elle vient toujours squatter mes genoux une heure ou deux), ma musique et une feuille à portée de main. J’y note tous les trucs qui ne vont pas sur le fond : les incohérences, les trucs à développer, les trucs à ajouter, les quelques idées qui me viennent entre temps… Ensuite, je laisse reposer un peu, quelques jours ou quelques semaines (je n’attends pas longtemps parce que je déteste avoir un texte pas fini dans mon ordinateur).

Quand je décide de me mettre à la correction, je le relis une nouvelle fois et mets au propre la liste de modifications. Puis je me lance dans la correction en elle-même, chapitre par chapitre. Je reporte sur le texte les remarques, les ajouts et développements sur le fond ; quelquefois, il faut jongler pour que tout s’agence correctement, puisque si on change un détail, tout peut être impacté façon domino. Il arrive que je doive restructurer tout, refaire un plan, corriger ma chronologie dans Aeon Timeline, ce genre de choses. L’avantage, c’est que tout est flexible et rien n’est figé.

Ensuite, je m’occupe de la forme. La plume d’abord, c’est-à-dire ce qui fait le style : les tournures, les formulations, le rythme des phrases (pouvez être sûr.e.s que la moindre virgule est pesée) (enfin, la plupart), la compréhension aussi.

Seigneur Antidote sur la première page de Tueurs d'anges (déjà corrigée)

Seigneur Antidote sur la première page de Tueurs d’anges (déjà corrigée)

Puis je réveille le Seigneur Antidote (un logiciel d’aide à la correction) et passe le texte à la moulinette. Je dégage répétitions, verbes ternes, fautes diverses, adverbements, etc. Je ne vous donne pas ici le détail de ce que j’applique comme corrections : déjà parce qu’on trouve énormément d’articles de ce genre sur le net qui donnent pas mal de pistes, mais ensuite parce que cela ne s’appliquera pas à vous. Ma méthode de correction s’est construite en fonction de ma façon d’écrire, de mes tics de langage et des fautes que je fais le plus souvent. Par exemple, j’ai une liste de mots que j’ai tendance à trop utiliser, et je traque ces mots pour éviter qu’ils soient trop fréquents. Mais je n’éradique pas tous ces mots, tout comme je n’éradique pas toutes les répétitions (vive les anaphores), ni tous les verbes ternes, ni tous les adverbements. Tout le boulot consiste à doser.

(suite…)