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Les cas d'Édouard Sinteval et de Melchior St. John

Cette note parle de deux personnages très importants du Grand Projet, à l’origine de beaucoup de choses dans les événements passés et futurs. Elle ne spoile pas vraiment mais si vous ne connaissez pas ces deux énergumènes, vous risquez de ne pas comprendre grand-chose.

Édouard Sinteval et Melchior St. John ont souvent l’air de deux types sortis de nulle part, lorsque l’on se penche sur leurs origines. On sait qu’ils ont vécu au XVe siècle ; qu’ils ont joué un rôle important en 1460, année charnière dont les répercussions sont racontées dans D’Hiver et d’ombres, Érèbe et Marcheurs de rêves. Et c’est à peu près tout.

Quel âge avaient-ils ? Ils étaient jeunes, voire très jeunes, à peine 20 ans. D’où venaient-ils ? Leur première apparition dans notre chronologie se situe à Paris, en 1460, alors qu’ils fuyaient une épidémie d’une étrange maladie qui plongeait les victimes dans un sommeil sans fin, mais avant cela, on ignore les grandes lignes de leur enfance, leurs familles, etc. On sait qu’ils se rendent en Angleterre, ensuite, où ils enterrent les graines de nombreuses tragédies et catastrophes qui auront lieu au cours des siècles suivants.

Voici donc une petite tentative de raccrocher les wagons, si c’est possible…

Édouard Sinteval, pour commencer.

Le nom de Sinteval sonnera familier au lecteur, et c’est normal : les Sinteval sont une des grandes familles du Cercle, société vampirique qui se cache dans les ombres de notre monde. C’est même LA première famille, dont une branche s’est peu à peu délitée dans l’anonymat et la mortalité (cette histoire sera détaillée dans une autre note). On retrouve leurs traces de temps à autre, et l’on sait que certains d’entre eux possèdent de nombreux pouvoirs.

Édouard (dont le nom est parfois orthographié « Edward », puisqu’une grande partie des informations le concernant ont été rassemblées par les Valentine, ses descendants établis en Angleterre) en possédait-il ? Certains pensent que oui, mais très peu. Il se raconte qu’il était voyant, recevant des visions si pauvres qu’elles ne lui servaient à rien, un symptôme subi par beaucoup de voyants. En revanche, il avait des intuitions fulgurantes qui le sortaient souvent de mauvais pas et qui lui ont permis de vivre sa vie sans trop d’encombres.

C’était un voleur et un arnaqueur, apparemment. Très jeune, il se faisait passer pour un orphelin et mendiait dans les rues (était-il réellement un orphelin ? Mystère. Ou pas : on sait que sa mère était la seconde épouse d’un riche marchand, et qu’elle l’a soit répudié, soit offert de voler de ses propres ailes). Ensuite, il a vogué de ville en ville. Il a également travaillé aux champs car son savoir-faire agricole était reconnu dans certaines régions. C’est sans doute dans ces voyages qu’il a rencontré Melchior.

Et au sujet de Melchior, on en sait encore moins.

Il est communément admis que la lignée des St. John telle qu’on la connaît aujourd’hui a commencé avec Melchior : avant lui, elle n’existait pas. Alors oui, il y a de nombreux St. John dans le monde (avec de multiples variantes sur l’orthographe), mais cette famille précisément est née avec les filles de Melchior.

C’était un adolescent très beau qui avait tendance à troubler ceux qui le croisaient. Probablement qu’Édouard n’a pas résisté à son charme (est-ce le moment d’introduire le fait que personne n’a jamais su s’ils étaient amis ou amants ?). Personne ne sait d’où il vient, pas même lui : on l’a trouvé à la porte d’une église en Angleterre alors qu’il avait à peine quelques semaines, abandonné dans une froide nuit d’hiver. L’histoire rapporte qu’il était enveloppé dans un tissu blanc, si bien qu’il aurait pu ne jamais être remarqué dans la neige, si ce n’était ses cheveux déjà aussi noirs que la nuit. Comme c’était l’épiphanie, on l’a nommé Melchior ; et comme le prêtre qui l’a sauvé s’appelait le père John, on lui a donné le nom de St. John.

On l’a confié ensuite aux bons soins d’un orphelinat, et le joli garçon a fini par se faire la malle quand il a eu quinze ans. Ensuite, l’on ne sait de lui que deux choses :

  • il a échoué en France sans qu’on sache trop comment, et c’est là qu’il a rencontré Édouard
  • il faisait des rêves étranges depuis toujours, à base de décors féeriques ou effrayants, de villes aux architectures impossibles, de mondes avec des planètes ou des lunes bien trop proches dans le ciel.

 

Ce dernier fait a été documenté par le père John, dans son journal. Il y voyait là la marque d’une imagination fertile qu’il a toujours encouragée chez son protégé, même quand l’évêque lui remontait les bretelles à ce sujet (parce que Melchior refusait de se plier aux rites de l’Église), mais jamais il n’a pensé qu’il s’agissait d’un don. Et là-dessus, de nombreux chercheurs se sont mis d’accord très vite : Melchior était un marcheur de rêves voyageur. Il visitait d’autres mondes dans ses rêves.

La question que beaucoup se sont posée est la suivante : comment Melchior a-t-il vécu la disparition de tous les mondes qui a eu lieu en 1460 ? Les Voyageurs ont subi cet événement comme si on leur avait arraché leur don, qui devenait inutile. Melchior a sans doute manifesté le même mal-être.

Quoi qu’il en soit, nous savons qu’Édouard et Melchior ont gagné l’Angleterre (mais on ne sait pas comment) les semaines qui ont suivi ce jour de 1460, après avoir fui Paris, et on retrouve leurs traces quelques mois plus tard, dans une forêt pas très loin de Londres (en tout cas à notre époque, parce que pour eux, c’était presque le bout du monde) qui deviendrait le domaine de Blackthorn Hill plus de cent ans plus tard.

Ils ont planté le rêve, ont vécu là un temps, et sont partis. Chacun d’eux est devenu père : Édouard a eu un fils, dont on ne connaît pas le prénom, et Melchior deux filles, Elizabeth et Adelaïde. C’est cette dernière qui a perpétué le nom de St. John : en perdant son mari, elle a repris son nom de jeune fille et l’a transmis à son fils Paul. La dernière mention à Édouard et Melchior dans des archives fait état de leur présence pendant le baptême de Paul.

Note : une théorie très intéressante circule depuis peu parmi les initiés et prétend Melchior serait en réalité issu des Hiddleston. Trois détails prouveraient cette théorie. En premier lieu, son don de Voyageur, qui était la marque des Hiddleston (quand ils s’appelaient encore les Huddleston) ; ensuite, sa beauté, typique de cette famille avant qu’elle ne se voie frappée de « stérilité générationnelle » en s’installant à Blackthorn Hill ; enfin, la découverte dans des archives d’un « scandale » qui a eu lieu au moment de la naissance supposée de Melchior, quand une jeune fille disparaît de la circulation du jour au lendemain pour ensuite réapparaître huit mois plus tard, pourchassée par les rumeurs. On l’aurait vue enceinte dans un couvent. Seul son nom tronqué est inscrit dans les registres de l’établissement, « Mary H » , et l’on sait qu’une Mary Huddleston a vécu dans la région au même moment.

D’où cette interrogation, légitime : les St. John sont-ils les descendants naturels, introuvables à notre époque, des Hiddleston ?