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Je ne sais plus quel jour on est. Mais je ne crois pas qu’une quelconque date revête la moindre importance dans mes rêves. Où je me situe sur la ligne du temps, si ce n’est sur une ligne trop droite ?
La seule ligne que je veux voir, c’est celle de l’horizon. Là où le bleu du ciel se confond avec celui de l’océan. Le bleu dans les yeux de Fañch, qui rit près de moi à une vanne que je ne me souviens pas avoir faite. Tant pis.

Nous sommes tous les deux assis face aux vagues, les pieds nus plongés dans le sable chaud, et le goût du sel piquant la langue. Fañch garde le sourire, le regard perdu dans le lointain. Chaque fois que je le vois dans mes rêves, il est habillé comme lorsque nous nous sommes croisés dans cet immeuble désert juste après le début de la fin du monde : son treillis kaki, son t-shirt avec le logo d’Archive, ses vieilles baskets délavées. Mais ici, il me paraît infiniment plus heureux, bien plus que dans le vrai monde.
Nous sommes comme deux naufragés de l’Apocalypse, réfugiés dans nos songes. Le ciel est si bleu, l’air est si doux, la musique des vagues est si apaisante… pourtant, nous restons fidèles à nous-mêmes, amaigris et sales, les ongles noircis par la cendre.
La tête pleine de cauchemars. Le tic tac de l’horloge, qui résonne sans fin dans nos esprits.
Non, Lili. Le temps n’a pas cours dans tes rêves.
Seuls comptent le sable, et la quiétude de l’océan, et la présence de Fañch.

 

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