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Lorsque j’ai vu Town pour la première fois, j’ai su que j’étais arrivé à destination.
Un foyer, enfin, alors que le monde avait basculé, alors que nous n’étions à l’abri nulle part, pourchassés sans fin par des anges en colère. La lumière avait balayé nos maisons et nos vies aussi sûrement qu’un souffle éteint une bougie  ; les routes poussiéreuses demeuraient notre refuge bien qu’elles nous rendaient vulnérables face à la menace du ciel au-dessus de nous  ; même le Temps était devenu notre ennemi.
Nous savions tous que si nous survivions à chaque jour qui passait, l’un de ces jours serait le dernier. Inéluctablement, l’ultime grain dans le sablier s’écoulerait, indifférent.
Et puis, au bout du chemin, Town est apparue.
Ce n’était qu’un modeste camp de survivants à notre fin du monde en gestation, construit sur un quartier dont il ne restait que quelques maisons et un immeuble branlant, là où des centaines de personnes s’entassaient sous le soleil brûlant.
Un fief de guerriers tueurs d’anges, d’hommes et de femmes en colère, au cœur brasillant de rage  ; Town se gorgeait de leur combativité et de leur refus de la résignation, et je voyais cette étincelle meurtrière briller au fond de leurs yeux, et même dans les iris des enfants.
Mais j’y distinguais aussi sa magie, à Town, sa lumière. Elle circulait en longues rigoles dorées sur la cendre recouvrant son sol.
J’entendais sa voix.
Et elle me disait «  tu es chez toi.  »

 

1 mai 2019

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