Salut 2020, tu ne nous manqueras pas

Oui je sais il est pas très original mon titre, mais au moins il est efficace.

J’ai dû revoir la mise en page du bilan de l’année dernière  et j’en ai profité pour le relire. Très drôle de voir combien personne n’était préparé à l’année de guedin qu’on allait vivre ! C’est d’ailleurs pour ça que je tiens à rédiger mon bilan chaque année, de manière à garder une trace de ce qui a été fait, ou pas, et dans quel état d’esprit.

L’année dernière, je m’étais rendu compte combien je chargeais la mule en terme d’écriture et de boulot, combien ma confiance en moi était entamée, et comment j’espérais parvenir à un semblant d’équilibre en 2020. Mdr.

2020

Donc, 2020. J’ai passé mon année avec deux sensations : celle de n’avoir le temps de rien faire et celle de patauger.

Pourtant j’en ai fait, des trucs. Ça m’a frappé il y a quelques mois, quand j’ai refait mon site de fond en comble, alors que je listais mes bouquins parus. Quatre bouquins publiés en un an, c’est pas rien… mais il faut croire que je ne m’en suis pas rendu compte. J’ai à la fois l’impression d’avoir vécu deux (ou trois) années en une seule et que janvier c’était il y a 2 mois.

Pour autant, mes objectifs d’écriture et de publication ont globalement été respectés :

Les publications :

  • Sinteval : comme prévu, le livre est sorti en début d’année
  • Night Travelers : même chose pendant l’été, avec une réécriture en début d’année

L'écriture :

  • Érèbe : écrit et publié, rien à redire, avec un joli engouement qui fait plaisir.
  • Marcheurs de rêves (anciennement Errances d’un marcheur de rêves) : fail, fail, fail ! Malgré les billets expliquant l’élaboration du roman publiés ces dernières semaines, j’ai décidé de mettre ce texte de côté et de me consacrer à autre chose. J’ai vraiment du mal à appréhender ce projet : trop complexe, peut-être pas assez préparé… Je le reprendrai plus tard, quand l’horizon se sera éclairci.
  • Mamatila : j’ai définitivement abandonné tous les projets qui n’entraient pas dans le Grand Projet, ainsi que ceux qui se voulaient politiques/militants. En vrai, je ne supporte plus trop cette tendance à définir son travail par le seul prisme militant et/ou inclusif, comme si c’était le plus important. C’EST important, en effet. Mais nous racontons des histoires, et une histoire ne se définit pas, à mon avis, par la seule représentation des minorités opprimées, ou par les thèmes militants qu’elle renferme. Et comme j’ai compris que seules les histoires m’intéressaient dans l’écriture, pas la politique ou la littérature, j’ai rejeté tous les projets qui allaient en ce sens. Mamatila devait être un post-apo féministe évoquant les discriminations envers les femmes de manière générale et dans le cas d’un monde détruit en particulier, ce devait être passionnant à traiter, mais 2020 m’a montrée combien j’avais besoin d’histoires, d’onirisme, d’imaginaire. La représentation, oui, le militantisme, oui, mais pas comme composantes principales de mon travail. Cela, bien entendu, ne vaut que pour moi, je ne juge pas la manière de faire des autres, et n’empêche pas de faire attention à tous ces aspects malgré tout.
  • Miroirs, la nouvelle à quatre mains avec Sophie : OUI OUI OUI ! Le truc le plus improbable de ma liste des projets l’année dernière a finalement été réalisé. Nous avons non seulement écrit la nouvelle, mais nous l’avons aussi publiée, et c’était génial.

En fin de compte, je n’avais pas prévu d’écrire tant que ça (si si, ce n’est pas ‘tant que ça’, je vous assure), et cela m’a permis de m’y tenir. Il y a eu deux romans écrits, trois publiés, ainsi qu’une nouvelle… et même la rédaction d’une petite série qui n’était pas prévue du tout. Quand le soleil s’éteint était un projet que je ne comptais pas concrétiser, pour tout dire : j’avais pris des notes, mais j’avais aussi décidé de ne pas m’y consacrer car cela n’était pas indispensable dans le Grand Projet, et je voulais faire passer d’autres projets avant. En fin de compte, j’ai changé d’avis au début du premier confinement : l’ambiance était si étrange et inhabituelle que je voulais en profiter pour m’immerger dedans et la dépeindre dans mon texte. En terme d’atmosphère, je pense avoir réussi ; en terme de construction, en revanche… je ne suis pas convaincue. J’ai écrit cette série sans vraiment planifier les épisodes et ça m’a vraiment déstabilisée. La preuve que je suis une architecte jusqu’au bout !

J’ai également enfin mis en œuvre ce que j’avais prévu de longue date pour la vente de mes livres : je ne les vends plus moi-même et laisse ceci à Lulu.com. Plus de commandes à gérer et à expédier, ça change la vie ! Mes revenus ont augmenté ces derniers mois, sans doute grâce à Night Travelers et à Érèbe. J’ignore si cela continuera cette année mais en tout cas, je suis contente. J’en ai profité pour faire le décompte des exemplaires vendus en 2020, si ça vous intéresse.

  • Tueurs d’anges : 17
  • Oracles : 12
  • Passeurs : 9
  • Clairvoyants : 10
  • 600 jours d’apocalypse : 6
  • Onirophrénie : 8
  • Elisabeta : 17
  • Sinteval : 7
  • Midnight City : 14
  • Night Travelers : 42
  • Notre-Dame de la mer : 17
  • 18.01.16 : 6
  • Érèbe (ed. luxe) : 25
  • Érèbe (ed. classique) : 40

Soit 230 au total. C’est difficile de comparer avec les années précédentes puisque je vendais les livres moi-même et je ne tenais pas de compte (pour cela, il faudrait que je replonge dans mes livres de compta et, euh, voilà). Je table sur une augmentation de 25 %

Interlude sapin

La boutique

Rue de Minuit a ouvert en fin d’année, ce qui n’était pas prévu. Au départ, l’ouverture devait se faire en mars/avril ; puis j’ai repoussé à juillet/août ; puis encore à fin septembre. Finalement, mi-novembre semblait un bon créneau pour permettre aux client·es de faire leurs achats de Noël.

Le bilan m’apparaît mitigé pour plein de raisons :

  • L’accueil a été génial : vous étiez au taquet, et ça c’est vraiment chouette. Que vous ayez commandé ou non, je crois que la Cité de Minuit vous a fait rêver, ce qui a mes yeux n’a pas de prix.
  • Les créations se sont plutôt bien vendues, à part les plus coûteuses. Logique.
  • Sauf qu’à force de repousser l’ouverture, mes envies ont changé. Ce que j’imaginais pour la boutique a pris un tour étrange, bien plus conceptuel et contemporain, et il a fallu que je réoriente le projet… tout en conservant les bijoux déjà réalisés. Cela me donnait l’impression d’avoir brisé l’unité, la cohérence de la boutique, avec tous ces styles différents.
  • La création de bijoux, en particulier de bijoux sculptés tels que ceux-ci, est malheureusement chronophage et peu rémunératrice. Mes prix m’apparaissent assez élevés mais pas représentatifs du travail qu’il y a derrière, et je ne peux pas les augmenter. Et comme je ne voulais pas me tuer à la tâche pour me dégager un revenu, j’ai choisi de faire autre chose que des bijoux.
  • Mais le doute était là. De plus en plus. Si j’aime le travail manuel et l’artisanat, je crois en réalité que je n’en ai plus vraiment envie. Pas dans un cadre professionnel en tout cas. C’est exigeant pour l’esprit, et mon esprit, lui, est entièrement tourné vers mes histoires ; je ne suis pas assez bonne dans ce travail, pas assez pour maîtriser la technique utilisée, peu importe laquelle, puisque mon vrai savoir-faire se trouve dans l’écriture ; j’ai trop d’envies d’essayer d’autres techniques, de m’y consacrer pleinement avant de les rejeter sans rien maîtriser, et c’est épuisant.

 

Le doute, c’est ce qui m’a bouffée cette année. Je n’ai pas réussi à faire le deuil de mon activité d’écrivaine à plein temps et, au-delà, du métier d’écrivain tel que je le rêvais. Ne pas réussir à m’épanouir dans mon travail artisanal en a rajouté une couche car je ne parvenais plus à me sentir légitime nulle part : je n’ai jamais réussi à trouver ma place en tant qu’écrivaine, et je ne la trouvais pas plus en tant qu’artisane.

Voilà pourquoi la boutique va opérer un nouveau virage dès l’année prochaine. Il ne s’agira plus d’artisanat (ou en tout pas pas seulement), mais d’autre chose, le développement d’une idée qui existe déjà depuis l’année dernière. Je ne vous en dis pas plus : tout reste à faire pour le moment, et je ne veux pas m’avancer sans avoir concrétisé quoi que ce soit (mais ça va vous plaire, j’en suis sûre).

La bibliothèque des carnets s'agrandit

Du positif, surtout

C’est cela, quand je parlais de sensation de patauger : 2020 m’a donné l’impression d’être un casseur d’ambiance, quelque chose qui fait des croche-pieds au moment où l’on va se lancer. Chaque décision prise se retrouve remise en question le lendemain, parce que plus rien n’est sûr et qu’il est impossible d’avoir un horizon sur quelques mois. Il a fallu aussi gérer mes propres interrogations : l’art, l’artisanat, la culture, à quoi ça sert quand une maladie paralyse l’ensemble de la planète ?

Malgré tout, il y a plus de positif que de négatif : les projets avancent, le Grand Projet passe une étape cruciale, je suis deter à le finir… et je tiens plus que jamais à garder ma boutique. 2020 a rendu tout ça plus difficile mais n’a fait que me conforter dans la voie que j’ai choisie. Reste plus qu’à espérer que 2021 ne soit pas pire !

 

Pour le reste :

  • j’ai commencé à réparer mon bras : après presque un an de kiné et deux infiltrations, la capsulite de mon épaule droite se soigne enfin (mais l’épaule gauche fait des siennes et c’est embêtant)
  • j’ai eu la poupée de mes rêves, une Little Owl des Popovy Sisters, et elle est incroyable
  • La Mer sans étoiles est sortie en français. Ma meilleure lecture cette année (et une dizaine de nouvelles éditions en plus dans la collection Morgenstern)
  • Le Phare au Corbeau s’est super bien vendu en 2019 : plus de 1500 exemplaires !
  • j’ai adoré Tenet et la saison 3 de Dark

Et en 2021 ?

On va allumer des cierges (plein) pour que l’année qui vient soit meilleure que la précédente. Déjà, j’ai deux vœux : que les vaccins contre le covid19 soient efficaces, et que les gens arrêtent d’être aussi cons. Ce sera déjà pas mal.

Les projets

J’aimerais maintenir le rythme de deux romans par an, et ajouter du bonus si possible. Voici donc les deux romans prévus :

  • L’Épine Noire : le projet qui remplace Marcheurs de rêves là, maintenant, tout de suite. J’en ai beaucoup parlé : il s’agit de la réécriture de mon premier livre, Le Rêve du Prunellier. Croyez-moi, ça n’aura rien à voir ! Je vous en parlerai un peu plus en détails dans un prochain billet. L’avantage c’est que ce roman a déjà été écrit il y a quelques années, donc je sais exactement où je vais. Il est même possible que je n’aie pas besoin de faire de plan, cette fois. J’aimerais l’écrire en janvier et le publier dans les mois qui suivent.
  • Marcheurs de rêves : celui-là viendra ensuite, en été sans doute. Je pense que je reprendrai à zéro le plan déjà réalisé, avec un œil neuf, surtout que l’Épine Noire aura permis de débroussailler un peu le propos (oui, tous les deux sont liés, d’une certaine manière). Le problème qu’il me reste à résoudre c’est que dans l’idéal, Marcheurs de rêves devrait être publié avant l’Épine Noire, pour des questions scénaristiques. On verra bien comment ça se passe.

En bonus

  • Quand le soleil s’éteint saison 2 : j’aimerais raconter un autre jour de cette période si particulière, celle qui précède l’apocalypse angélique. On verra d’autres personnages, on parlera d’autres choses, il y aura d’autres menaces…
  • Un projet avec Sophie : après l’expérience Miroirs, nous aimerions travailler cette fois sur un roman à quatre mains. L’idée serait de le préparer cette année, au moins, pour pouvoir l’écrire en 2022.

 

J’avais aussi dans l’idée de créer un jeu de rôle centré sur la Cité de Minuit, sauf que je n’y connais rien et qu’il y a tout un travail de création à faire avant. J’aimerais donc rédiger une sorte d’encyclopédie nocturne et m’en servir comme base pour la création des règles – peut-être avec un rôliste ou deux qui aimeraient s’investir dans ce projet :) (je sais déjà qui)

Comme dit plus haut, il y a aussi la nouvelle orientation de la boutique : cela demandera beaucoup de travail en amont, que je commencerai une fois le premier jet de l’Épine Noire écrit. J’espère vous en dire plus très vite et mettre tout ça à disposition en avril.

La possibilité d'une ombre

Cela paraît beaucoup mais en vrai mes objectifs sont light, comme l’année dernière. Écrire deux romans sur une année n’a plus rien de difficile pour moi puisque j’y suis habituée. J’aimerais surtout apprendre à laisser plus d’espace au quotidien et réussir enfin à m’organiser, ce qui n’est pas une mince affaire.

Enfin, je compte me lancer dans un chantier qui pourrait prendre du temps et chambouler pas mal de choses. Depuis toujours je me fais un peu l’effet d’une machine cassée, qui fonctionne mais de travers ; j’ai réalisé il y a peu qu’en réalité, je n’étais peut-être pas câblée comme tout le monde, ce qui m’a toujours donné l’impression de n’avoir ma place nulle part. Dans cette optique, dès que j’en aurai la possibilité, j’entamerai les démarches pour un éventuel diagnostic d’autisme. J’en parle ici comme je parle de n’importe quoi d’autre, parce que je pense que c’est important : depuis toujours j’utilise mes fêlures pour raconter des histoires. Et si c’en n’était pas ? Si je n’étais pas cassée, mais juste construite différemment ? J’y travaille depuis un bout de temps  et j’ai maintenant envie de savoir. Et si vous vous demandez comment on peut se poser des questions à presque 36 ans sur un éventuel autisme, je vous propose de lire ce billet de Mélanie Fazi.

Pour le reste, je reprends juste ce que je voulais l’année dernière et le copie-colle en l’état : tout ce que je veux cette année, c’est continuer tranquillou à faire nos trucs, avec mon chéri et mon chachat, qu’on avance sur nos projets perso et qu’on continue à vivre heureux tous les trois ♥ Je me dis que c’est en bonne voie.

De bonnes fêtes de fin d’année à vous toutes & tous ^o^

1 commentaire pour “Salut 2020, tu ne nous manqueras pas”

  1. Un bilan positif au final pour une année plus que « compliquée « !
    Un gran merci pour toutes ces oeuvres (roman,bijoux,nouvelles, boutique )toute une magie qui s égrène par touche pour créer une vrai synergie d’ univers dans lequel on veut s’imbriquer,et profiter…bref plein de beaux projets pour la suite ,et beaucoup de bonheur à vous 3 ,des bisous

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