Onirolog 7 : Pause et décision

Onirolog est une série de billets qui reprend une partie des mails de l’Oniropostale, ma newsletter hebdomadaire (voir L’Oniropostale). Ces billets sont publiés avec une semaine de décalage par rapport à la newsletter.

  • Oniropostale n°13, parue le 15 juin 2021

J’ai fait une pause de trois jours et cela m’a fait du bien car elle m’a permis de canaliser les idées qui surgissaient dans tous les sens et qui n’avaient rien à voir avec le roman, ça risque d’être compliqué pour la reprise. Normalement, je devrais avoir recommencé à écrire au moment où vous recevrez cette newsletter, mais impossible de vous dire dans quel état.

Je me suis arrêtée à 973 000 signes. Presque un million. Et on entame à peine le dernier tiers du plan. Si vous êtes auteur·ice débutant·e et que vous désespérez de ne pas être capable d’écrire beaucoup, si vous trouvez que vos textes sont trop courts, ne vous inquiétez pas : plus vous écrirez, et plus vous écrirez beaucoup. Mes romans ont pesé de plus en plus lourds au fil des ans : Tueurs d’anges faisait 350 000 signes, Onirophrénie 430 000 signes, le Phare au Corbeau 615 000 signes, puis après c’est la foire : Elisabeta c’était 770 000 signes, et Sinteval 1 100 000 signes. Tout n’est pas perdu, donc.

Si vous me suivez sur Twitter vous l’avez peut-être vu, mais j’ai aussi décidé de faire en sorte que l’Épine Noire ne soit pas un roman indépendant, dans le sens où il faudra avoir lu d’autres bouquins avant. Alors que j’avais dit totalement l’inverse dans un n° précédent de la newsletter… Mais comme on dit, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

L’une des plus grandes difficultés du Grand Projet consiste à rendre les romans indépendants les uns des autres, ceci pour permettre aux nouveaux lecteurs de découvrir mes livres comme ils le veulent, c’est-à-dire en lisant celui qu’ils veulent, ou plusieurs, dans l’ordre ou dans le désordre. Avec plus de la moitié des titres qui sont dans les faits indépendants, certains bien plus que d’autres (comme le Phare, Érèbe, Midnight City (tout seul) (il se suffit à lui-même si on veut) ou L’Ombre dans la Pluie), je pense que le contrat est rempli. D’autant plus qu’il y a très peu de nouveaux lecteurs en réalité. Ce que je peux comprendre : le Grand Projet est intimidant, mes livres sont noyés dans une masse énorme de livres auto-édités, eux aussi noyés dans la masse encore plus énorme des livres tout court, etc.

C’est pour ça que s’acharner à indépendantiser l’Épine Noire n’avait pas de sens. Ce bouquin sera la clef de voûte du Grand Projet, avec des enjeux qui concernent uniquement le Grand Projet et qui n’ont pas de sens à l’échelle d’un seul roman, aussi énorme soit-il (j’aimerais, pourtant, mais ce ne sera pas celui-là), ce n’était pas possible de continuer ainsi. Sans compter que le premier quart du texte est très lourd : il a fallu résumer les événements et les personnages de trois romans déjà parus ! C’était impossible à suivre, impossible à écrire, bien trop indigeste pour le lecteur qui n’a rien lu avant et qui ne connaît ni les personnages ni le contexte.

Du coup : il faudra voir lu Érèbe et Night Travelers pour lire l’Épine Noire. Voilà ! Il s’agira du premier roman écrit pour les lecteurs assidus du Grand Projet, quelque chose qui tient du cadeau et du fan service (oui), un peu comme pour récompenser ces lecteurs. Tout sera bien entendu rappeler dans le livre avec une explication dedans et une mention sur la 4e de couverture (je ne sais pas encore comment), et je vais même prendre le temps de résumer Érèbe et Night Travelers sur mon site, tout ça pour bien se remettre les épisodes précédents en mémoire.

Et ainsi je vais pouvoir reprendre le roman avec l’esprit plus serein, parce que j’avais un peu de mal à être convaincue par mon propre boulot, pour être honnête. Tout est (un peu) plus léger maintenant !

 

Finissons par un extrait ! Encore quelques lignes de la main de Filius… (rappel que c’est un 1er jet, avec fautes, répétitions et rythme bancal)

Je me suis souvent demandé à quoi servait de relater mes voyages dans ces pages. La force de l’habitude ? Il est vrai que nous sommes encouragés, très tôt, à tenir un journal lors de notre apprentissage à la Cité des Inventeurs, simplement pour prendre l’habitude d’y noter nos idées, nos échecs, nos résultats. Les scientifiques qui dérogent à cet exercice en mémoire sont assez rares : nous sommes très nombreux à tenir ce registre comme un journal intime.

L’habitude, donc. Puis une manière de garder une trace de mes observations d’un monde à l’autre, non pas par raison scientifique mais pour le souvenir, le bonheur de me replonger dans ces explorations passées, ces univers si différents, ces gens si étranges et si proches.

En réalité, le plaisir était intact avant que nous nous confrontions aux Ombres pour la première fois. Leur violence et leur inéluctabilité ont tout changé, je crois, allant jusqu’à faire disparaître notre impulsion première, celle de simplement voyager […]

Mais j’ai continué à écrire. J’ai pensé que rassembler mes pensées, mes recherches, mes découvertes en un même endroit rassurant et familier pourrait m’aider à résoudre le mystère de ces mondes en souffrance ; […] ; puis de sauver les mondes qui restent.

Aujourd’hui, je crois qu’il ne s’agit plus que de survie. La nôtre. Où aller, si tous les mondes tombent les uns après les autres ? Nous avons échoué à comprendre pourquoi, à comprendre comment, alors comment croire que nous pourrons sauvegarder les univers qui demeurent ? Comment pouvons-nous nous montrer si orgueilleux ? Nous ne sommes que des rêveurs qui ont trouvé comment faire de leur rêve une réalité. C’est tout.

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