Onirolog 5 : 100 000 mots

Onirolog est une série de billets qui reprend une partie des mails de l’Oniropostale, ma newsletter hebdomadaire (voir L’Oniropostale). Ces billets sont publiés avec une semaine de décalage par rapport à la newsletter.

  • Oniropostale n°11, parue le 1er juin 2021

En général, je ne compte pas mon avancée en mots, mais en signes. Les mots, ce sont surtout les Américains qui gèrent comme ça, mais on a repris cette habitude avec le NaNoWriMo (50 000 mots à écrire sur le mois de novembre) alors que l’édition française compte en signes espaces comprises. Aujourd’hui, l’Épine Noire compte donc 610 568 signes.

J’arrive peu à peu à trouver ma vitesse de croisière, et j’ai envie de dire qu’il est temps vu que j’ai déjà écrit l’équivalent d’un roman de taille moyenne. Mais l’alternance des chapitres n’est pas facile à gérer : on passe d’un univers à l’autre, d’une ambiance à l’autre, de personnages à d’autres, et c’est difficile à suivre sur une journée. L’avantage c’est que je commence à bien connaître ces personnages, du moins une partie d’entre eux. Filius est le plus bavard : c’est un marcheur de rêves qui voyage de monde en monde avec sa Guilde, et dans le roman, il raconte lui-même son histoire puisqu’il écrit dans son journal. Je me retrouve ainsi avec des chapitres consacrés aux Voyageurs qui sont gigantesques. Mais j’aime bien : on visite des mondes très différents et on rencontre des gens tout aussi différents, sans compter qu’il y a une vraie sérénité entre les Voyageurs de la Guilde.

À l’inverse, Lili est difficile à appréhender, mais parce que pour une fois je raconte son histoire à la troisième personne. Si vous ne connaissez pas mes récits (ou pas tous), Lili est l’héroïne de mon roman Onirophrénie, ainsi que d’une petite poignée de nouvelles, dans lesquelles la narration se fait à la première personne. Près de la moitié de mes romans sont rédigés à la première personne : au début de ma carrière (lol), c’était comme ça que j’aimais écrire ; étrangement, j’ai eu le besoin de changer, de prendre du recul sur mes personnages, quand le Phare au Corbeau a été publié. Avec un roman publié en maison d’édition, le prisme change, il y a beaucoup beaucoup plus de lecteur·ices, beaucoup beaucoup plus d’avis sur le texte aussi, et j’ai senti une sorte de crispation autour du personnage d’Agathe, qui est pourtant typique de mes personnages.

Agathe doute beaucoup, elle n’a pas de confiance en elle ou très peu, et elle cherche sa place constamment, par le fait qu’elle est bisexuelle dans une famille catho-tradi qui la rejette, et par son don qu’elle juge défaillant (elle voit des fantômes mais elle n’est pas capable de les faire passer de l’autre côté, contrairement à quasiment tous les médiums de mes histoires). À travers Agathe, j’ai voulu parler de mes propres insécurités, mon syndrome de l’imposteur mais aussi la sensation de ne pas faire partie de l’espèce humaine. Et apparemment, les personnages qui doutent, notamment féminins, ne sont pas toujours très appréciés. C’est pour ça que j’ai ressenti le besoin de changer de narration après le Phare, à partir de Midnight City, ce qui m’a fait un bien fou.

Mais cela crée une distance avec Lili, qui m’échappe un peu dans l’Épine Noire. Lili fait partie de mes trois personnages piliers, avec Samuel et Oxyde ; ces trois-là représentent chacun une facette de ce que je suis (que je n’ai pas encore explorées) et Lili est celle qui m’est la plus proche sur le plan psychologique (on a clairement pas vécu les mêmes merdes mais c’est à travers elle que je déverse mes soucis d’humeur/de déprime/de peur de plonger dans les abysses) (en opposition, Samuel est ma partie créative et positive, et Oxyde… Ce n’est pas encore tout à fait établi. Je crois qu’il essaie de réconcilier les deux autres). En ce moment, donc, je me débats un peu avec Lili. Mais je ne lui en veux pas puisqu’elle m’a aidée à l’époque de la rédaction d’Onirophrénie, durant laquelle je suis tombée malade (de la tuberculose). J’essaie de lui donner une fin heureuse.

Je me suis rappelée que je devais vous partager le pitch de l’Épine Noire et que j’ai oublié. Rédiger la quatrième de couverture du roman va être un sacré défi : je ne sais pas comment le résumer. Voilà ce que j’ai noté dans mon carnet :

Une cité ténébreuse est la dernière de son monde à subsister, et elle s’effondre, brisée par un gigantesque prunellier.

Des Voyageurs errent de monde en monde à travers leurs rêves, fuyant des hordes d’oiseaux noirs et l’hiver qui anéantit villes et royaumes, continents et planètes.

Une mystérieuse maladie plonge ses victimes dans un profond sommeil dont elles ne se réveillent jamais.

Partout, le futur s’efface et meurt, la réalité s’effrite, sous le regard inflexible de prophétesses qui semblent venir de toutes les époques et tous les mondes, des messagères : le Rêve meurt et nous emportera.

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