Onirolog 4 : la naissance d’un monstre

Onirolog est une série de billets qui reprend une partie des mails de l’Oniropostale, ma newsletter hebdomadaire (voir L’Oniropostale). Ces billets sont publiés avec une semaine de décalage par rapport à la newsletter.

  • Oniropostale n°10, parue le 25 mai 2021

Voilà 10 jours que j’ai entamé la rédaction du roman. Ça avance, et ça avance peu en même temps : j’arrive à écrire tous les jours, entre 3h et 6h par jour en moyenne, j’atteins pour l’heure (dimanche 23 mai) les 345 000 signes (60 000 mots)… mais je ne suis pas encore au quart de mon plan.

J’ai vu des mondes disparaître sous la neige, une jeune fille devenir prêtresse du rêve, des Sœurs se parler d’un monde à l’autre, des Voyageurs voyager d’un monde à l’autre, une oniromancienne qui vit en 1921 voir le monde de 2015, et 2015 subir le début d’une épidémie terrifiante, dont les malades s’endorment pour ne jamais se réveiller… Bref, je suis partie super loin.

Les différents mondes/personnages/époques alternent d’un chapitre sur l’autre, ce qui n’est pas facile à suivre en terme d’ambiance : on s’habitue à peine à parler par la voix d’un personnage qu’il faut déjà le quitter et changer d’ambiance, de style, d’année. Il faut retrouver des personnages dont on a déjà raconté les aventures dans d’autres romans, et ne pas les trahir tout en montrant qu’ils ont évolué. Il faut raconter des tragédies et des révélations d’épilogue de précédents livres et les résumer en une phrase ou deux pour situer. J’ai un peu peur pour la suite, quand il faudra remettre d’équerre tout ça après la fin du premier jet (il n’y a pas de réécriture dans mon processus de travail : si je passe autant de temps sur mon plan, c’est justement pour ça. Il y aura forcément des choses à revoir sur le fond, mais pas au moins de devoir réécrire le roman).

Du coup j’aurai sans doute besoin de cobayes (encore !) pour relire ce premier jet, histoire de voir si tout est compréhensible et efficace. D’habitude, j’ai ma super Sophie (gloire lui soit rendu) qui passe mes romans dans son scanner impitoyable mais ici, j’aurai également besoin d’autres gens, avec des profils différents : une ou deux personnes qui auront déjà lu mes autres romans, et une ou deux autres qui ne les connaissent pas ! Ce ne sera pas pour tout de suite, évidemment, je dois d’abord terminer d’écrire, mais le moment venu, et si ça intéresse quelqu’un, je proposerai ça.

D’ailleurs, pour évoquer les romans liés à l’Épine Noire, et si vous êtes complétistes et que vous voulez vous mettre à jour dans le Grand Projet, vous avez le temps avant la parution du roman. Voici l’ordre de lecture si vous voulez tout savoir : Érèbe, Midnight City, Night Travelers. En bonus, Onirophrénie me paraît important : il se passe après l’Épine Noire, mais je trouve que c’est bien de le lire avant aussi. Pour en savoir plus sur les livres : c’est ici.

Comme toujours, si vous ne voulez pas lire le Grand Projet, l’Épine Noire se tient parfaitement tout seul. Vous pouvez aussi tout lire dans le désordre ! Vous saurez ainsi que certains événements se sont passés, mais vous ne saurez pas comment. Tout est expliqué ici : le Grand Projet.

Et pour finir, un extrait ! Il s’agit de la rencontre de deux personnages, Filius (le narrateur) et Jacob. Ils viennent chacun d’un monde différent et Filius propose à Jacob de l’accompagner lors de ses explorations oniriques. Ce passage n’est ni travaillé ni corrigé ! (et ne spoile pas vraiment)

« Je suis un scientifique, ai-je ajouté après avoir bu à ma chope. Je n’ai pas l’habitude des grands espaces, ni des explorations, et encore moins des dangers que vous représentez. Je ne voyage pas depuis très longtemps, vous savez. Enfin, je le fais depuis que je suis adolescent, mais en rêve. J’ai inventé l’onirolabe il y a à peine une année. Mais je ne veux pas être le seul à en bénéficier.

— Vous vouliez… m’en offrir un ?

— Oui. Je cherche des compagnons de voyage. Des gens comme vous et moi, capables de traverser le rêve, pour découvrir d’autres mondes, d’autres pays, d’autres histoires. C’était mon but en venant ici. Je viens dans chaque monde en espérant trouver des rêveurs. Et je vous ai trouvé. »

Quelque chose est passé sur son visage à ce moment-là, très doux, comme si je venais lui donner ce qu’il attendait depuis toujours.

« Je ne mérite pas ce que vous m’apportez, a-t-il murmuré. Je ne suis pas quelqu’un de bien, je… Je suis recherché. Vous devriez proposer votre offre à quelqu’un d’autre. »

Il a soupiré ensuite, comme perdant d’avance.

J’aurais pu, oui, partir en reprenant l’onirolabe. Je n’avais pas réellement pensé au profil de mes futurs compagnons de route, mais il était certain que je ne veuille pas voyager avec des criminels. Impossible d’offrir un tel cadeau à quelqu’un de cette engeance. Mais je ne parvenais pas à croire cet homme quand il prétendait ne pas le mériter. Quelque chose me disait qu’il mentait, ou qu’il n’était pas si mauvais que ça.

Bien entendu, je peux me tromper. Personne n’est sûr de rien.

J’ai dit, alors, en poussant l’onirolabe vers lui :

« Je vous propose une période d’essai. Vous en profiterez pour me raconter ce que vous avez fait de répréhensible. »

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