Onirolog 3 : et c’est parti (pour le show)

Onirolog est une série de billets qui reprend une partie des mails de l’Oniropostale, ma newsletter hebdomadaire (voir L’Oniropostale). Ces billets sont publiés avec une semaine de décalage par rapport <à la newsletter.

  • Oniropostale n°9, parue le 18 mai 2021

La semaine dernière, je vous parlais du plan du roman, particulièrement difficile à agencer à cause de ses multiples arcs narratifs, et je galérais un peu avec les révélations à distiller tout le long. J’ai même dû tout relire de A à Z, décortiquer chaque chapitre et vérifier que tout s’emboîtait bien, me collant un doute monstrueux quant à l’efficacité de ce projet. Et si j’étais vraiment partie dans tous les sens, et que le résultat à la fin était incompréhensible ?

Quand on y pense, c’est une question qu’on se pose à chaque bouquin entamé, même le plus simple. Comment être sûr·e que l’histoire que nous racontons se déroule de la meilleure des manières pour le lecteur ou la lectrice, alors que nous en possédons tous les éléments, que nous n’avons aucun recul ? Le manque de recul, d’objectivité, le fait de ne pouvoir lire mon livre dans la peau d’une autre personne, c’est bien l’aspect qui me perturbe le plus (presque à un niveau philosophique, j’ai envie de dire. Voilà un truc qu’on ne vivra jamais : être une autre personne) (pardon je digresse). En fin de compte, cette question se pose pour l’Épine Noire, mais elle s’est posée pour n’importe quel autre texte et je ne vois pas pourquoi elle m’empêcherait d’avancer.

le plan retapé, avec arcs narratifs, détails, points de vue et révélations

Donc, j’ai commencé à écrire une fois le plan retapé, soit mercredi dernier je crois. Comme toujours, le démarrage est lent, poussif, et pénible. Il faut sacrément se motiver pour s’immerger entièrement dans l’eau glaciale et flippante du Début de Rédaction d’un Roman (DRR), cette période sombre et déprimante qui va de quelques heures avant qu’on pose ses fesses devant son écran au deux ou trois jours qui suivent. En général, j’ai pas envie : ni d’écrire, ni de me poser devant l’ordi, ni d’imaginer que je vais devoir faire ça tous les jours pendant les trois ou quatre semaines à venir (argh). Où sont ces fameux romans qui s’écrivent tous seuls ? Les algorithmes qui les écrivent à notre place ? Qui a la technique ?

Une fois la motivation plus ou moins en place, il a fallu aussi négocier la difficile phase d’Introduction de Personnage, de Lieu, d’Arc Narratif (IPLAN). Écrire le début du roman, quoi. Mais avec autant de personnages, de mondes et d’arcs narratifs différents, c’est compliqué : il faut caractériser les personnages, introduire les lieux, les enjeux, les situations, et ça plusieurs fois, et ce n’est clairement pas la partie la plus intéressante et plaisante de l’écriture (pas sûre d’avoir croisé ne serait-ce qu’un·e seul·e auteur·ice qui apprécie ça). J’en suis actuellement au chapitre 8 et je n’en ai pas encore fini avec cette phase d’IPLAN.

Voici les stats pour les curieux·euses ! Au moment où vous recevez ce mail, c’est-à-dire mardi, j’en suis à 191 000 signes et des brouettes, prête à entamer le 11e chapitre (sur un total de 82). Étant incapable de quantifier le nombre de signes prévus par chapitre, je suis bien en peine de vous donner une estimation du poids du livre à l’arrivée ; j’aimerais éviter de dépasser le million de signes, mais bon, on verra bien.

La prochaine fois, j’essaierai de vous bricoler un simili-pitch. Si je n’ai pas de problème avec cet exercice de manière générale, je crois que celui-ci va me donner beaucoup de fil à retordre. La rédaction de la 4e de couverture du livre va être un plaisir.