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Mon p’tit journal d’écriture

Voilà fait plusieurs fois que j’évoque ici mon journal d’écriture, comme dans ce billet (où je vous montre mes carnets) ou celui-ci, et j’avais promis d’en parler plus en détails lorsque j’aurais un peu de recul. C’est maintenant chose faite ! Petite remarque avant de commencer : je vous montre ici un de mes outils, qui est personnel et qui me convient à moi. Ça peut très bien ne pas vous convenir, tout comme vous pourriez très bien ne pas y voir d’utilité.

Pourquoi un journal d’écriture ?

On parle souvent de ces bêtes-là sur les blogs d’auteur·ices, tout comme le bullet journal (on fusionne souvent les deux). En fait, un journal d’écriture, c’est ce que vous voulez : vous y mettez tous les trucs dont vous avez besoin pour écrire vos histoires (avancée, remarques, humeur, idées, inspirations…) et pour les planifier.

Jusqu’à il y a peu de temps, je n’avais pas de carnets, et puis j’ai changé d’avis à cause de mon Grand Projet. Je ne voyais pas non plus l’utilité de tenir un journal, pour une simple et bonne raison : planifier des trucs à l’avance me gonfle et, de plus, ça ne me sert à rien (je n’utilise pas d’agenda ni de calendrier). En revanche, je note toujours mes avancées quand j’écris, je suis même un peu obsessionnelle avec les chiffres et les statistiques. En partant de ça, je me suis rendu compte que tenir un journal pour y noter des trucs en amont ne me convenait pas ; par contre, pour y consigner des choses en aval, ça pouvait être utile.

Je me suis décidée lorsque j’ai découvert le principe de la boîte à doutes de Marie Caillet. En voilà une idée géniale ! Écrire un roman n’est pas un long fleuve tranquille et l’on rencontre beaucoup de difficultés, de doutes, de questionnements sur son travail. Pas d’un point de vue strictement littéraire, d’ailleurs, puisque l’on peut s’interroger sur son rapport à l’écriture, à l’édition, à son œuvre en général, et pas seulement à propos du texte sur lequel on est en train de travailler. Du coup, j’ai adopté l’idée.

Mon joli journal à moi

Les deux jolis ❤

Je me suis lancée en janvier pour profiter de la nouvelle année, avec ce joli carnet rose avec un attrape-rêves acheté lors de mes vacances en Belgique (à Maisons du monde) (temple de la perdition qui me donne envie d’acheter la moitié des trucs qu’ils vendent). J’attaquais la correction dIl neige sur Érèbe, c’était donc l’occasion rêvée de tester.

Entre-temps, ma copine Marie m’a offert un autre carnet de la même gamme, tout blanc cette fois, et je me le réserve pour quand le premier sera terminé ❤

Dedans, comme vous pouvez le voir, c’est sans fioritures ; par contre, c’est la fête aux fluos et au correcteur (pas le temps de m’amuser à dessiner, à décorer, ou même à écrire proprement, le seul truc que je demande à ce carnet, c’est d’être efficace et utile).

 

Comment je fais ?

Je l’utilise lorsque je travaille sur un roman, une nouvelle ou n’importe quoi d’autre qui implique d’être assise devant mon ordi et d’écrire des mots, que ce soit pour la rédaction, la correction et la relecture. Tous les soirs, lorsque je termine ma session de travail, je remplis la double-page consacrée à la journée, avec trois grandes parties.

En premier, les statistiques :

  • la date, le titre du texte
  • le temps passé à écrire dans la journée
  • le nombre de signes écrits dans la journée
  • le nombre total de signes
  • le(s) chapitre(s) travaillé(s)

Pour quantifier le temps passé à écrire, j’utilise une appli, Timeular (et je louche sur le joli gadget qui va avec) (si un jour vous voulez m’offrir un cadeau…).

Ensuite, je mets quelques notes sur mon état d’esprit général : l’humeur du jour, les doutes, les questionnements, les réussites aussi (il faut bien), de l’auto-motivation… Ici, c’est la partie ‘journal intime’ dans laquelle je râle beaucoup (sur moi, sur les gens qui ne comprennent pas mon génie), qui me permet aussi de mettre des mots sur des réflexions en rapport avec l’écriture, mais aussi la publication, l’auto-édition, l’édition classique… Certains de mes billets récents découlent de ces réflexions notées dans mon journal.

Pour finir, la troisième partie est consacrée aux remarques purement factuelles sur le travail en cours : développer telle ou telle scène, tel personnage, virer tel passage, ne pas zapper d’évoquer tel truc, etc.

Et ça sert à quoi ?

Une fois le boulot terminé (par exemple, la rédaction d’un roman), je me pose avec mon carnet et je relis mes notes, avec deux buts distincts :

  • faire la liste de tous les ajustements/corrections à prendre en compte dans le roman
  • me rendre compte de mon humeur, du négatif et du positif, histoire de voir ce qui m’enfonce ou, au contraire, ce qui me motive, et faire en sorte de changer tout ça si c’est possible.

Les zoutils indispensables

Ce dernier objectif est important si l’on veut écrire de manière sereine, parce que ça permet d’identifier tout ce qui fait douter, ce qui nous met des bâtons dans les roues, ce qui nous empêche d’avancer. Parfois, on peut changer ça et il ne faut pas s’en priver ; parfois, on ne peut pas, alors il faut apprendre à l’affronter. Ce sont ces réflexions qui m’ont amenée à me dire que je dois vraiment ne plus trop faire attention au négatif (la situation de l’auto-édition, le fait que je ne vende pas beaucoup, les critiques négatives), et qui m’ont apprise à être un peu plus bienveillante envers moi-même. Il faut s’encourager, se motiver, se féliciter aussi, et pointer ce que l’on trouve réussi. Grâce à ça, j’ai envoyé péter cette image de l’artiste jamais satisfait de son travail, une image qui ne nous rend pas service. Oui, l’on peut toujours s’améliorer, oui, rien n’est parfait, mais non, on n’est pas obligé de dire à tout bout de champ que notre travail, c’est de la merde. Je l’ai réalisé en relisant le tome 3 de TOWN le weekend dernier, dont le premier jet, pourtant plein de fautes, imparfait et un peu bancal,  m’a surprise parce qu’il m’a beaucoup plu. Ce n’est pas parce que ça sort de mon cerveau et de mes mains que c’est forcément pourri, il faut apprendre à se faire confiance, un peu.

En fin de compte, procéder à ces petits exercices d’introspection, si ce n’est pas évident au début (je n’ai jamais réussi à tenir un journal intime, par exemple), permet ensuite de trouver du positif, d’élargir son champ de vision et d’aborder l’écriture un peu plus sereinement. Lorsqu’on a l’impression de mettre sa vie en jeu quand on commence un roman, ce n’est pas plus mal, ça permet de relativiser.

 

En conclusion, je ne regrette pas d’avoir commencé, et j’espère bien poursuivre l’expérience, améliorer ce journal, aller plus loin dans mes réflexions (et l’idée d’avoir une pile de carnets pleins lorsque je serai vieille me plaît beaucoup !).

Et vous, vous tenez un journal de ce genre ? Vous y mettez quoi dedans ?

28 avril 2018

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