Les bijoux de l’Onirographe

Si vous me connaissez depuis un moment, vous savez que j’aime bijouter et que j’ai tenu deux boutiques au fil des ans : la première, Unseelie, a été ouverte pendant presque 5 ans et proposait des bijoux d’inspiration étrange et féerique, avec des pierres naturelles transformées en bijoux par la technique du wire wrapping. La seconde, OXYDE Jewelry, était plus contemporaine, avec ses bijoux en acier et pierres noires, et surtout les pendentifs bruts créés à l’aide d’un mélange maison et secret de béton et de résine. J’ai beaucoup aimé ces deux expériences, très différentes l’une de l’autre, car j’ai appris plein de choses et ai eu l’occasion de rencontrer, virtuellement ou non, des gens qui me suivent encore aujourd’hui (je vous kiffe).

Unseelie – bijoux étranges & féeriques

Malheureusement, un certain nombre de petites choses m’ont poussée à fermer boutique par deux fois : déjà, je ne pouvais pas mener de front l’écriture, le bijoutage et l’illustration. Ce ‘problème‘ est réglé depuis longtemps puisque j’ai laissé tomber les crayons et les pinces pour me consacrer entièrement à l’écriture. Ensuite, les réseaux sociaux ont beaucoup changé, la visibilité des petites entreprises a pris cher et il était difficile de maintenir le cap (pour Unseelie, je ne voulais pas travailler plus pour compenser cette baisse de visibilité ; pour OXYDE, je n’ai malheureusement pas été capable de constituer une clientèle à cause du style contemporain de mes bijoux, qui n’est pas vraiment tendance) (sauf s’il l’on travaille avec des métaux précieux mais ça n’était pas possible). Pour terminer, à l’époque d’Unseelie, j’en ai eu assez de voir des tas d’autres boutiques ouvrir et faire la même chose que moi, ce qui a été la goutte d’eau qui m’a poussée à prendre mes clics et mes claques et à me tailler.

OXYDE Jewelry

Retour aux sources !

Malgré tout, j’ai conservé mon matériel (mes pinces, mes bobines de fil, mes boîtes de perles ❤) et je n’ai pas réussi à me décider à le vendre ou le céder. Je l’ai ressorti de temps à autre pour faire des bijoux pour moi, et parfois pour en vendre, mais sans l’optique de m’y remettre sérieusement. Ça me démange depuis longtemps pourtant, parce que même si je suis heureuse de pouvoir écrire à temps plein, il manque cette activité artisanale qui m’a toujours permis de me vider la tête et de créer sans avoir à réfléchir. Finalement, je me suis décidée lorsque j’ai annoncé la fin de l’auto-édition de mes livres : et si je proposais de nouveau des bijoux de temps en temps ? J’ai pu constater aussi qu’il y avait une certaine demande de la part de mon ancienne clientèle (parfois plus que pour mes livres !), c’est ce qui m’a décidée pour de bon. Et puis, j’ai toujours adoré les jolis cailloux colorés, je suis une accro des perles (en verre ou en pierres semi-précieuses), et il n’y a rien que j’aime tant que le wire wrapping.

Quelques spécimens en attente d’adoption, sagement rangés dans ma vieille boîte La Trinitaine (qui est au moins aussi vieille que moi)

Le Grand Projet et mes héroïnes faiseuses de bijoux

Je vous parle souvent de mon Grand Projet ici (si vous ne savez pas de quoi il s’agit, vous pouvez lire cette page). Il s’agit, ni plus ni moins, que de mon grand œuvre, l’expression d’une histoire intérieure et d’une recherche artistique démarrée il y a bien des années, mais aussi d’un journal intime. J’aime raconter des histoires depuis toujours, peu importe le moyen (en vrac : écriture, illustration, bijoux, ainsi que customisation de poupées, créations d’objets, photographie…). Mais pour tout dire, l’écriture est une discipline exigeante, dans laquelle j’ai tendance à m’immerger entièrement sans me laisser d’espace pour respirer, au point parfois de m’y noyer. À l’inverse, la création artisanale permet cette respiration : en créant des bijoux, on laisse les mains s’exprimer seules, on laisse place aux couleurs et aux formes plutôt qu’aux mots. Les deux, l’écriture et le bijou, font ainsi comme les deux plateaux d’une balance.

Dès le début, quelque part en 2012, j’ai eu envie de mêler ces deux disciplines autour de mes histoires, avant même que ces dernières soient toutes reliées ensemble. La forêt d’Adria, découverte dans mon recueil Le Rêve du Prunellier, m’avait servi d’inspiration pour les premières collections de ma boutique Unseelie (d’ailleurs, à l’époque, Unseelie a failli s’appeler La forêt d’Adria !), qui ont ensuite inspiré le personnage d’Enys, une Voyageuse onirique qui reçoit la mission de rendre leurs souvenirs aux habitants d’un monde. Pour cela, elle collecte ces souvenirs * sous la forme de pierres et les transforme en bijoux dans son atelier. Enys apparaît dans le roman L’Épine Noire, que vous ne connaissez pas encore et qui doit être réécrit… et qui est l’adaptation du Rêve du Prunellier. La boucle est bouclée !

Il existe une autre bijouteuse dans mon univers, que vous connaissez déjà si vous avez lu Oracles ou les nouvelles qui s’y rattachent (la liste se trouve ici) : il s’agit de Francesca, la sorcière aux cheveux noirs qui m’a inspiré la plupart des bijoux d’OXYDE Jewelry. Celle que l’on appelle la Magicienne tisse dans ses bijoux des sortilèges qui influencent la chance, apportant bonheur et prospérité à ceux qui en bénéficient (ou, si elle le souhaite, le malheur et la ruine).

Francesca la Magicienne (par Xavier Collette)

*Il est drôle de constater qu’Enys est également une Collectionneuse en plus d’être une bijouteuse, comme une certaine Victoria St. John qui collectionne des souvenirs sous la forme d’égrégores… C’est normal, les schémas se répètent dans mon Grand Projet, et c’est pour une bonne raison.

Les bijoux de l’Onirographe

Mes nouvelles créations seront inspirées de ces deux esthétiques, comme la réunion de mes anciennes boutiques : les pierres naturelles, le wire wrapping et l’inspiration fantasy d’Unseelie, le noir, l’acier et le béton texturé d’OXYDE Jewelry (mais je ne reprendrai sans doute pas les anciennes collections de celle-ci). S’y ajouteront d’autres inspirations, toujours en rapport avec mes univers : les ténèbres des marcheurs de rêves, le sable d’Atlacoaya, le grenat teinté de sang du Cercle, la neige d’Érèbe… Chaque bijou aura sa propre histoire, qu’elle soit déjà écrite (sous la forme de nouvelle ou de roman) ou non. Ce sera aussi l’occasion de développer la mythologie du Grand Projet, à commencer par l’Onirographe, son démiurge, et les esprits que ce dernier a fait naître pour leur confier ses rêves.

D’un point de vue plus technique, sachez que les bijoux seront tous faits-main en exemplaire unique, comme une petite œuvre d’art à porter, et seront accompagnés de leur petite histoire !

Aperçu du packaging, avec la petite histoire accompagnant le bijou

Voilà pour ce ‘petit‘ topo. Le site a été réorganisé pour l’occasion, alors n’hésitez pas à en parcourir les pages si vous souhaitez (re)découvrir mon univers ; de plus, il regorge d’histoires, petites et grandes, à lire pour prolonger le voyage.

Si vous avez des questions ou des commentaires, faites-vous plaisir ! :)