Janvier & février

Je subis très souvent un phénomène fascinant, à la fois drôle et agaçant dans sa répétition (je déteste le comique de répétition) : dès que je tente de m’organiser et de planifier mon boulot, tout est foutu en l’air LE LENDEMAIN. C’est systématique.

Par exemple, dans le bilan de l’année dernière, j’avais fait le souhait d’organiser mon travail d’une meilleure façon : je n’avais pas réussi à le faire en 2020 à cause de la situation particulière que nous traversions (et traversons toujours). J’ai donc abordé janvier avec la patate, des projets plein la tête, une motivation sans faille…

…et dès la première semaine de 2021, tout est tombé à l’eau.

J’ai voulu relancer Rue de Minuit avec un autre fonctionnement (= des bijoux crées à la demande) et des nouveaux produits (papeterie surtout) ; j’ai voulu écrire plus de billets dans ce blog pour parler d’écriture, du Grand Projet, de technique ; j’ai voulu aussi écrire mon premier roman de l’année, Marcheurs de rêves, j’avais même rédigé deux billets (ici et ici) pour vous parler de la galère que ça a été de concevoir le plan… Et puis la machine s’est enrayée.

Mes plans pour Rue de Minuit s’effondrent un peu : je n’ai plus spécialement envie de continuer à créer des bijoux et la complication supplémentaire liée au Brexit, qui rend plus difficile et coûteuse l’importation de produits fabriqués au Royaume-Uni, m’a vraiment démotivée. Je n’ai pas trouvé le temps et l’énergie d’écrire ces nouveaux billets – la preuve, le dernier date de fin décembre. Et j’ai changé de projet pour le premier roman à écrire 15 jours avant le début de la rédaction, sans plan, sans titre, sans réelle préparation.

Et je me suis assez flagellée ces dernières semaines pour en rajouter une couche ici.

En fait je crois que je me suis cherchée des excuses : le prétexte de ‘2020 est une année compliquée qui ne m’a pas permis de trouver stabilité et motivation’ ne tient plus trop. Je suis comme ça TOUT LE TEMPS. Depuis des années.

J’ai beaucoup douté, j’ai perdu ma motivation, je me suis rendu compte qu’il y a plein de choses que je ne voulais plus faire. Chez moi c’est cyclique et c’est compliqué à vivre : parfois je me trouve inconstante et instable, parfois je me fais l’effet d’une gamine gâtée qui fait un gros caprice parce qu’elle ne veut pas travailler. Maintenir ma motivation sur un projet est difficile (à l’exception de l’écriture). Il va falloir que je l’accepte et que je fasse avec ; de toute façon, je ne suis pas sûre de pouvoir me forcer à quoi que ce soit.

Ma vie, mon oeuvre (via adhdmemetherapy)

Bref, tout ça pour dire qu’il est temps d’arrêter de planifier des trucs ici. J’ai terminé la rédaction de mon dernier roman en fin de semaine dernière, le lendemain j’ai organisé avec beaucoup de soin les deux mois à venir, le surlendemain j’ai fini en crise de larmes parce que je n’y arrivais pas.

Le sursurlendemain (hier), je me suis réveillée avec le dos bloqué. Si c’est pas le signe qu’il faut ralentir…

On fait l'bilan, calmement

En revanche, il y a une chose qui m’aide beaucoup, c’est me retourner et regarder ce qui a été accompli. Voilà pourquoi je tiens à mes bilans sur ce blog : j’y garde une trace de mon boulot non pas pour me la péter mais pour me prouver que si, j’ai travaillé, et beaucoup, et bien (ou pas trop mal). Je passe mon temps à croire que je n’ai le temps de rien faire parce que je suis insatisfaite, parce que je charge un peu trop la mule ou parce que je n’arrive pas à m’organiser (tiens tiens), donc me poser et relire le bilan du mois passé me fait du bien. C’est une manière de dire ‘si, tu vois, tu as fait ça et ça et ça’.

Donc en janvier et février, il s’est passé ceci :

Rue de Minuit

La boutique a connu un petit tournant puisque j’y ai proposé une collection de bijoux reproduisibles, du moins pour certains modèles (pas tous). Le collier L’Astronome a eu son petit succès et j’en suis très contente ! J’escompte en proposer d’autres bientôt, le temps de me rassembler et de commander le matériel qu’il faut.

Le projet Scribe

En parallèle, j’ai parlé du projet Scribe, à savoir le gros projet de l’année : la création d’une ligne de carnets ! Je voulais lancer ce projet via un financement sur Ulule en mars mais : 1) c’est trop tôt, 2) je n’en suis pas tout à fait certaine. Je me laisse l’été pour y réfléchir et m’organiser, rapport aux changements post-Brexit (la majorité de mes fournisseurs viennent du Royaume-Uni) (et non, ce n’est pas toujours possible de faire ça en France simplement pour des raisons de coût).

Je tiens à ce Projet Scribe car il sonne le renouveau de ma petite boutique. J’espère y proposer de la papeterie, des carnets et d’autres petites choses en rapport avec mes livres (Midnight City mais pas seulement). C’est d’ailleurs l’objectif n°1 de 2021 : faire en sorte que l’écriture soit de nouveau au centre de mon travail, par le biais d’autre chose que des livres. Et je ne vous en dirai pas plus ici car ce serait en totale contradiction avec la tartine écrite au début de ce billet.

Le premier carnet du Projet Scribe ♥

Un premier roman pour 2021

À l’origine je devais écrire Marcheurs de rêves mais 15 jours avant le début de la rédaction, j’ai changé mes plans et ai décidé de partir sur autre chose. En vrai, c’est un peu de la faute de Bob Fumble qui a écrit cette chronique dithyrambique sur Oracles, ce qui m’a donné envie de revoir Oxyde. Mais genre fort. Et comme il y avait dans mes carnets un projet de roman qui racontait un peu plus en détail sa vie à lui… eh bien je suis partie là-dessus.

Cela a donné L’Ombre dans la Pluie, un roman d’urban fantasy qui raconte comment Oxyde et Edgar (du Temps des cathédrales) galèrent sur une affaire de possession particulièrement difficile. Le 1er jet est écrit, la couverture et le résumé déjà élaborés ; j’espère me lancer dans la correction mi-avril pour une publication en mai. Vous en saurez plus très vite !

Quant à Marcheurs de rêves, il est en sursis : je ne sais pas encore si je maintiens ce roman. Possible que je re-change d’avis et que j’en fasse un recueil de nouvelles comme c’était prévu à la base, et possible aussi que je l’écrive bien plus tard. On a dit qu’on arrêtait de planifier des trucs… donc on arrête.

Quelques petites choses à venir

Parce que bon, il faut quand même relancer la machine, j’ai prévu ceci :

  • Les maisons-lanternes vont être mises en vente sur Etsy. Malheureusement, elles coûtent trop cher et ne se vendent pas (et je ne peux pas baisser leur prix car il y a beaucoup de travail dessus). J’espère qu’elles toucheront un public un peu plus grand en les mettant sur Etsy puisqu’il y a des acheteurs du monde entier.
  • Je voudrais rééditer mes bouquins les plus anciens. L’idée c’est de leur donner un coup de jeune : relecture et re-correction, nouvelle mise en page intérieure, nouveau papier et couverture avec pelliculage mat. Le contenu restera le même, il s’agira juste d’un ravalement de façade. Je vais commencer par Fêlures et Notre-Dame de la mer !
  • Pour le moment c’est déjà pas mal, surtout par rapport à ce qui a été dit plus haut. Mais ne plus se prendre la tête à s’organiser ne veut pas dire ne plus rien faire du tout ; il faut surtout que j’apprenne à lâcher du leste.

Je me suis rendu compte aussi d’un truc important : je me préoccupe trop de l’image que je peux renvoyer. Je sais que je suis inconstante, je sais que je lance plein de trucs dans tous les sens et que je ne les finis pas toujours, je sais que j’ai plein d’idées en tête, plein de projets, plein de trucs à faire… Et si j’essaie de me refréner, c’est à 85 % parce que je ne veux pas donner l’image d’une personne survoltée qui commence des tas de choses sans les terminer. Alors je me force. Et ça ne donne rien de bon quand on se force.

Et ça, donc, je le réalise tout juste. Notre époque veut que l’on maîtrise son image à la perfection sur les réseaux sociaux, jouer un rôle, devenir sa propre marque, ne montrer que le positif. Et à chaque fois que j’ai voulu jouer le jeu, je m’y suis pétée les dents : je pensais qu’il fallait devenir une communicante, limite une influenceuse pour réussir à vendre mes petites bidouilles et mes livres, et à chaque fois je me plante. Je n’y arrive tout simplement pas. Alors j’ai choisi d’être moi-même et de montrer mon autre facette, celle qui galère et qui doute, et ce n’est pas plus mal… Mais je m’acharne quand même à ne pas ‘trop’ en montrer, et donc à essayer de rester constante. Lancer un projet et le finir, ne pas changer de produits dans la boutique trop fréquemment, ne pas montrer que tel ou tel truc ne me motive plus…

Ça me fait du mal d’agir de cette manière. Genre vraiment. Je me sens comme une tornade qu’on veut enfermer dans un verre d’eau : ça ne marche pas. Ça n’a jamais marché. Peut-être que l’insatisfaction que je ressens depuis toujours quant à ma vie professionnelle/créative vient de là. Je ne me sens pas épanouie dans mon travail, je ne l’ai jamais été. Je suis vaguement fière de mes livres mais uniquement parce qu’écrire est la seule chose constante que j’arrive à faire. Je ne ressens pas de véritable accomplissement à leur sujet car je n’en vends quasiment pas, ils ne sont pas exceptionnels et je suis coincée devant les portes fermées par l’auto-édition (aucune reconnaissance du milieu, pas de prix possible, etc). Seul Le Phare au Corbeau m’apparaît comment un vrai accomplissement.

Donc voilà. J’ai essayé de faire rentrer mon travail dans des cases de planning, des pages de bujo, des lignes dans des agendas, et ça n’a pas fonctionné. Je vais maintenant tenter de faire l’inverse : prendre le projet quand il vient et arrêter de m’en faire pour mon image. Et vraiment me bouger les fesses pour contacter un psy à qui demander de l’aide (autisme ? TDAH ? Les 2 ? Autre chose ?).

Et je vais arrêter là, ce bilan vire au rant et ce n’était pas prévu. Désolée 😅

Bientôt sur Oniro (on espère) : on parlera de L’Ombre dans la Pluie et des rééditions de livres !

Un bilan ne peut se finir autrement qu'avec Lilith