Comme une braise sous la cendre

(l’Amicale des Fans d’Anastasia vous dit bonjour)

On aurait pu intituler cet article « J’ai le seum« . En vrai, je ne suis pas très à l’aise à l’idée de déverser une nouvelle fois ma négativité sur ce blog, tout comme je ne sais pas non plus comment tourner ces mots afin de les rendre un peu plus lumineux… Chose impossible, sans doute, alors que le bilan n’est pas positif. Ça fait des semaines que j’y pense. Il est temps de prendre le temps d’exprimer tout ça.

De l’art de publier soi-même… ou pas

Il y a que je ne veux plus publier moi-même mes livres. En septembre 2018, j’avais rédigé un bilan de mon expérience de l’auto-édition, et aujourd’hui je n’en changerai pas la moindre virgule : rien n’a changé depuis, ni les ventes, ni la réputation de l’auto-édition, ni le peu de reconnaissance. Au contraire, la publication du Phare au Corbeau n’a fait que souligner ce que je savais déjà. J’aurai beau m’acharner, le résultat restera le même.

Alors, certes, j’ai fait peu d’efforts ces derniers mois pour promouvoir mon travail (comprendre que je n’ai pas partagé quotidiennement de rappels que j’écris des livres et qu’on peut les acheter sur Amazon). Il faut dire qu’à un moment, crier dans le vide fatigue un peu, en particulier au sein de ces réseaux sociaux à la visibilité daubée. J’ai donc choisi de me concentrer sur mon travail, d’écrire le mieux possible et avec sincérité, de parfaire mes textes, de proposer des livres bien fabriqués, en me disant que ce travail paiera à un moment ou à un autre. Oh, il a payé : la publication du Phare au Corbeau aux éditions Critic l’a prouvé. Mais ce n’était pas réellement mon objectif, plutôt un moyen pour tenter de gagner ma vie avec mes histoires. Ça n’a pas eu l’effet escompté car il y a bien un mur infranchissable entre l’édition classique et l’auto-édition.

En vivre, donc. Il paraît que c’est possible, en France. Mais je n’ai pas envie de compléter mes revenus en faisant des conférences, des tables rondes, des traductions, des scénarios, des masterclass, en apprenant aux autres comment écrire… Je voulais gagner ma vie en publiant mes histoires, c’est tout. Et ça n’est pas possible. En tout cas, je n’ai pas réussi. Et à force de m’acharner, de m’accrocher en me disant « allez, l’année prochaine sera la bonne », j’ai fini par perdre tout le plaisir que j’avais à partager mes histoires.

Aujourd’hui, alors que je rentre d’une semaine de vacances loin de tout et que je me pose en me demandant ce que je vais bien pouvoir faire, je réalise que c’est ni plus ni moins que mon envie d’écrire qui est en danger.

Elle crève peu à peu, noyée dans mon syndrome de l’imposteur, dans mon manque de confiance en moi, dans toutes ces considérations financières (c’est que je dois gagner des sous), dans le manque de reconnaissance de mon travail indé en opposition à mon travail pas indé, dans l’attente d’un soutien qui ne vient pas, dans l’agacement sans cesse grandissant à la lecture de nombreux·ses « collègues » auteur·ices qui prennent la mouche pour un oui ou pour un non, dans cette espèce d’élévation sociale à la con qui fait de quelqu’un·e une sorte de célébrité à partir du moment où iel a sorti un livre tout en lui demandant de fermer sa gueule quand iel demande qu’on respecte ses droits, ou à être rémunéré·e à sa juste valeur.

Le pompon a sans doute été la foirade de Midnight City. Je plaçais tellement d’espoir dans ce livre que je considère comme mon journal intime créatif, dans le concept du livre vagabond, dans tout ce que je voulais développer autour… Mais aujourd’hui, alors que je le relis une ultime fois, je ne peux pas m’empêcher de le trouver amer. Je ne le déteste pas, mais presque. Alors, je sais, vous me direz qu’il n’y a pas d’échec avec Midnight City car son accueil a été énorme. Mais justement : un livre est fait pour être lu, et pour l’heure, ce n’est pas le cas. Sans compter que sur toutes ces personnes qui se sont inscrites sur la carte afin de recevoir le livre vagabond, combien d’entre elles l’achèteront quand il paraîtra ?

C’est ça qui me fatigue. Mettre ses tripes sur la table pour écrire, travailler sans fin, mettre le plus de soin possible dans l’objet final, et finalement ne récolter que de l’indifférence à l’arrivée. L’hypocrisie. Tout ça parce que j’ai choisi de travailler seule, sans filtre, sans validation d’un tiers.

Bref, il y a tant de choses à dire, que je ne dirai pas ici. Comme pour Midnight City l’année dernière, je poserai mes questions et mes états d’âme dans Night Travelers, la suite de MC, parce que c’est bien plus facile que déblatérer dans un billet de blog. Ce qui est sûr, c’est que je vais arrêter l’auto-édition dans l’unique but de sauver mon envie d’écrire. Je ne veux pas que la braise s’éteigne.

Et la suite, alors ?

Le Grand Projet

Il est dit que j’arrête d’auto-publier mes bouquins, pas de les écrire. Je partagerai sans doute mes prochains romans sur Wattpad car je sais que nombre d’entre vous attendent la suite, et c’est tout. Je m’offrirai les tirages papier de mes romans pour les avoir dans ma bibliothèque, et peut-être que je les proposerai à la vente par la même occasion, mais rien n’est moins sûr. Je veux surtout donner à l’écriture la place de hobby qu’elle n’a jamais eue jusqu’ici.

Ce qui est certain pour l’instant : Sinteval paraîtra début 2020 (la publication sur Wattpad est interrompue en attendant) ; Midnight City va l’être tout bientôt, ainsi que sa suite, Night Travelers ; les romans déjà parus seront publiés chacun leur tour sur Wattpad, et sont toujours disponibles à la vente sur ma boutique jusqu’à épuisement des stocks. Ensuite, on ne pourra les trouver que sur Lulu (et peut-être Amazon), même si je finirai sans doute par les retirer de la vente au bout d’un moment.

Une note au sujet de Wattpad : s’il vous plaît, ne vous sentez pas obligé·es de me dire que vous ne lisez pas sur Wattpad/sur écran/en ligne. Ça ne m’intéresse pas.

Midnight City

Il n’y aura pas de campagne Ulule pour Midnight City. Après avoir étudié les différents devis des imprimeurs, il m’est impossible de me lancer dans une campagne de financement pour vous proposer une belle édition car la somme demandée sera très élevée (5000 ou 6000 €), et je ne l’atteindrai pas. Et je ne veux pas subir le stress d’une campagne Ulule si la fabrication est revue à la baisse, autant procéder comme je le fais habituellement.

Pour autant, le livre sortira comme prévu, et je ne passerai pas par l’impression à la demande : cette fois, je proposerai un tirage limité (une cinquantaine d’exemplaires) qui, une fois épuisé, ne sera pas réédité. Il faudra ensuite passer par Wattpad pour lire le roman. Par la même occasion, je proposerai un tirage ultra limité d’une édition collector (9 exemplaires) qui coûtera cher mais qui vaudra le coup. Je pense aussi procéder de la même façon pour Night Travelers l’année prochaine.

Le temps pour moi de préparer tout ça, le livre sera disponible à la vente en novembre, et quelques chapitres seront mis sur Wattpad en attendant. Je vous tiendrai au courant ! (si vous avez reçu un SP du livre, la chronique est bien entendue bienvenue)

Magie Grise & autres projets destinés aux maisons d’édition

Notez que dans tout ça, je n’inclus pas les projets destinés aux maisons d’édition, comme la suite du Phare au Corbeau. Ces projets, eux, seront écrits et soumis, comme je l’avais prévu. Dans le tas, il y a donc Magie Grise tome 2 (ce que j’appelle Le Barde Aveugle), un éventuel tome 3, Les Larmes d’Aquarius, et peut-être Érèbe. J’aimerais aussi trouver un agent littéraire, ce qui n’a rien de certain (encore faut-il que mon travail soit considéré comme étant suffisamment bon pour qu’un agent accepte de me représenter) ; cela me permettra d’aborder l’édition de façon professionnelle, tout en me retirant du stress (parce que, pour être honnête, je suis toujours autant stressée devant les retours du Phare, ce que je ne trouve pas spécialement agréable).

Une future boutique

Pour finir, et comme il faut bien tenter de gagner un peu sa vie, je vais ouvrir une nouvelle boutique dans laquelle je proposerai bijoux & objets artisanaux inspirés de l’univers de Midnight City. Pour l’heure, je dois me former à un nouvel artisanat que je ne connais pas du tout. Je n’en dis pas plus, car je ne veux pas que l’on reprenne ces idées avant moi (je l’ai quelque peu subi à l’époque de ma boutique Unseelie, je n’ai pas envie de recommencer). Ce ne sera pas facile, j’ai encore beaucoup de travail à faire, mais j’ai hâte ! Je pense ouvrir cette boutique courant 2020 (2e trimestre, sans doute), mais je vous montrerai des petites choses en attendant…

 

Voilà pour l’instant. Forcément, je suis déçue de la tournure que prennent les événements, mais avec le temps, l’énergie me manque. J’ai l’impression de me battre contre des moulins à vent, tant que j’ai perdu foi en mon travail (ce ne serait pas la première fois), en mes propres histoires, en mes propres capacités, ce qui m’est franchement pénible. La période n’est pas simple, car des milliers d’idées, de pensées, de rêves se bousculent dans ma tête, des réflexions à la fois positives et négatives qui m’empêchent d’y voir clair ; je voulais poser tout ça ici pour vous tenir au courant mais aussi pour faire le tri. Il y a encore beaucoup de choses à faire, à voir, à définir avant la fin de l’année : la publication de Midnight City (je dois revoir une nouvelle fois toute la maquette interne), le NaNoWriMo qui se profile (je compte écrire Night Travelers mais je n’ai pas commencé le plan…), les essais pour la future boutique, une transformation de mon site (en faire plus un ‘site d’artiste’ et moins un ‘site d’autrice’) …

Merci de m’avoir lue, et pour votre soutien :)

12 commentaires sur “Comme une braise sous la cendre”

  1. Je pense que tu peux être fière d’avoir essayé. Déçue, c’est sûr, et frustrée, en colère, épuisée… Mais aussi fière. Tu as tenté l’aventure comme tu voulais la faire et c’est l’important. Tu t’en serais peut-être voulue de ne pas te lancer, ou de te forcer à soumettre des projets à des maisons d’édition alors que tu ne voulais pas de leur fonctionnement ou que le projet n’y était pas destiné.
    Je ne sais pas pour les autres, mais moi tu m’as inspirée. J’écris beaucoup et tu donnes envie de continuer. Eh oui, malgré ce bilan négatif ! Je suis aussi étudiante en Edition et ton retour sur l’auto-édition me conforte dans l’idée que j’avais de baser mon mémoire sur l’auto-édition, ce mot fourre-tout qui pourtant, en littérature grand public, ne doit pas disparaître.
    Bon courage pour toutes tes créations, quelles qu’elle soient, et même si ce système-là ne fonctionnait pas, il en existe un autre que tu finiras par trouver.

  2. Coucou, bon je tente de ne pas laisser un pavé comme à mon habitude mais ce bilan me touche tant …je suis un peu amère que les résultats ne soient pas à la hauteur malgré les différents biais (projet midnightcity super chouette et original dans le fond et la forme) ;le roman édité par critic Le phare aux corbeau .Mais je pense que le principal c est de garder ta flamme, tu as du talent c ‘est certain et Jean-Mi peut aller manger un grec ^^ et quelque soit tes futurs projets on suivra avec toujours autant de plaisir et d’ émerveillement. Et je fais mon égoïste mais plus d’ Oxyde,c est jamais assez sur ce bonne continuation !des bisous

  3. Bonjour, je ne laisse pas souvent de commentaires mais votre « tristesse » me touche bien trop aujourd’hui. Je peux complètement comprendre votre déception, bien que seulement lectrice, quand je vois votre univers, si bien construit et parfaitement maitrisé, je ne comprends pas comment des maisons d’éditions n’ont pas été emballées ?! quand je vois certaines sorties littéraires si pauvres.. Je me doute bien que vous avez essayer toutes les Me fantastique mais connaissez vous « Le Héron d’argent » ?
    Je trouve vraiment dommage que vos textes soient sur une plateforme gratuite, bien que cela montre encore une fois votre grand coeur..
    Je vous envoie toutes mes énergies positives et bienveillantes, puissent-elles vous réconforter, un peu..

  4. Je ne regrette pas d’avoir essayé. Je regrette un peu certains choix (de m’être lancée dans le Grand Projet par exemple), mais pas d’avoir tenté l’aventure 🙂 Et rien ne dit non plus que les choses se seraient mieux passées en passant par l’édition traditionnelle par exemple… Mon bilan est négatif parce qu’il s’agit aussi d’un constat quant à la situation des auteur·ices en France : c’est impossible de vivre de son travail. Et c’est impossible de l’aborder avec sérénité quand on est une personne timide et introvertie comme moi (un point que je n’ai pas abordé dans ce bilan). Du coup, quand un travail ne nous convient pas… c’est bien d’en changer.

    Au moins, je me console en me disant que quelques personnes ont lu mes bidouilles (et que ça leur a plu), et que d’autres personnes (comme toi) ont repris l’écriture, ou alors ont commencé, ou alors ont poursuivi… Je crois que c’est la meilleure chose qui l’on puisse me dire 🙂

    Merci beaucoup en tout cas ! <3

  5. J’aime bien les pavés ! 😀 En tout cas merci, ça me fait plaisir de voir ton commentaire ici, tu fais partie des personnes qui me suivent depuis le début et ça fait chaud au cœur <3 C'est d'ailleurs pour ça que je ne veux pas arrêter de partager mes histoires : Wattpad est certes imparfait, peu pratique (surtout si on n'aime pas lire sur écran), mais ce site a le mérite d'exister et si j'ai décidé d'y publier quand même mes bidouilles, c'est pour les personnes comme toi ! 🙂
    Merci beaucoup <3

  6. Il faut savoir que je n’ai pas cherché à faire publier mes histoires dans des maisons d’édition 😉 Au tout début, quand je connaissais peu le milieu du livre, oui, mais avec le temps, j’ai découvert l’auto-édition et me suis lancée dans mon Grand Projet, et l’idée de proposer tout ça à des maisons d’édition me paraissait impossible (et pas souhaitable, pour plein de raisons). Du coup, ces maisons n’y peuvent rien 🙂 Et si j’escompte bien leur proposer quelques projets, je veux garder mon indépendance sur le reste (ce qui a déjà été auto-publié, la suite du Grand Projet…).
    Et il ne faut pas trouver dommage que ces textes soient publiés sur une plateforme gratuite : ils ne sont pas ‘gâchés’ pour autant, en tout cas pas beaucoup plus que s’ils étaient auto-publiés. Une histoire vit parce qu’elle est lue, peu importe comment… Et je trouve ça même plus sympa, en tout cas pour moi, de savoir que ces prochaines histoires seront partagées gratuitement, pour tout le monde, car s’il n’y a pas d’échanges d’argent, il n’y a pas de stress de mon côté… et je peux écrire exactement ce que je veux. Ce ne sera pas parfait, mais ce sera le plus sincère possible, sans considération commerciale ou financière. C’est, à mon avis, la meilleure des configurations !

    Merci beaucoup pour votre commentaire et vos encouragements 🙂

  7. Alors je ne dirais pas que je n’aime pas lire sur écran 😉
    Mais si jamais tu es près à commander un ouvrage papier de plus de tes publications quand tu le fais pour toi, je veux bien te le payer avec les fdp pour les avoir en papier……

  8. Une collègue, un jour, m’a dit « on regrette toujours plus ce que l’on a pas fait que ce que l’on a fait ». Tu as tenté, et, dans notre monde aujourd’hui, il faut des gens qui continuent d’essayer, de respecter leurs idées et leur travail, d’aller à contre-courant. C’est peut-être par ces initiatives qu’à force, les choses changeront un jour. En tout cas, j’ai beau ne pas suivre le blog depuis longtemps, ton expérience et ton retour vont m’aider de mon côté, au moment où je commence à me dire « tiens, j’écrirais bien sérieusement ». Si tu ne parviens pas à vivre en auto-édition malgré la qualité de tes écrits, faut pas que je démissionne du jour au lendemain de mon taf qui a l’énorme avantage de me remplir mon compte bancaire tous les mois XD Et tu me confortes dans une intuition : il y a un risque à faire d’une passion un métier à plein temps. Le risque de perdre la flamme (à l’identique, faire le même boulot tout le temps fait aussi diminuer la flamme… Einstein disait « l’Intelligence c’est de changer », il n’a pas tort).

    Je ne sais plus si je te l’ai dit, mais ta novella « Notre Dame de la Mer », ta façon de mélanger ton univers fantastique avec ton histoire personnelle, la culture bretonne et l’affection pour ton grand-père, m’a inspirée pour écrire une nouvelle pour mes soeurs et ma mère. Après deux ans de travail, je finis les dernières corrections, découvre le monde de l’édition grâce à Marielle… et bientôt j’aurais le plus beau cadeau de Noël à offrir entre les mains!
    Et ça, c’est parce que quelque part sur Terre, une jeune femme introvertie a cru en son pouvoir, celui de partager ses histoires 🙂
    Merci

  9. Ah, ça je le savais déjà :p
    Il sera sans doute possible de moyenner pour avoir les bouquins (je réfléchis à un truc pour les quelques personnes qui suivent mes machins depuis longtemps, une sorte de club fermé, donc il y a moyen d’organiser ça 😉 )

  10. Ta collègue avait raison 🙂 C’est vrai que j’aurais regretté de ne pas avoir tenté. Ce que je regrette le plus aujourd’hui, c’est juste que le milieu du livre tel qu’il est aujourd’hui, dans notre pays spécifiquement, ne me permette pas de faire exactement ce que je veux. Il faut juste se faire une raison 🙂 (et en effet, il vaut mieux y réfléchir à trente fois avant de décider de lâcher son travail pour écrire à plein temps XD Même avec l’édition classique c’est quasiment impossible, alors avec l’auto-édition…). C’est aussi prendre le risque de perdre sa flamme, en effet. Tous les gens que je connais qui travaillent dans leur passion vivent souvent la même chose, certains changent de boulot ou perdent tout intérêt à leur passion, il faut vraiment l’éviter.

    Et puis, pour finir, je suis contente que Notre-Dame de la mer ait permis de t’inspirer ! S’il y a une seule chose à retenir de ces dernières années, ce sont toutes les personnes qui, comme toi, me disent que me lire (bouquins ou blog) leur a permis d’écrire, de commencer ou de reprendre… C’est ma plus grande consolation 🙂
    Merci beaucoup ! <3

  11. Voilà un douloureux billet de blog, d’autant que ce n’est pas la première page que tu tournes, bien que sans doute la plus intime. J’avais laissé cet onglet ouvert en me disant que je reviendrais commenter lorsque la Poste aurait fait son travail et que je serais assurée de pouvoir compter parmi tes lectrices papier en plus d’Oniro et de ses vies numériques antérieures. Et comme d’habitude, j’ai laissé un début de commentaire pourrir dans un bloc-note une bonne éternité supplémentaire avant de m’y remettre. Entre-temps, si je n’ai toujours pas lu le fruit même de ce premier achat parce que je suis plongée dans la relecture rituelle d’une trilogie très précieuse, j’ai tout de même ouvert une parenthèse d’une soirée et d’une matinée lorsque je suis revenue du centre-ville la semaine dernière très étonnée d’avoir pu mettre la main sur ton Phare au Corbeau « si facilement ».

    Je pense qu’à l’instar de ce vénérable édifice breton, pour toutes les « mauvaises ondes » que ce billet contient, et qui pourraient expliquer son enfouissement quasi immédiat par d’autres proses, il n’en est pas moins juste et instructif et pas seulement pour les habitués du net littéraire. Foutu plafond de verre du reste qui condamne chacun à ne pouvoir s’adresser qu’à ceux qui triment autant que toi dans la même catégorie, s’échangeant de temps en temps quelque argent comme une balle vaine dans un jeu de tennis. Et qui n’accorde que peu de place à tout ce qui sort de la spécialité choisie, un point de résistance qui m’a l’air ma foi fort vivace par ici, y compris, bien sûr, dans cette démarche rarement remarquée de garder la main-mise sur le contenant autant que le contenu (je te vois, habilleuse de site perso, et tes maquettes de livres maison très soignées aussi).

    (La playlist qui accompagne la laborieuse rédaction de ce commentaire, déjà dramatique, vient de prendre un tournant des plus ridicules avec un morceau de la BO de Dead Poets Society. J’aurais presque envie de finir dessus, en montant sur mon bureau, mais il est bien trop encombré.)

    Cependant la conjonction heureuse de ce billet désespéré, et de ceux, bien réels, qu’une vente inespérée au delà de mon propre plafond de verre (évènement rarissime), avait permis de glisser dans ma poche, m’a enfin permis de sortir de l’ombre dans laquelle je suis restée en simple observatrice au moins une bonne décennie. Jean-Mi te soufflera peut-être que c’était un acte de pitié ; certes pas, c’était une brèche (chou la chendre).

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