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Processus d’écriture

Articles de fond présentant mes processus de travail et mes outils. Ces billets ne se veulent pas des conseils ou des méthodes pour écrivain·es mais bien une présentation de la façon dont je travaille.

Au travail : l’écriture

Une question revient assez souvent depuis un moment, c’est ‘Comment tu bosses ?’. Que l’on parle d’environnement de travail, de rituel ou de méthode d’écriture, j’ai décidé de faire un billet qui récapitule tout.

Attention toutefois : je ne parle pas de méthode d’écriture ici, mais seulement de comment je me mets au boulot. Je ne suis pas sûre de croire aux méthodes d’écriture pour tout dire : le seul moyen qui existe pour devenir écrivain, c’est… d’écrire. Point barre. Si vous n’êtes pas capable de vous imaginer les fesses posées sur une chaise pour écrire votre roman, si vous considérez que passer des semaines, des mois ou des années est trop long, ou s’il s’agit d’un travail trop difficile, je crois que vous pouvez commencer à songer à passer à autre chose.

Il existe des méthodes qui permettent d’élaborer une histoire, une structure, un scénario : ce sont souvent des outils pointus partagés par des professionnels (scénaristes, script doctors, etc) ; il existe aussi des méthodes d’organisation, mais je ne crois pas qu’il existe de méthode pour se mettre vraiment à écrire. Du moins, il n’existe pas de recette miracle pour terminer son roman, et ce n’est très certainement pas moi qui m’amuserai à écrire ça ici (si vous voulez des conseils d’écriture, cherchez sur le net, des tas d’auteurs en donnent).

Au commencement était le Verbe

Quand j’étais à l’hôpital, les infirmiers faisaient toujours la même remarque quand ils apprenaient que j’étais écrivaine : ‘ça ne doit pas être facile de trouver l’inspiration‘. Je leur expliquais alors que l’inspiration n’existe pas, qu’il ne s’agit pas d’un cadeau du ciel qui apparaît par miracle.

C’est assez compliqué d’expliquer comment me vient l’idée d’un roman. Souvent, c’est une convergence de concepts différents, de ‘tiens, j’ai envie de raconter ça‘, ou de ‘comment je traiterais le sujet ?‘ (comme pour Elisabeta). Je mélange tout un tas de choses et je laisse mariner dans ma tête pendant un moment. Si ça prend, il y a déjà des personnages qui apparaissent, ou même des scènes qui se jouent.

L’inspiration vient de tout ce qui m’entoure : des gens que je rencontre, ou des films que je vois, ou de la musique que j’écoute, ou, rarement, de livres que je lis. Il y a aussi souvent des thèmes que je veux aborder ; très rarement, il y a aussi des choses à exorciser, ce qui a été le cas avec le dernier roman que j’ai écrit, Onirophrénie.

Je cherche aussi moi-même des liens, des idées… En gros, je bouscule mon cerveau pour qu’il me donne de la matière. Je ne crois pas au concept de muse, d’inspiration qui tombe toute cuite du ciel : si inspiration il y a, elle vient de quelque part. Et je pense vraiment que l’on peut forcer sa tête à donner de l’inspiration. Plus on écrit, et… plus on écrit. Plus on réfléchit, et plus on réfléchit. Le cerveau est comme un muscle, s’il est suffisamment entraîné, il recrachera sans problème de quoi nourrir vos histoires.

Des notes, des manuscrits, des trucs et des machins...

Des notes, des manuscrits, des trucs et des machins…

Donc, depuis quelque temps, je n’ai plus besoin de chercher l’inspiration ou de bousculer mon cerveau pour qu’il fasse les ramifications entre les idées que je lui donne : ça vient littéralement tout seul. Pas tout cuit tombé du ciel, parce que je dois encore beaucoup travailler pour que telle pièce rendre au bon endroit du puzzle, mais ça vient quand même. Il faut dire aussi qu’à mesure que j’écris mes romans, j’agrandis la gigantesque histoire que je cherche à raconter par ce biais, mon fameux plan de conquête du monde. Une idée, un concept, un événement ou un personnage créé pour le roman en cours servira forcément pour mon histoire globale, je devrai l’intégrer à un moment ou à un autre, ce qui signifie que j’ai une longue liste d’idées, de concepts, d’événements et de personnages à faire intervenir dans mes futurs romans.

>> À propos de mon plan de conquête du monde

Je connais par exemple le déroulement du tout dernier roman de cette histoire, celui que j’écrirai peut-être dans dix ans parce qu’il y a toujours quelque chose qui doit passer avant (bonjour la frustration). Il s’agit souvent d’idées de scènes ou de déroulement (‘Machin doit rencontrer Truc‘, ‘Bidule fait partie de la famille de Machine‘, etc) qui me viennent souvent quand je me brosse les dents ou quand je fais le ménage. Je ne compte plus le nombre de fois où je sors en trombe de la salle de bain pour noter l’éclair de génie qui vient de me foudroyer… Il s’agit en réalité d’un léger effort, conscient ou inconscient, comme une machine qui travaille en tâche de fond pour faire des liens entre les différentes informations qu’elle possède et résoudre des problèmes. Lionel Davoust en a donné un parfait exemple sur son blog.

(suite…)