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Onirography

Merci les pirates

Chers pirates,

j’ai eu la formidable surprise aujourd’hui de découvrir qu’Elisabeta était déjà disponible sur des plateformes de téléchargement illégal. Pour rappel, le livre est sorti il y a toujours 15 jours. Pour rappel toujours, je suis une autrice indé qui fait tout toute seule, de la rédaction à la publication du bouquin en passant par la vente ; à ce titre, je ne vends que très peu de livres. Et je n’ai très certainement pas envie de faire tout ce boulot pour qu’au final, mon bouquin se balade tout seul sur le net sans mon autorisation.

Alors, oui, je sais, on va me dire qu’il faut jouer le jeu, que c’est comme ça, qu’on découvrira mon boulot aussi de cette façon, que ça me fera connaître… En fait, non.

Pour les arguments pour le piratage, vous pouvez les lire chez l’ami Lionel qui les démonte un par un. Car il n’existe pas d’argument valable en faveur du piratage : balancer un bouquin gratuitement sur le net, c’est tuer la culture. Contrairement à ce que vous avez l’air de croire, les artistes en général (auteurs, dessinateurs, musiciens, plasticiens, etc) ne vivent pas d’amour et d’eau fraîche et ne paient pas leur loyer et leurs impôts en visibilité. De plus, ne déconnons pas : il existe en France un truc important qui s’appelle la propriété intellectuelle, qui fait que chaque personne est propriétaire de ce qu’elle créé. Même si pas déposé, même si pas publié. Personne n’a le droit de récupérer un fichier payant à la base pour le balancer gratos en ligne. J’aimerais vous y voir si vous fabriquez quelque chose de vos mains et qu’on le diffuse gratuitement sans votre autorisation.

D’une certaine manière, je sais que le piratage de mes bouquins ne vont pas forcément me porter préjudice (mes ventes sont insignifiantes), mais ça me blesse parce que quelqu’un s’est octroyé le droit de disposer de mon travail comme bon lui semble. Vous semblez oublier ce que représente un roman en terme de travail (des heures de recherches, des jours de planification, des semaines, des mois, des années d’écriture et de corrections) mais aussi en terme d’affection (on peut mettre ses tripes dans un roman, y raconter des choses personnelles) et d’argent (pour la publication, qu’on soit indé ou pour toute la chaîne du livre). Mettre un livre gratuitement sur le net, c’est réduire à rien ce travail. Sans compter que dans mon article précédent, j’expliquais que je ne voulais pas laisser mon travail entre les mains d’éditeur, dont c’est pourtant le métier. Je ne vais évidemment pas kiffer le fait que quelqu’un se soit amusé à balancer mon bouquin à tout le monde.

Vous ne rendez service à personne en agissant ainsi. J’insiste, lisez le billet de Lionel à ce sujet, il explique les choses plus posément que je ne saurais le faire (et plus poliment aussi), parce que vous tuez les auteurs et la culture. Un jour, les auteurs en auront marre de subir et arrêteront de vous proposer leur travail. Vous n’aurez à vous mettre sous la dent que des best-sellers formatés qui se ressemblent tous.

Actuellement, il est possible que je ne propose plus de livres numériques. Mes livres sortiront (peut-être) uniquement en format papier, parce que j’en ai marre qu’on s’essuie les pieds sur mon boulot (ce n’est pas la première fois). Les SP numériques seront aussi fortement limités. Ce qui signifie moins de promotion de mes livres, moins de mise en avant, moins de vente… et peut-être plus de livres du tout.

Donc : à toi qui as balourdé mon bouquin sur ton forum de merde (en sachant que tu es sans doute un.e client.e ou une personne qui a reçu un de mes SP), sache que tu peux aller clairement te faire cuire le cul.

 

Photo : Tobias van Schneider

 

13 septembre 2017
21 septembre 2017

4 commentaires

  1. Yuna

    19 septembre 2017

    Putain je suis vraiment désolée que ca te soit arrivé, et je comprends parfaitement ton ressenti, parce qu’on m’a fait le coup aussi,à la sortie de Pandora. Le pire, c’est que je sais à 99% qui c’est, mais je ne peux pas le prouver. Le plus rageant dans l’histoire, c’est que c’est une blogueuse qui a eu le bouquin en SP, qui m’a prise de haut et…qui n’a jamais fait sa critique. J’applaudis. Depuis, je piège mes fichiers numériques envoyés en SP. Bref, tout ca pour dire que je compatis à fond, et que ca fait chier de se faire piétiner par des crétins profiteurs et sans cervelle.

  2. Rozenn

    19 septembre 2017

    C’est pénible parce qu’au final, on ne peut pas y échapper. Je me souviens que tu m’en avais parlé pour Pandora, c’est rageant de savoir, en plus, qui l’a fait. Je pense que je vais faire comme toi, je vais identifier les SP numériques pour les prochaines fois, parce que je suis sûre que ça vient de là (et c’est complètement abusé). Ce qui m’agace le plus, en fin de compte, ce sont les défenseurs du partage gratos qui, sous couvert de ‘la culture doit être accessible à tous’, sont les premiers à vouloir voler ton travail alors qu’eux-mêmes sont incapables de créer quoi que ce soit de leurs dix doigts. C’est ce qui m’énerve le plus dans toute cette histoire !

  3. Melindra

    25 septembre 2017

    C’est très très moche et pénible, surtout quand on voit le nombre d’heure nécessaire pour écrire, corriger, publier, et j’en passe, et donc le taux horaire réel d’un auteur (vu ça se compte en centimes de l’heure à part peut-être pour les rares auteurs qui en vivent) . Je sais que beaucoup de plate formes de téléchargement ont fermé, mais visiblement il en reste… Le papier c’est bien (surtout que pour les indécis, tu peux toujours mettre les premiers chapitres en extrait à télécharger sur ton site.)

  4. Rozenn

    25 septembre 2017

    Il y aura malheureusement toujours des plateformes de téléchargement, et des gens pour balancer les livres sur le net, et des gens pour les télécharger… C’est là tout le problème : il faut se faire une raison, parce que la plupart du temps, ils s’en fichent que l’on soit indépendant ou pas, que l’on ait passé du temps sur un roman ou pas… Et personnellement, si je pouvais ne proposer que des éditions papier de mes livres, je ne me priverais pas, mais ça fait presque la moitié de mon (mini) lectorat qui s’envolera, c’est dommage 🙂

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