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La genèse d’Elisabeta

La dernière fois, je vous ai parlé de la genèse de Tueurs d’anges. Aujourd’hui, c’est au tour d’Elisabeta, à l’occasion de la sortie officielle du livre et de sa nomination aux Wattys 2017, grand concours organisé sur Wattpad ! Ce billet est garanti sans spoiler…

Un petit mot vite fait à ce propos : le livre papier est toujours disponible sur ma boutique, l’est aussi sur le site de Lulu, et le sera bientôt sur Amazon (ça prend quelques jours). En ce qui concerne les précommandes numériques, vous devriez pouvoir télécharger votre livre dès aujourd’hui (et en cas de soucis, contactez-moi !).

Pour la publication sur Wattpad, maintenant que le livre est disponible, on va reprendre la publication habituelle, à savoir un chapitre le mercredi et un le samedi (et on reprend aujourd’hui, même si c’est pas le jour). C’est toujours par ici.

Et histoire de finir, si vous l’avez déjà lu, n’oubliez pas d’ajouter un commentaire sur Amazon ! Ça lui permettra de monter un peu dans le classement, et de se faire connaître… Merci !

Ceci étant dit, revenons à nos moutons…

J’avais pensé dans un premier temps vous parler d’Oracles (la préquelle de Tueurs d’anges) mais ce texte ne sera publié que l’année prochaine, j’ai donc le temps de peaufiner ce futur billet (c’est qu’il y en a, des choses à dire sur Oracles !). Du coup, la question : comment en arrive-t-on à écrire une brique comme Elisabeta alors qu’on n’est pas fan de vampires à la base ?

Parce que l’idée, c’est bien ça : je n’aime pas particulièrement les vampires. Pas que je les déteste, mais ce n’est pas une créature qui a ma préférence, je n’y connais pas grand-chose et je suis loin d’être une spécialiste. Ça reste malgré tout l’un des thèmes que j’ai le plus lu car on est en plein dans le fantastique et le fantastique, c’est ce que je préfère. D’ailleurs, l’un de mes romans favoris est Âmes perdues de Poppy Z. Brite… et je serais bien incapable de vous dire s’il m’a inspirée ou pas.

J’ai eu la bonne idée de me dire un jour, en pleine folie Twilight, que ça pourrait être sympa d’écrire un roman qui parlerait de vampires. Un défi, en somme, pour voir comment je traiterais le sujet.

Dissidenti

le manuscrit de Dissidenti

Au fond, le manuscrit de Dissidenti

Je l’ai écrit en 2012 : il s’agissait d’un roman très court (200 000 signes) intitulé Dissidenti, le premier roman que je terminais. Dissidenti était… nul à chier. Une fin approximative, une intrigue bateau, un milieu absent, une plume, mon dieu, une plume… absolument naze. Je n’ai jamais osé le relire pour de vrai depuis. Mais je l’ai gardé, parce que c’était le premier. Il y avait peut-être matière à le retravailler.

Ma vision des vampires a toujours été la suivante : une société très ancienne qui vit parmi nous, cachée, fondue dans les moindres strates de notre monde, pleine de rituels, et forcément archaïque et aliénée par ses propres lois. Pas la version ‘biologique‘ du truc (du genre le vampirisme est un virus, une maladie qui se transmet, comme dans The Strain), mais la version ‘magique‘, ésotérique. En ce sens, la série des films Underworld m’a toujours beaucoup plu (j’adore le 3e épisode)  (et Rhona Mitra) (et Michael Sheen) pour son organisation millénaire (faire régner alternativement Viktor, Amélia et Markus était une idée de génie vraiment pas assez exploitée).

Dans le même temps, j’ai toujours pensé que si une société magique, immortelle et surtout ‘maléfique‘ comme celle des vampires existait, l’Église ne pourrait pas s’empêcher d’y mettre son nez. Je voulais mêler le religieux à ma société vampire, jusqu’à ses fondations. Et dans ma tête, qui dit Église dit Rome, et qui dit Rome dit Italie. Mes vampires, pour la plupart, devaient forcément être des Italiens. Un possible hommage à mes lointaines racines italiennes, aussi… Alors que je n’y ai jamais mis les pieds !

Bref, partant de ça, j’ai imaginé une loi archaïque et injuste, celles des Gemelli : des mortels (issus de familles à leur service) qui deviendraient la source de sang exclusive de vampires dans le seul but de refréner leurs pulsions meurtrières. Le mortel vit chez le vampire, ce dernier se nourrit exclusivement de lui et en échange, il lui offre un toit et une vie agréable et sans (trop de) contraintes. L’héroïne de Dissidenti s’appelait Giovanna, elle découvre à la fois l’existence des vampires et son obligation future de devenir Gemella, qu’elle accepte uniquement pour éviter à sa sœur de prendre sa place. Giovanna se rend donc chez Luciano*, son Gemello, qu’elle apprend à connaître au fil des mois… Mais tout bascule un jour quand un vampire l’agresse et lui donne de force l’immortalité. Et comme les plus anciens immortels exécutent tous ceux qui deviennent éternels sans leur autorisation… Elle doit donc faire attention à ses fesses.

Malgré la faiblesse du texte et de son intrigue, j’étais assez convaincue à l’époque qu’il y avait quelque chose de sympa à faire avec. C’est pour cette raison que je l’ai conservé sur mon ordinateur avec la promesse de le reprendre un jour. Je ne pensais pas que je le ferais aussi tôt !

* Petite note : Luciano est aussi un personnage de Notre-Dame de la mer et ça n’a strictement aucun rapport. J’avais juste oublié que j’utilisais ce prénom dans un autre texte… Par contre, le nom de famille de Luciano le vampire est le même qu’un autre personnage de mes romans (et de mes nouvelles), ce n’est pas par hasard car ils font partie de la même famille (mais qui est-ce ?).

Elizabeth et les pots de peinture

Ma jolie poupée, une Planetdoll mini elf

Ma jolie poupée, une Planetdoll mini elf

Plus ou moins en parallèle, je réfléchissais à un tout autre projet que je bricolais depuis un bout de temps, et que j’espérais proposer en livre illustré : ça s’appelait Elizabeth, un texte doux-amer racontant l’histoire d’une poupée au cœur brisé. Je voulais absolument écrire l’histoire de cette poupée que j’ai à la maison, une jolie BJD avec une robe en dentelle et de beaux cheveux roux, et bien entendu… Je ne l’ai jamais fait.

C’est bien plus tard que j’ai eu l’idée de mêler mes vampires italiens et ma poupée, en 2015 (ou par là). À l’époque, avec mon chéri, nous devions déménager et nous nous occupions de la peinture des murs de notre nouvel appartement. J’ai passé des heures à décoller du papier peint des années 70 en réfléchissant à cette histoire. Il faut dire qu’à ce moment-là, je lisais le premier tome des Larmes Rouges de Georgia Caldera, une lecture intéressante mais qui ne m’a pas convaincue jusqu’au bout (je ne suis pas vraiment faite pour les romances, je crois, donc c’est un peu de ma faute). Du coup, mes vampires tournaient sans fin dans ma tête et réclamaient enfin qu’on s’occupe d’eux.

J’ai imaginé cette Reine en colère dont l’esprit est prisonnier de la poupée pendant les travaux de peinture ; Elizabeth était une Reine allemande, puis elle est devenue italienne grâce à Lady Gaga, magnifique en comtesse dans American Horror Story, changeant son nom en Elisabeta. Mais comment une Italienne née pendant la Renaissance pouvait avoir des cheveux blancs ? C’est là que j’ai imaginé qu’il s’agissait du signe de leur déclin. Il y a eu aussi le personnage de Saraï, immortelle prise malgré elle dans les obligations moyenâgeuses de son peuple. Bien entendu, Giovanna devait prendre place parmi ce petit monde. L’intrigue de Dissidenti a été développée et intégrée dans cette nouvelle histoire.

La magie du sang

Depuis la rédaction de ce premier roman, ma vision des personnages, de la diversité et des discriminations a beaucoup évolué : je ne peux pas écrire sans prendre en compte le contexte de mes personnages, ni articuler ces obstacles dans l’intrigue (par exemple : un personnage noir vivra le racisme, un personnage féminin vivra le sexisme). J’avais des femmes en difficulté comme héroïnes, je devais donc mettre en place ces difficultés dans mon monde. C’est ainsi que ma société vampirique est devenue vieillotte, misogyne et beaucoup trop conservatrice. Et pourquoi ? Parce qu’elle est en péril.

Ma société vampire devait s’articuler autour du sang puisque c’est l’élément le plus important : il fallait traiter de tous ces aspects sociologiques. Le lien du sang, les lignées de sang pur qui finissent par s’appauvrir, tous les problèmes que cela peut comporter pour un peuple aussi ancien… De plus, je ne voulais pas traiter de l’aspect biologique mais bien de ce que j’ai appelé la magie du sang. Il a donc fallu imaginer toute une mythologie autour de mes immortels, liée à l’Église. Rien que son nom, le Cercle, m’a permis d’imaginer ce que serait cette magie du sang. Comme souvent, rien n’est vraiment gratuit quand j’écris quelque chose, tout ou presque doit se justifier ; le nom de ma société immortelle devait à tout prix signifier quelque chose (à découvrir dans Elisabeta ou dans Les Archivistes).

Au tout dernier moment pendant la rédaction, j’ai eu envie d’organiser l’apparition d’un de mes personnages préférés, qui ne devait pas intervenir dans Elisabeta (il apparaît d’ailleurs dans le chapitre 14, publié aujourd’hui sur Wattpad). Il ne s’agit que d’une apparition ponctuelle mais elle a beaucoup apporté au livre car il a fallu mêler le contexte de ce personnage dans Elisabeta. C’est ce qui a permis de mieux appréhender la magie néphiliste utilisée par les vampires (que l’on retrouvera dans beaucoup d’autres de mes histoires), en plus de la magie du sang. C’est aussi ce qui a permis au roman de s’intégrer dans ma timeline globale.

Elisabeta, Giovanna & Saraï

Elisabeta, Giovanna & Saraï

Une première version pas terrible

Après avoir décidé tout ça, j’ai retroussé mes manches et j’ai écrit. Malheureusement, la première version du roman n’était pas du tout à la hauteur : je voulais absolument n’avoir qu’une seule héroïne, Saraï, et je n’ai fait qu’effleurer ce qui concernait Giovanna. Comme j’avais déjà raconté son histoire dans Dissidenti, je ne voulais pas recommencer… C’était une belle erreur ! Le texte manquait de complexité, il était déséquilibré et mal rythmé. Saraï ne montrait pas tout son potentiel (dans le genre héroïne chiante et molle…). Après discussion avec ma bêta-lectrice préférée, et après avoir confié mon texte à une coach littéraire (d’ailleurs, à ce propos : si vous avez un peu de budget et que vous voulez avoir un avis objectif sur votre travail, foncez !), j’ai dû décider, la mort dans l’âme, de reprendre l’intégralité de mon plan et tout réorganiser.

Et j’ai bien fait ! L’histoire a beaucoup gagné en terme d’intrigue et de rythme, en terme de taille aussi (la première version fait 500 000 signes, la seconde presque 800 000 si je me souviens bien), et les deux héroïnes se complètent par contraste. Je pense que chacun.e appréciera l’une ou l’autre selon les caractères… ce qui me plaît bien (personnellement, j’avoue être incapable de savoir qui je préfère entre Saraï et Giovanna… peut-être parce qu’elles représentent chacune une partie de ce que je suis). D’autres personnages sont venus se greffer au tout (Virgile et Athanase), ainsi qu’une nouvelle de taille conséquente, Les Archivistes, qui complètent tout un pan de l’histoire d‘Elisabeta (je ne peux que vous conseiller de lire Les Archivistes si ce n’est pas déjà fait, avant ou après Elisabeta (après, c’est bien)).

Et la suite ?

Je n’avais pas prévu d’écrire de suite à Elisabeta, mais finalement… j’ai changé d’avis ! En fait, j’ai surtout rédigé une nouvelle, J – 89, qui se déroule quelque temps après le roman et que j’ai eu envie de développer, surtout après avoir écrit Les Archivistes. Elisabeta peut tout à fait se lire tout seul si on veut en rester là. De son côté, le tome 2 complétera quelques petites choses et racontera surtout ce qui se passe pour mes personnages directement après la fin d’Elisabeta.

Je sais d’avance que ça s’appellera Sinteval (ceux qui savent savent, les autres liront Les Archivistes ! :D), et j’ai déjà l’intrigue dans les grandes lignes. Et, surtout, ça commencera à nouer un lien avec Town 🙂 Je pense commencer à écrire ce roman l’année prochaine, pour une parution en 2019.

Voilà pour ce pavé ! Comme toujours, les questions et les demandes sont les bienvenues, n’hésitez pas à les poser en commentaire 🙂

Photo d’illustration par Jad Limcaco

13 septembre 2017

2 commentaires

  1. Yuna Minhaï

    1 septembre 2017

    Ho, une suite, chouette ! J-89 n’est pas encore dispo, si ? Bon, de mon côté, je poursuis ma lecture, tranquillou, et je kiffe ! (ouais, le commentaire constructif, ce sera pour quand j’aurai terminé de lire ! 😀 ) En tout cas, c’est intéressant de voir ton parcours et l’évolution de ce roman, on a deux manières de construire très très différentes, c’est passionnant ^^

  2. Rozenn

    2 septembre 2017

    Nope, J – 89 n’est pas dispo, c’était juste un exercice au départ (un exercice pour… écrire des scènes de cul. Si si) (je vais faire ma méchante et ne pas dire entre quels personnages ! :p). Le propos de la nouvelle sera intégré dans la suite d’Elisabeta 🙂
    (gnaveux commentaire constructif ! 😀 )
    En effet, de plus en plus je constate qu’on a des procédés différents, c’est assez drôle d’ailleurs 🙂 (quand je me relis, je me fais un peu l’effet d’une control freak XD)

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