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Onirography

Au travail : l’écriture

Une question revient assez souvent depuis un moment, c’est ‘Comment tu bosses ?’. Que l’on parle d’environnement de travail, de rituel ou de méthode d’écriture, j’ai décidé de faire un billet qui récapitule tout.

Attention toutefois : je ne parle pas de méthode d’écriture ici, mais seulement de comment je me mets au boulot. Je ne suis pas sûre de croire aux méthodes d’écriture pour tout dire : le seul moyen qui existe pour devenir écrivain, c’est… d’écrire. Point barre. Si vous n’êtes pas capable de vous imaginer les fesses posées sur une chaise pour écrire votre roman, si vous considérez que passer des semaines, des mois ou des années est trop long, ou s’il s’agit d’un travail trop difficile, je crois que vous pouvez commencer à songer à passer à autre chose.

Il existe des méthodes qui permettent d’élaborer une histoire, une structure, un scénario : ce sont souvent des outils pointus partagés par des professionnels (scénaristes, script doctors, etc) ; il existe aussi des méthodes d’organisation, mais je ne crois pas qu’il existe de méthode pour se mettre vraiment à écrire. Du moins, il n’existe pas de recette miracle pour terminer son roman, et ce n’est très certainement pas moi qui m’amuserai à écrire ça ici (si vous voulez des conseils d’écriture, cherchez sur le net, des tas d’auteurs en donnent).

Au commencement était le Verbe

Quand j’étais à l’hôpital, les infirmiers faisaient toujours la même remarque quand ils apprenaient que j’étais écrivaine : ‘ça ne doit pas être facile de trouver l’inspiration‘. Je leur expliquais alors que l’inspiration n’existe pas, qu’il ne s’agit pas d’un cadeau du ciel qui apparaît par miracle.

C’est assez compliqué d’expliquer comment me vient l’idée d’un roman. Souvent, c’est une convergence de concepts différents, de ‘tiens, j’ai envie de raconter ça‘, ou de ‘comment je traiterais le sujet ?‘ (comme pour Elisabeta). Je mélange tout un tas de choses et je laisse mariner dans ma tête pendant un moment. Si ça prend, il y a déjà des personnages qui apparaissent, ou même des scènes qui se jouent.

L’inspiration vient de tout ce qui m’entoure : des gens que je rencontre, ou des films que je vois, ou de la musique que j’écoute, ou, rarement, de livres que je lis. Il y a aussi souvent des thèmes que je veux aborder ; très rarement, il y a aussi des choses à exorciser, ce qui a été le cas avec le dernier roman que j’ai écrit, Onirophrénie.

Je cherche aussi moi-même des liens, des idées… En gros, je bouscule mon cerveau pour qu’il me donne de la matière. Je ne crois pas au concept de muse, d’inspiration qui tombe toute cuite du ciel : si inspiration il y a, elle vient de quelque part. Et je pense vraiment que l’on peut forcer sa tête à donner de l’inspiration. Plus on écrit, et… plus on écrit. Plus on réfléchit, et plus on réfléchit. Le cerveau est comme un muscle, s’il est suffisamment entraîné, il recrachera sans problème de quoi nourrir vos histoires.

Des notes, des manuscrits, des trucs et des machins...

Des notes, des manuscrits, des trucs et des machins…

Donc, depuis quelque temps, je n’ai plus besoin de chercher l’inspiration ou de bousculer mon cerveau pour qu’il fasse les ramifications entre les idées que je lui donne : ça vient littéralement tout seul. Pas tout cuit tombé du ciel, parce que je dois encore beaucoup travailler pour que telle pièce rendre au bon endroit du puzzle, mais ça vient quand même. Il faut dire aussi qu’à mesure que j’écris mes romans, j’agrandis la gigantesque histoire que je cherche à raconter par ce biais, mon fameux plan de conquête du monde. Une idée, un concept, un événement ou un personnage créé pour le roman en cours servira forcément pour mon histoire globale, je devrai l’intégrer à un moment ou à un autre, ce qui signifie que j’ai une longue liste d’idées, de concepts, d’événements et de personnages à faire intervenir dans mes futurs romans.

>> À propos de mon plan de conquête du monde

Je connais par exemple le déroulement du tout dernier roman de cette histoire, celui que j’écrirai peut-être dans dix ans parce qu’il y a toujours quelque chose qui doit passer avant (bonjour la frustration). Il s’agit souvent d’idées de scènes ou de déroulement (‘Machin doit rencontrer Truc‘, ‘Bidule fait partie de la famille de Machine‘, etc) qui me viennent souvent quand je me brosse les dents ou quand je fais le ménage. Je ne compte plus le nombre de fois où je sors en trombe de la salle de bain pour noter l’éclair de génie qui vient de me foudroyer… Il s’agit en réalité d’un léger effort, conscient ou inconscient, comme une machine qui travaille en tâche de fond pour faire des liens entre les différentes informations qu’elle possède et résoudre des problèmes. Lionel Davoust en a donné un parfait exemple sur son blog.

Mettre de l’ordre

Quand je sens que j’ai suffisamment de matière pour écrire un roman (ou une nouvelle, ça marche aussi), et surtout quand je crève d’envie de me lancer (un bon indicateur), il est temps de mettre de l’ordre dans tout ça. Parce qu’avoir des idées, c’est cool, mais ça fait (rarement) une bonne histoire. Je me retrousse donc les manches et me mets sérieusement au boulot.

J’ai un principe de base : je ne peux pas écrire d’histoire si je n’ai pas sa fin. Parce que sans fin, pas de début. Je dois savoir de quoi part mon protagoniste, et avoir une idée de ce qu’il va perdre et / ou gagner en arrivant à la fin. De ça découle tout le déroulement de mon histoire. En fait, je compare ça à voyager : personnellement, je ne me sens pas capable de partir un jour avec mon sac à dos sans avoir aucune idée d’où je vais (parce que je suis une trouillarde).

 

Petit aparté

Je suis une grande malade qui doit tout contrôler dans son histoire, donc pas question de me lancer sans au minimum un plan. Vous connaissez sans doute l’analogie avec les jardiniers et les architectes ? L’écrivain jardinier sème ses graines et regarde ensuite ce qui pousse, taille ses arbres en fonction. Il commence son histoire sans savoir où il se rend et se laisse porter par une situation initiale et ses personnages. L’écrivain architecte va, lui, concevoir tous les plans de son histoire avant d’en poser le moindre mot, savoir exactement où il va, comme quand on fait les plans de sa maison avant de la construire.

Autant vous le dire tout de suite, je suis une pure architecte, ascendant tête de bois.

Aucun n’est meilleur qu’un autre. Beaucoup d’auteurs considèrent par exemple qu’élaborer un plan, décider à l’avance de toutes les scènes d’un roman, c’est se retirer le plaisir de créer, c’est ne plus être surpris. Pourtant, un architecte trouve toujours le moyen d’être surpris quand il écrit, même quand il a décidé la moindre minute de vie de son protagoniste. Parce que les plans, on ne les suit pas à la lettre, parce qu’il arrive qu’on s’en éloigne (beaucoup, même, parfois), et même si on s’y tient coûte que coûte, l’histoire se déroule malgré tout sous notre plume.

Le plan, le synopsis, la chronologie et les quelques notes qui m'ont servi à la rédaction d'Onirophrénie

Le plan, le synopsis, la chronologie et les quelques notes qui m’ont servi à la rédaction d’Onirophrénie

Quelques chouettes bouquins

Quelques chouettes bouquins

 

C’est là qu’interviennent les fameuses méthodes de structure : les idées s’articulent ensemble pour devenir une vraie histoire. Pour ma part, j’en ai étudié quelques unes et y ai pioché ce qui est susceptible de me convenir. Voici ce que j’utilise pour élaborer mon plan :

  • La méthode du flocon : bien connue des auteurs, elle permet d’affiner une structure au fil des étapes. On commence par résumer son histoire en une phrase, qu’on découpe en structure en trois actes (le classique situation initiale / élément déclencheur / écueils / résolution / dénouement), qu’on développe ensuite sous la forme d’un paragraphe pour chaque étape, puis une page entière… Et on fait de même pour chaque personnage principal et l’antagoniste.
    Je l’utilise uniquement pour ses premières étapes car elle me permet d’élaborer un début d’intrigue quand je n’en ai pas.

>> La méthode du flocon détaillée par Kanata sur Espaces Comprises

  • La méthode de John Truby : Truby est script doctor (on fait appel à lui pour améliorer un scénar dans le cinéma ou dans les séries) et prof. Il enseigne et donne des masterclass à travers le monde. Son livre, Anatomie du scénario, est l’un des livres les plus précieux de ma bibliothèque tant il m’a apporté : il permet d’apprendre à construire une histoire qui repose sur des bases solides en prenant en compte l’évolution morale et psychologique du personnage, le lieu, les révélations, etc. En tout, vingt-deux étapes expliquées par des tas d’exemples du cinéma (Le Parrain y est parfaitement disséqué).
    Encore une fois, je n’applique pas l’entièreté de la méthode, seulement quelques étapes, et surtout, je ne fais ce travail que dans ma tête. C’est-à-dire que je ne prends pas le temps de me poser avec mon livre, mes feuilles et mes stylos pour appliquer la méthode. Il y a un certain nombre de concepts de base qui me sont importants : la moralité des personnages, l’impact psychologique de l’histoire, le plan que le protagoniste mettra en place pour atteindre son objectif, etc. C’est un boulot inconscient que je fais, rien de plus. Parfois, si je coince sur un truc, je vais me replonger dans le livre et éprouver mon début d’histoire à la méthode, et ça suffit à rebondir la plupart du temps.
  • Un autre livre que j’ai beaucoup apprécié, c’est Construire un récit d’Yves Lavandier, lui aussi scénariste, scrip doctor et enseignant. L’approche est proche de celle de Truby, et le livre passe tout seul (il est tout aussi dense que celui de Truby mais étonnamment, je l’ai trouvé plus simple à lire).
  • Le logiciel Aeon Timeline qui est, comme son nom l’indique, un programme vous permettant de mettre en place votre chronologie. Je l’utilise comme base de données globale, surtout : toutes mes dates importantes y sont déjà, et j’ajoute le déroulement jour par jour (heure par heure, parfois) de chaque roman en cours. Ainsi, j’ai non seulement mon histoire globale qui prend forme peu à peu, mais aussi une idée précise du déroulement chronologique de mon roman en cours (ce qui me sert souvent de base pour créer mon plan puisque dans la plupart de mes romans, l’intrigue suit la chronologie).

 

Quand j’ai terminé ce travail, je dispose de deux documents pour attaquer la rédaction du roman en elle-même : un plan plus ou moins détaillé (la succession des scènes les plus importantes jusqu’à la fin, il arrive que je rajoute des trucs dedans en cours de route) et un synopsis de travail qui fait 6 ou 7 pages. Le second n’est que la version rédigée du premier, en fait, mais ça permet d’avoir les choses écrites noir sur blanc. Je les imprime et je les garde à portée de mains pendant l’écriture.

En revanche, je ne fais quasiment jamais de fiches de personnages ou de lieux : ça, je l’ai en tête et ça me suffit. J’utilise rarement Scrivener par exemple, sauf pour trois textes : Oracles parce que j’ai dû le mêler à Tueurs d’anges, Brume qui est un vieux projet que je ne traiterai pas tout de suite (j’ai simplement reporté les notes que j’avais prises dans un cahier) et L’Épine Noire qui comprend beaucoup de concepts complexes et de mondes différents.

Quand je sens que quelque chose ne va pas, je sors le papier, les ciseaux et la colle, je fais la liste de mes scènes, je les découpe une par une et je les étale sur mon bureau pour les mettre dans le bon ordre. C’est ce que j’ai fait avec Elisabeta par exemple, qui m’a donné du fil à retordre.

 

Et c’est parti

Quand j’ai mon plan, il n’y a plus qu’à se mettre au boulot. Je me suis rendu compte, au fil des ans, que ça ne me rendait pas service de pousser les recherches, les prises de notes et les fiches de personnages parce que ça ne faisait que repousser le moment d’écrire. Du coup, je ne me pose plus de questions, j’y vais. Si je dois mener des recherches sur tel ou tel sujet, je le fais pendant la rédaction du premier jet, ou après (sauf si ce sont des recherches importantes qui interviennent directement dans l’intrigue, là c’est fait avant). J’imprime mon plan, je lance ma playlist sur Deezer, j’ouvre LibreOffice… et en général, je dois me retenir de chialer le premier jour parce que j’ai l’impression que je n’arriverai à rien. Les deux premiers jours sont toujours les plus difficiles : s’y mettre pour de bon, c’est compliqué, avec une confiance en soi en berne, une machine qu’il faut relancer… Ça va mieux ensuite.

Quand je m’y mets, je m’y mets pour de vrai : j’écris tous les jours, je commence à 14h et je termine à 19h, et parfois je poursuis après le repas du soir jusqu’à 23h. J’ai la chance de pouvoir me consacrer à l’écriture à temps plein, donc je fonce (je vous en parlerai un de ces jours). Pour vous donner une idée, j’ai écrit le premier jet d’Onirophrénie en moins de quinze jours (le texte faisait 430 000 signes espaces comprises).

Souvent, sur la fin, je coince. Il faut savoir que je ne suis jamais le plan de A à Z, et beaucoup de choses changent en cours de route. Du coup, l’agencement des scènes de fin ne convient plus et je dois reprendre mon plan (je refais le coup des ciseaux et de la colle comme dit plus haut, ou je recopie tout à la main comme je l’ai fait pour Onirophrénie).

Une fois terminé, je relis une première fois le lendemain, avec une feuille à portée de main pour noter tous les trucs qui ne vont pas sur le fond : les incohérences, les trucs à développer, les trucs à ajouter, les quelques idées qui me viennent entre temps… Ensuite, je laisse le texte reposer quelques jours ou quelques semaines, tout dépend de ce que j’ai à faire : m’occuper d’un autre texte plus urgent, préparer une publication, écrire une nouvelle, ou alors carrément autre chose comme un gros ménage (que j’ai tendance à négliger un peu quand j’écris), une mise à jour sur mon site, etc. Je n’aime pas m’éloigner trop longtemps de mes textes pour deux raisons : je déteste avoir des trucs en cours (par exemple, je n’ai JAMAIS abandonné un roman en cours d’écriture) et j’ai tendance aussi à vouloir tout retravailler si je prends trop de recul.

 

Voilà pour l’écriture ! La prochaine fois, je vous parlerai de la correction, un boulot aussi long et conséquent que la rédaction en elle-même. Comme d’habitude, questions et suggestions en commentaires :)

21 septembre 2017

12 commentaires

  1. Melindra

    25 septembre 2017

    C’est toujours très intéressant de te lire parce que tu expliques de façon très clair tout ça (même si je ne te le dis pas à chaque article). C’est vrai que la méthode des flocons est très utile (et puis elle permet de rendre moins intimidant le fait de se lancer dans l’écriture d’un roman. ) et je n’aurai jamais pensé à utiliser les ciseaux !

  2. Elodie J.

    25 septembre 2017

    C est intéressant de voir comment tu travailles. Mon mari, avec qui je fais du jeu de rôles, est presque toujours maitre du jeu. C’est lui qui prépare et mène le scénario de jeu. Et c’est marrant car il a ses idées de scénarios sans y penser vraiment. Quand il « bloque » sur le sujet auquel nous allons jouer, il trouve régulièrement l idée quelques jours avant en prenant sa douche ou en marchant.
    En jeu de rôles, le meneur n a pas le contrôle du déroulement à la différence de l auteur mais il a besoin aussi d’une structure globale.

  3. Rozenn

    25 septembre 2017

    Oh, je suis contente que les explications soient claires, j’avais peur que ce soit un peu trop fouillis !
    La méthode du flocon a totalement changé ma façon de travailler, je pense que c’est pas mal pour expérimenter quand on ne sait pas trop comment faire (et s’en éloigner ensuite quand on a trouvé ‘sa’ méthode). Le papier et les ciseaux c’est pas mal, ça permet de mettre les mains dans le cambouis, surtout qu’on utilise beaucoup l’ordinateur en général. C’est pour ça que j’aime bien écrire des trucs à la main (un plan, une chronologie, prendre des notes, etc), il y a un processus quand on écrit à la main qu’on ne retrouve pas avec le clavier 🙂

  4. Rozenn

    25 septembre 2017

    Je ne connais pas du tout les jeux de rôles parce que je n’y ai jamais joué, mais ça doit être assez génial de créer des scénarios pour ça. J’imagine que la préparation d’un scénario de jeu et celle d’un roman doit être la même (de toute façon, ça doit répondre plus ou moins aux mêmes codes). Quant au fait de trouver des idées sous la douche, ou en se promenant, ou en conduisant, c’est très très courant : le cerveau étant plus ou moins au repos, il a toute la latitude pour réfléchir. J’adore ces moments-là (le coucher et le lever aussi, c’est bien).

  5. Melindra

    25 septembre 2017

    A chaque article, tu es très lisible (c’est pour ça que je lis aussitôt la newsletter dans la boite mail ^^) Le problème des notes manuscrites (je suis comme toi, j’apprécie beaucoup), c’est que j’en ai partout et que je n’ai pas le courage de me relire pour les compiler. Quand tu as une idée soudaine, tu la notes où ? (des fois que tu aies un truc pour me sortir de ce fouillis de papier.)

  6. Rozenn

    25 septembre 2017

    Bon, c’est cool alors ! (ce qui me fait penser que je suis super en retard pour la newsletter, mais je crois que je vais en faire une tous les deux mois, ce sera plus judicieux).
    Perso, quand j’ai une idée importante, je la note dans le carnet que l’on voit sur la photo de bannière. Jusqu’ici, j’avais un tout petit calepin que je gardais près de mon ordinateur, mais je l’ai vite rempli et j’ai préféré le remplacer par un plus grand carnet. Avant, je notais tout le temps mes idées sur des post-it mais au bout d’un moment, c’est vrai que ça devient vite le bordel. Le truc c’est que je n’ai pas besoin de noter grand chose quand des idées me viennent, donc un simple carnet me suffit. Le carnet, je l’utilise un peu avec l’organisation d’un bullet journal : il y a un sommaire au début et je rajoute des sections au fur et à mesure (par exemple, il y a des pages arbres généalogiques de personnages, pitch ou synopsis de futurs romans, citations, idées de dialogues, et les plus importantes, les idées et concepts à utiliser plus tard. Et justement, quand j’ai utilisé une idée, je la raye au surligneur (le surligneur, c’est la vie). Peut-être que faire un billet à propos de ce fameux carnet pourrait être une idée, tiens… Même si ça risque d’être difficile d’en montrer l’intérieur, à cause des risques de spoilers ! 😀

  7. Melindra

    27 septembre 2017

    Oh jolie l’idée du bullet journal pour l’écriture, je n’y aurai pas pensé et je plussoie pour l’article ! Je me disais que le bullet journal n’était pas pour moi, mais pour l’écriture ça vaudrait le coup.

  8. Rozenn

    27 septembre 2017

    Je ferai ça alors 🙂 Il y a un certain nombre d’auteurs (d’autrices surtout) qui utilisent le bullet journal pour l’écriture (je sais qu’il y a Lise Syven et Aude Reco, elles en ont parlé sur leurs blogs respectifs). L’avantage de cette technique, c’est qu’elle est modulable et on peut en faire ce qu’on veut 🙂

  9. C. Kean

    28 septembre 2017

    Je zieute ton blog et ton univers depuis quelques temps (depuis l’article de Fortune ~) et j’ai beaucoup aimé cet article très complet ! Du coup je ne résiste pas à la tentation d’en discuter ~
    J’ai l’impression que nous sommes de plus en plus nombreux à démystifier l’inspiration et son mythe, et je trouve ça vraiment salutaire. Chez moi il n’y a pas de question aussi consciente de « j’ai envie de raconter ça » ou « comment je traiterais tel sujet ». Sans doute parce que déformation professionnelle oblige, je suis assez à l’écoute de cette vilaine bête qu’on appelle l’inconscient et qui sait très bien ce qui l’intéresse et ce qui lui est nécessaire d’explorer et de mettre en question. Moi je suis dans l’après-coup, en quelque sorte, je découvre la vraie question du roman au fur et à mesure que l’écriture m’amène vers une ou plusieurs réponses. Du coup, je ne suis pas architecte, mais je ne suis pas jardinier non plus. Il me semble que Lionel Davoust employait le terme de randonneur. Et c’est plutôt ça, quoi que je dirais même voyageur. Les méthodes de planification ne fonctionnent donc pas pour moi en amont, parce que je n’ai pas encore fait le voyage, donc c’est impossible pour moi de savoir où je vais me retrouver, mais surtout comment je vais y arriver et après quelles épreuves. Mais par contre je crois que ça me sera très utile dans la phase de réécriture. Surtout la méthode post-it, où tu découpes tes scènes ! Je l’avais déjà vu utilisée, et ce qui me plait énormément c’est qu’elle est très visuelle et physique. Ça me sera sans aucun doute très important une fois que j’aurais un énorme premier jet chaotique sur les bras xD Mais je fais pas mal la différence, du coup, entre plan et structure : je structure énormément (peut-être parce que je ne suis pas une narration chronologique ?), mais je ne planifie pas.
    J’avais aussi une question ! Aeon Timeline est gratuit ? Parce que ma chronologie et mes frises sont manuscrites et dans un état de bordel monstrueux, et je me dis que ce logiciel est en quelque sorte le Saint Graal que j’attendais ~

  10. Rozenn

    28 septembre 2017

    Hey, bienvenue ici ! 🙂

    Je trouve ça bien aussi, cette démystification, ça donne des coups de pied au cliché de l’artiste/écrivain maudit et dépressif qui n’écrit que sous l’influence de l’inspiration divine (et peut-être de substances illicites, aussi). Si au moins cela pouvait faire comprendre que les artistes doivent être rémunérés à leur juste valeur… Mais c’est un autre souci !
    Chacun.e va avoir sa façon de fonctionner, et c’est ça que je trouve admirable. Quelquefois, j’aimerais bien pouvoir me laisser un peu plus aller, me laisser porter, mais c’est impossible, ça n’a jamais rien donné de bon ! Du coup, j’aime beaucoup voir comment les autres fonctionnent (cette façon de faire ‘après-coup’ est intéressante, d’ailleurs !). Il y a un auteur (je ne sais plus qui… Pratchett, je crois) qui disait que le premier jet d’une histoire permettait de se raconter son histoire à soi-même, et ça correspond assez 🙂
    Pour la méthode post-it, ça marche bien sur papier mais aussi sur écran : j’avais trouvé un site qui permettait d’épingler des post-it virtuels sur un tableau (http://linoit.com), ça m’avait bien servi sur un roman que je voulais raconter de façon déstructurée et pas chronologique (ce que je trouve très compliqué).

    En ce qui concerne Aeon Timeline, il est payant (il coûte 48 € mais je ne sais plus si c’est TTC ou HT). Personnellement, c’est le meilleur investissement que j’ai fait pour l’écriture (avec Antidote), je ne pourrais plus du tout m’en passer. Il m’a sauvée la mise sur des tas de textes et me permet de monter peu à peu ma base de données perso (avec plus d’une dizaine de romans à gérer, c’est difficile !). Il y a une période d’essai je crois, donc ça peut valoir le coup d’essayer 🙂

  11. C. Kean

    28 septembre 2017

    Oui, c’est fascinant de constater que chacun à ses propres modalités de fonctionnement, et surtout un rapport complètement singulier à l’écriture même qui alimente son fonctionnement. Et parfois ce qui vaut pour un roman ne vaudra pas pour un autre, en terme de méthodologie chez un même auteur, car l’enjeu ne sera pas le même. Il a des phénomènes d’émergence qui sont assez fou et qui font souvent tout à fait sens. Je suis bien d’accord avec Pratchett (?) du coup. Le premier jet c’est une façon d’ouvrir toutes les portes et voir ce qu’elles renferment pour prendre une image qui me conviens tout à fait.
    Ah oui, ça peut être une solution ce site de post-it virtuels quand on est absolument peu doué en tâche manuelle, mais j’ai le sentiment qu’avoir la tangibilité du papier m’aidera plus à me rendre compte de la présence du texte. Je trouve que c’est plus facile (pour moi) de penser à la main. Ouhh, et j’ai téléchargé la version d’essai de Aeon Timeline, je sens que je vais investir ~

  12. Rozenn

    28 septembre 2017

    C’est une façon de travailler que je trouve vraiment intéressante, le fait de voir le premier jet comme une première balade pour découvrir son histoire. Mais malheureusement, je n’ai jamais pu avoir de résultats corrects en procédant ainsi, alors je suis revenue à ma bonne vieille méthode du plan et du synopsis. En fait, c’est une leçon importante à apprendre : on ne peut pas faire toujours ce que l’on veut, il faut trouver sa méthode et faire avec (et ça se complique, en effet, quand il faut changer la méthode avec d’autres romans).
    Je comprends pour les post-it papier, il n’y a rien de mieux que toucher du papier, le découper, le coller… Et les garder ensuite, pour le souvenir ! 🙂
    Bon testage d’Aeon Timeline, c’est un bonheur quand on arrive à une première chronologie, les possibilités sont infinies !

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